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Le cycle de conférences « Archi Vives », conçu en partenariat avec l’Université de Paris, vise à mettre en scène la valorisation des archives, ses liens avec la création contemporaine et à performer la recherche pour en restituer la part vive et créative. 

Cinémathèque française, salle Epstein à partir de 17h30
51 rue de Bercy, 75012 Paris
Programme à télécharger

 

  • Jeudi 15 octobre

Sur les traces de Persepolis, le chemin des archives

Par Bérénice Bonhomme

Persepolis est d’abord une bande dessinée autobiographique écrite par la seule Marjane Satrapi, avant de devenir un film co-réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Bérénice Bonhomme propose de réfléchir au passage d’une création individuelle à un projet collectif regroupant plus d’une centaine de personnes et de montrer comment, au fil de la genèse, se transmettent la mémoire et l’émotion d’une écriture intime. Le travail sur les archives du film, associé à des entretiens avec les membres de l’équipe, permet ainsi d’approcher un trajet de création, de soi-même à l’autre.

Bérénice Bonhomme est maître de conférences en cinéma à l’université de Toulouse II Jean Jaurès (ENSAV) et fait partie du laboratoire de recherche LARA-SEPPIA. Elle est membre junior de l’Institut Universitaire de France. Elle coordonne avec Katalin Pór (Université de Lorraine) un projet de recherche sur l’équipe de film, intitulé : « Création Collective au Cinéma ». Elle a publié des livres sur les liens entre Claude Simon et le cinéma, sur la technique cinématographique, ainsi que plusieurs articles sur l’équipe de film.

A la suite de la conférence, à 19h30, projection du film choisi par le conférencier : Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, 2006

 

  • Jeudi 17 décembre

Regarder et filmer les œuvres, retrouver le regard et le corps de l’artiste

Par Mariana Otero

Grâce au cinéma, Mariana Otero, en convoquant et filmant les œuvres, redonne vie à l’artiste, à son geste créatif, à son regard et à son corps. Retrouver la trace de moments vécus par sa mère, artiste-peintre disparue brutalement, en convoquant sa peinture dans Histoire d’un secret (2003), redonner corps au photoreporter Gilles Caron, disparu au Cambodge en plein travail au sommet d’une carrière de photojournalisme fulgurante, par l’observation de son fonds de photographies et de planches contact dans Histoire d’un regard (2019), tels sont les éléments de réflexion que la réalisatrice propose de partager à travers ces deux films, fonctionnant pour elle comme un diptyque. 

Après des études de cinéma à l’Idhec, Mariana Otero réalise plusieurs films pour Arte dont Non Lieux (1991) et La loi du collège (1994) avant de partir au Portugal où elle réalise Cette télévision est la vôtre (1997). De retour en France, elle se tourne vers le cinéma avec Histoire d’un secret  (2003) qui, au terme d’une enquête sur un secret de famille, révèle un tabou politique et social et ressuscite l’œuvre de sa mère, artiste peintre décédée brutalement en 1968. Suivent Entre nos mains (2010), A ciel ouvert (2013), L’Assemblée (2017), puis Histoire d’un regard (2019) sur le photoreporter Gilles Caron. Membre de l’Acid, Mariana Otero enseigne aux Ateliers Varan dont elle est membre depuis 2000, à la Femis, à l’université de Jussieu, au Creadoc où elle a été responsable du Master 2 Documentaire de Création pendant six ans (2006-2012).

A la suite de la conférence, à 19h30, projection du film choisi par la conférencière : Histoire d’un regard de Mariana Otero, 2019 

 

  • Jeudi 4 février 2021

Unité et accidents dans l’inspiration classique : l’expérience ultime de Duel au soleil (1946)

Par Pierre Berthomieu

Exemple radical de la fabrication d’une œuvre monumentale dans le système classique hollywoodien, ce western-fresque fait éclater les limites de la production conventionnelle et interroge en profondeur les notions d’inspiration et de signature. Eclairée par une multitude d’archives écrites et visuelles très précises, la longue genèse du film écarte les nébuleuses légendes critiques, déstabilise la notion d’auteur et oblige à repenser l’analyse des styles singuliers. Tiré du roman d’un important écrivain-scénariste, dirigé par King Vidor et co-réalisé par d’autres cinéastes majeurs (dont William Dieterle et Josef Von Sternberg), Duel au soleil obéit in fine à la vision du producteur David O. Selznick et oblige à méditer le geste de « l’écriture filmique ».

