Geneviève OUMBOUKE, étudiante du Master Espaces et Milieux, Territoires Écologiques (EMTE) à l’UFR Géographie, Histoire, Économie et Sociétés (GHES) de l’Université Paris Cité, est en contrat d’apprentissage au sein des Services du Premier ministre.
UFR GHES : Quels ont été votre parcours et vos expériences environnementales avant le Master ?
Geneviève OUMBOUKE : J’ai une Licence en Géographie et Aménagement du Territoire à l’Université de Parakou au Bénin. Outre cela, j’ai participé à des actions directes dans plusieurs organisations et mouvements de jeunes actifs dans le domaine du climat et de l’environnement : Climate Clock, GLF, Naben ONG, Ecolotrip, Pauly Afrique Bio.
À titre d’exemple, au sein de Naben ONG au Nord-Ouest du Bénin, j’ai occupé le poste de responsable Climat-Environnement à travers lequel j’ai travaillé avec les communautés locales sur la gestion durable des sols et la transition agroécologique face aux effets des changements climatiques. En parallèle, j’ai collaboré avec d’autres jeunes pour l’organisation de forums à l’échelle internationale (Bonn Climate Camp, Week-Eco).
UFR GHES : Comment avez-vous été admise à l’Université Paris Cité ?
G.O. : J’ai été admise à l’Université Paris Cité grâce à la bourse Smarts-Up pour laquelle j’ai rempli un dossier sur mon expérience dans la vie associative et ma Licence (mémoire sur la variabilité climatique et l’agriculture), obtenue avec la mention Très Bien et la distinction de Major de la promotion 2021-2022.
UFR GHES : Comment votre vocation pour la biodiversité et votre choix pour le Master EMTE sont-ils nés ?
G.O : Passionnée par les approches d’adaptation climatique en Afrique de l’Ouest, je me suis engagée dans le développement de solutions innovantes qui visent l’amélioration des conditions de vie des communautés. Je nourris un intérêt particulier pour la biodiversité parce qu’elle est au cœur des différents écosystèmes que nous avons sur la planète Terre. C’est ce qui a justifié mon choix pour le Master EMTE. Pour moi, faire ce Master, c’est consolider mes connaissances sur les impacts des activités humaines sur l’environnement.
UFR GHES : Comment le Master EMTE vous a-t-il formée aux enjeux de la biodiversité et de l’environnement ?
G.O. : Ce Master m’a permis de développer les compétences cartographiques et écologiques par des approches par projets concrets de différents commanditaires. À travers lui, j’ai réalisé un diagnostic socio-environnemental en associant géographie et écologie. Outre cela, les séances de travail sur la conservation de la biodiversité en milieu urbain et rural et le « serious game » ont été bénéfiques pour renforcer mes connaissances sur les thématiques en lien avec les espaces verts, notamment les jardins.
UFR GHES : Pourquoi avoir choisi l’apprentissage et comment s’est passée votre recherche de contrat ?
G.O. : J’ai choisi l’apprentissage dans le but d’avoir une expérience professionnelle qui permet de concilier théorie et pratique. Mon contrat d’apprentissage est une opportunité de me confronter aux réalités du terrain tout en construisant un projet professionnel cohérent et opérationnel. L’apprentissage représente pour moi un véritable levier d’insertion professionnelle tout en me donnant une meilleure compréhension du monde du travail. La recherche a duré plusieurs mois à travers des candidatures, des entretiens, la participation au jobdating après les ateliers de préparation à la recherche d’apprentissage organisés par le service de la Formation Professionnelle.
UFR GHES : Vous avez été recrutée par la direction des services administratifs et financiers des Services du Premier ministre, pour la section Jardins et Développement durable à Matignon. Quels ont été vos atouts pour être sélectionnée ?
G.O. : Mon principal atout est mon expérience dans le domaine de la transition écologique, y compris sur les jardins. L’an dernier, mes recherches de Master 1 ont porté sur les usages et représentations des espaces verts dans le contexte des vagues de chaleur à Paris. A travers cet exercice académique, j’ai ciblé le jardin du campus des Grands Moulins, le square des Batignolles et le parc de Bercy. Cela a amplifié ma volonté manifeste d’étudier à l’échelle « micro » chaque espace vert. La pluridisciplinarité de mes études, avec la connaissance des outils de cartographie est aussi très utile. Au-delà de tout cela, j’ai une grande motivation pour acquérir les différentes notions en lien avec les jardins historiques.
UFR GHES : Quelles sont vos activités pour les jardins du Premier ministre ?
G.O. : En tant que chargée de transition écologique, j’appuie la section des Jardins et Développement durable dans ses différentes missions. À cet effet, je travaille sur l’amélioration du plan de gestion, l’évolution des pratiques de jardinage et plus largement sur l’entretien des jardins. Je mets en place des indicateurs pour le suivi des actions et projets écologiques. Parallèlement, je cherche à obtenir des retours d’expérience sur des méthodes, des outils de terrain ainsi que sur les pratiques les plus innovantes et les plus adaptées aux contraintes et caractéristiques des jardins historiques. J’ai également pour mission de concevoir, réaliser des visuels et suivre l’avancée des dossiers des travaux en cours. Enfin, je participe activement à la réalisation des documents préparatifs et de chantiers sur le terrain.
UFR GHES : Quelles sont vos satisfactions concernant votre mission et son environnement ?
G.O. : Je suis particulièrement satisfaite des tâches variées qui me sont confiées ainsi que de l’opportunité de développer des compétences opérationnelles. L’environnement est à la fois dynamique et bienveillant, tout en favorisant l’échange et l’apprentissage.
Propos recueillis par Nathalia Kapferer, responsable du Service Formation Professionnelle de l’UFR GHES – mai 2026
Photographie : Yves Malenfer / Matignon