Qu’est-ce qu’une société qui s’est construite sur l’esclavage colonial et se définit par son abolition ? En France, cette question est souvent adressée en regardant vers les États-Unis et sa société raciale. Pourtant, l’histoire du Brésil offre un éclairage puissant et peut-être plus proche de ce qu’est devenu l’empire français.

Harlem au Brésil – Vivre après l’esclavage dans les faubourgs de Rio de Janeiro et São Paulo d’Aurélia Michel, en accès ouvert sur OPUS

Marie Ducom, CC BY-NC-ND

Ce livre interroge la transition post-esclavagiste (pós-abolição) au Brésil. Il fait l’hypothèse d’une « seconde abolition » qui se serait jouée dans l’entre-deux-guerres, deux ou trois générations après la loi d’émancipation de 1888. L’enquête repose sur un travail de terrain mené dans deux faubourgs réputés « noirs », formés entre 1920 et 1940 par des migrants brésiliens et étrangers venus des régions de plantation : Madureira, dans la zone Nord de Rio, et Casa Verde, au Nord de São Paulo. Plutôt que de mobiliser les catégories raciales du recensement ou des enquêtes sociologiques de l’époque qui semblent inefficaces, l’enquête reconstitue des groupes sociaux selon leur condition migratoire, leur rapport à l’esclavage et leur position dans l’espace métropolitain, en croisant presse quotidienne, archives municipales et paroissiales, plans, archives des écoles de samba et entretiens.

En référence avec le foisonnement culturel de Harlem à la même période, elle montre que la décennie 1930 ouvre une « fenêtre » démographique, médiatique et politique, où les classes subalternes accèdent à des formes d’autonomie et de participation : écoles de samba, religions afro-brésiliennes, mobilisations syndicales, partis politiques. De même que pour Harlem ou d’autres foyers de la révolution culturelle de l’Atlantique noir, cette démocratisation accélérée reste inachevée et s’accompagne des processus de racialisation qui caractérisent les sociétés post-esclavagistes.

Aurélia Michel est maîtresse de conférences en histoire des Amériques noires à l’Université Paris Cité et chercheuse au Centre d’Études en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques. Cet ouvrage est issu de son travail d’HDR, soutenu en décembre 2023.

Le livre Harlem au Brésil – Vivre après l’esclavage dans les faubourgs de Rio de Janeiro et São Paulo, par Aurélia Michel, sera bientôt disponible en accès ouvert sur OPUS.

La plateforme OPUS propose à la communauté scientifique de l’université un ensemble de services pour la réalisation d’ouvrages scientifiques – livres et revues, en sciences, santé, sociétés et humanités. Son objectif est de produire des contenus scientifiques évalués par les pairs, et de diffuser ces savoirs en accès ouvert.

Dernière mise à jour : 
02/07/2026

À lire aussi

Les rencontres FAIRDATACité

Les rencontres FAIRDATACité

Dans le cadre du Printemps de la Donnée, l’Université Paris Cité et l’Institut Pasteur organisent les premières rencontres FAIRDATACité pour mettre en synergie les compétences en lien avec la gestion des données de recherche. CC0 1.0 Domaine public   FAIRDATACité est...

Retour sur l’Open Access Week 2025

Retour sur l’Open Access Week 2025

À l’occasion de la Semaine internationale du libre accès (International Open Access Week) 2025, le pôle Science ouverte et Données de Recherche est allé à la rencontre des chercheuses et chercheurs de l'université pour promouvoir l'accès ouvert aux...

Open Access Week 2025

Open Access Week 2025

L’Université Paris Cité organise sa première édition de l’Open Access Week du 20 au 24 octobre 2025, pour promouvoir l’accès ouvert aux résultats de la recherche. Open Access Week20 au 24 octobre 2025 Au programme L’Open Access...