Baptiste Rouchié, doctorant en thèse CIFRE associant Air Liquide HealthCare, ITODYS et IMRB, a accepté de réaliser cette interview à l’issu d’un projet de plusieurs mois avec un groupe d’étudiants de l’EIDD, comprenant Louka Yilmaz, sur la recherche de voies de synthèse de peau artificielle pour l’accompagner dans son travail de thèse.

Baptiste Rouchié et Louka Yilmaz

dans les locaux de notre laboratoire partenaire ITODYS.

© Paris MRS/E-MRS Chapter

Où en es-tu professionnellement actuellement ?

Je suis actuellement en thèse CIFRE, projet financé par une entreprise. Je travaille sur une collaboration entre 3 laboratoires : le Centre Explore de Air liquide HealthCare, le laboratoire de l’hôpital Mondor de Créteil IMRB (Institut Mondor de Recherche Biomedical) et le laboratoire de l’Université Paris Cité ITODYS (Interfaces Traitements Organisation et Dynamique des Systèmes). L’objectif de ce projet et de se servir des méthodes de fabrication additives (impression 3D, impression jet d’encre, sérigraphie) pour concevoir un banc de test pour les dispositifs médicaux.

 

En quoi ton sujet de recherche repose sur les matériaux ?

Ce que je fais c’est complètement lié aux matériaux. Les méthodes utilisées reposent sur la recherche dans les matériaux. Les applications quant à elles, apporteraient des connaissances dans le domaine biomédical.

 

En quoi ça consiste d’être en thèse ?

Tout d’abord, il n’y a pas de journée de type. C’est ce qui me plait aussi. Chaque semaine j’avance sur mon projet. En fonction des tâches je vais dans les labos concernés. Que ce soit pour acquérir des connaissances, construire et développer des dispositifs ou les tester.

 

Quelles sont les spécificités du partenariat privé/public de la thèse CIFRE ?

Le plus gros avantage c’est d’avoir un lien entre la recherche académique et la recherche pour une application liée au business, qui permet dans ce cas d’améliorer la vie des patients. Par ailleurs, le projet étant innovant, il y a un apport de connaissance qui restera dans l’équipe et s’il y a dépôt de brevet, un partage sera fait entre les différentes composantes. Finalement, la collaboration apporte à chacun de la visibilité et permet d’élargir les domaines d’activités grâce aux connaissances et spécialités développées.

 

Dans le cas de la thèse CIFRE, faut-il obligatoirement rendre à la fin un produit commercialisable ?

L’objectif est d’avoir un projet fini. Commercialisable ce n’est pas sûr, mais qui en tout cas permettra de réaliser les bancs de tests.

 

Quel est ton parcours scolaire ?

Avant de rentrer à l’EIDD (Ecole d’Ingénieur Denis Diderot), j’ai effectué le cycle préparatoire CUPGE (Cycle Universitaire Préparatoire aux Grandes Ecoles) de l’université Paris Cité Diderot (actuelle Université Paris Cité). Ce cycle, par rapport aux CPGE classiques, m’a permis dans mon cas de développer mon autonomie et ma rigueur de travail car nous étions d’avantage livrés à nous-même.

 

Pourquoi avoir choisi une thèse pour la suite de tes études ?

Je voulais sur trois ans pouvoir voir tous les tenants et les aboutissants de mon projet tout en emmagasinant des compétences dans les différents domaines qui gravitent autour de mon projet. Je connaissais alors le domaine qui me plaisait mais c’est avant tout la réalisation d’un projet de A à Z et le challenge de la thèse qui m’a fait opter pour ce projet.

 

Qu’est-ce que ton parcours t’apporte dans la réalisation de ta thèse ?

Au-delà des connaissances scientifiques, étant le seul responsable de mon travail et gravitant entre 3 instances dont je fais le lien, il est nécessaire d’être autonome.

 

Venant d’une école d’ingénieur, est-ce que ça a été difficile de t’orienter vers une thèse ?

Non, ça s’est fait très naturellement. La formation d’ingénieur ne m’a pas enfermée dans une voie professionnelle toute tracée. J’avais fait un stage en fin de deuxième année en laboratoire académique et mon stage de fin d’étude en unité mixte : à moitié en centre R&D et à moitié au CNRS. Ce dernier stage m’a introduit au monde de la thèse CIFRE et des docteurs-ingénieurs. Ces expériences m’ont confortées dans mon souhait de la réalisation d’une thèse.

 

Pour trouver ta thèse, être ingénieur a été un point plutôt positif ou négatif ?

Je ne pense pas qu’il y a de voie rédhibitoire entre école d’ingénieur et master. Ce sont des profils différents qui présente des avantages et des inconvénients tous deux. C’est plutôt la vision que tu as du projet et comment tu vas appliquer tes connaissances qui est important. Dans mon cas, ce sont mes expériences qui m’ont permis de trouver ma thèse.

 

Pour arriver où tu en es à présent est-ce que tu penses qu’un parcours licence-master t’aurais été plus bénéfique ?

Non, tout d’abord parce que ma formation ne m’a pas poussée à être ingénieur de profession mais aussi parce qu’elle m’a apporté des connaissances et des méthodes de travail que j’utilise aujourd’hui pour mon projet. Un parcours académique m’aurait surement apporté des choses différentes, mais je ne regrette pas du tout mon cursus.

 

À l’issu de ta thèse est-il possible de poursuivre ton projet avec l’entreprise et est-ce que cela te plairait ?

C’est possible, mais à voir sous quelle formule, s’il y a toujours une collaboration avec l’université ce sera plus compliqué. À l’issu des trois ans je souhaiterai peut-être changer de projet ou varier les domaines mais pour le moment je reste plutôt concentré sur le moment présent et cherche à finir dans les temps. Malgré tout, un des avantages aussi de la thèse CIFRE, c’est qu’elle peut permettre de rencontrer des personnes dans les entreprises pour avoir des contacts et continuer si cela nous intéresse.

 

À l’issu de la thèse tu comptes donc plutôt t’orienter vers une entreprise ?

Oui effectivement, c’est plutôt ce qui se fait à l’issu d’une thèse CIFRE. Je ne connais pas de doctorant CIFRE qui se sont dirigés à l’issu de leur thèse vers un poste à l’université donc je ne sais pas si cela se fait.

 

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à se lancer dans un parcours dans la recherche sur les matériaux ?

Moi ce qui me plait dans les matériaux c’est la pluridisciplinarité et les nombreux domaines d’applications larges et variés. Et c’est aussi des enjeux pour le monde de demain avec les matériaux innovants qui permettront de résoudre des problématiques économiques, environnementales, etc… Je ne vois pas de point négatif à ce domaine sauf si bien sûr la personne n’ai pas intéressé par faire de la recherche. C’est un domaine très intéressant, parmi plein d’autres.

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