Pierre Berthomieu est historien du cinéma américain, enseignant à l’Université de Paris et critique à Positif. Il est l’auteur d’une histoire des formes du cinéma américain aux éditions Rouge profond : Hollywood classique. Le temps des géants (2009), Hollywood moderne. Le temps des voyants (2011) et Hollywood. Le temps des mutants (2013). Il a récemment publié Le temps des folies. La fabrique de « Duel au soleil » (Carlotta, 2018).

A la suite de la conférence, à 19h30, projection du film choisi par le conférencier : Duel au soleil de King Vidor, 1946

 

  • Jeudi 18 mars 2021

La Danse des valeurs. Sergueï Eisenstein et le Capital de Marx

Par Elena Vogman

Le Capital de Sergueï Eisenstein (1927-1928) est un fantôme à plus d’un titre: bien que le film n’ait jamais été réalisé, il a néanmoins hanté l’imagination de nombreux cinéastes, historiens et écrivains jusqu’à aujourd’hui. Sa première matérialisation publique – un fragment d’une dizaine de pages issu des carnets du réalisateur – était marquée par ce qui demeurait absent : les images et le matériau de travail d’Eisenstein.

La Danse des valeurs ambitionne d’invoquer à nouveaux frais le fantôme du Capital mais en se fondant cette fois-ci sur l’ensemble de son corps d’archives. Cette « instruction visuelle à la méthode dialectique », selon les mots-mêmes d’Eisenstein, comprend plus de 500 pages de notes, de dessins, de coupures de presse, de diagrammes d’expression, de plans d’articles, de négatifs d’Octobre, de réflexions théoriques et de longues citations.

Elena Vogman est maître de conférences à l’Académie d’art Berlin Weißensee. Spécialiste de Sergueï Eisenstein, elle est l’auteur de Dance of Values. Sergei Eisenstein’s Capital Project (Diaphanes 2019). Avec Marie Rebecchi et Till Gathmann, elle a assuré le commissariat de l’exposition Sergei Eisenstein: The Anthropology of Rhythm à la Nomas Fondation à Rome (2017-2018), et Eccentric Values after Eisenstein à l’Espace Diaphanes à Berlin (2018).

A la suite de la conférence, à 19h30, projection du film choisi par la conférencière : Octobre de Sergueï Eisenstein, 1927

 

  • Jeudi 6 mai

Archives du vivant. Muséographie des sciences naturelles et cinéma

Par Viva Paci

Des animaux empaillés derrière une vitrine, mais mis en scène en pleine action. Tableaux (morts) vivants qui archivent une expérience d’exploration à la manière composite d’un carnet de voyage, dans les habitats dioramas. Une caméra (35mm, Akeley Motion Picture Camera) nouvellement brevetée (1915), afin de pouvoir garder des images fidèles de ces animaux dans leur habitat. Carl Ethan Akeley (1864-1926), figure romanesque et contradictoire, dont le parcours est rattaché à la fois à la muséographie de la nature (dans les institutions comme l’American Museum of Natural History de NYC) et à la prise de vue d’images en mouvement (cinéma utilitaire, acte de documentation), sera notre point de départ pour explorer quelques croisements entre l’exhibition des sciences naturelles et le cinéma.

Viva Paci est professeure de Théories du cinéma à l’Université du Québec à Montréal, où elle dirige le labdoc (Le laboratoire de recherche sur les pratiques documentaires audiovisuelles). C’est d’un point de vue intermédial qu’elle travaille sur les relations entre cinéma et musée, cinéma et télévision et sur les premiers temps de l’imagerie numérique. Ses réflexions actuelles portent sur cinéma et taxidermie.

A la suite de la conférence, à 19h30, projection du film choisi par le conférencier : Gorillas in the Mist de Michael Apted, 1988

 

Un cycle conçu par Joël Daire et Véronique Rossignol (Cinémathèque française), Emmanuelle André et Frédérique Berthet (Université de Paris).

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