A l’occasion des Journées des Sages-Femmes organisées par le Collège National des Sages-Femmes, le 22 et 23 mars dernier, l’École de Maïeutique de Baudelocque, rattachée à Université de Paris, s’est distinguée par l’obtention de 4 prix.

1 Anne Chantry, maître de conférences en Maïeutique, Université de Paris
2 Charlotte Boisson Panthier, étudiante en Master 2 de Maïeutique, Université de Paris 
3 Eugénie Blanchet, diplômée sage-femme d’Université de Paris

 

 

Ces journées sont l’occasion pour l’ensemble des sages-femmes de l’hexagone de se rencontrer, partager les bonnes pratiques et les avancées autour de conférences thématiques, d’ateliers et d’une remise de prix récompensant des professionnels de santé qui ont brillé durant l’année par des projets de recherche.

Sur les 5 prix proposés, 4 ont été remportés par l’École Baudelocque :

Anne Chantry, maître de conférences en Maïeutique à Université de Paris a gagné le prix de la meilleure communication orale pour son travail sur «La prévalence et le profil des femmes exprimant des demandes particulières pour leur accouchement : une analyse en population nationale ».

Pour Anne Chantry, ce projet de recherche humaniste est indispensable dans la relation patient- soignant qu’on appelle le Share making decision process, c’est-à-dire, ici, permettre aux femmes enceintes d’être au cœur des  décisions de soins qui les concerne. « C’est un sujet central dans ma conception de la maïeutique. Nous avons voulu étudier à partir d’une étude en population nationale française, la fréquence des souhaits ou demandes et le profil des femmes les exprimant pour identifier des leviers d’amélioration. »

Pour la lauréate, ce prix est « un merveilleux signal qu’envoie la société savante de maïeutique (CNSF) sur un sujet hautement sensible et fortement médiatisé ces dernières années. Par ce prix, elle atteste d’une vision partagée de toute une communauté médicale et scientifique de l’importance de la parole des femmes, de leur place dans le soin, de leur empouvoirement dans ce moment si particulier de la vie qu’est la mise au monde de leur enfant dans un environnement très technicisé. »

Charlotte Boisson Panthier, étudiante en Master 2 de Maïeutique a gagné le prix du jury de la recherche la plus originale pour son travail sur « Ravensbrück : donner la vie dans un camp de la mort, de 1939 à 1945 »ainsi que le 2ème prix mémoire pour le même sujet.

Charlotte Boisson Panthier a choisi ce sujet suite à une conférence suivie il y a quelques années au mémorial de la Shoah, animée par le Docteur Bruno Halioua, sur les expérimentations pseudo-médicales des médecins nazis, dans le cadre d’un master en éthique de la santé. « Je me suis intéressée à cette période de l’Histoire, puis différentes lectures ont alimenté mes questionnements sur la condition des femmes enceintes déportées et de leurs enfants. Si dans les ouvrages historiques nous pouvons relever quelques paragraphes ou chapitres consacrés aux femmes enceintes, peu d’études s’y consacrent exclusivement. »

Charlotte Boisson Panthier témoigne de son émotion à la réception de ces deux prix : « C’est une reconnaissance du travail fourni et je suis heureuse de l’accueil reçu par ce sujet de recherche peu conventionnel pour l’obtention d’un diplôme médical. J’espère ainsi que ce travail sera lu par le plus grand nombre car il met en lumière des témoignages de femmes déportées qui doivent être entendus. La bienveillance obstétricale est une ligne de conduite à suivre chaque jour et l’histoire nous aide à bâtir une éthique du soin qui se doit d’être irréprochable.»

Eugénie Blanchet, tout juste diplômée sage-femme d’Université de Paris, lauréate du Prix Mémoire CNSF 2021 pour un travail de recherche portant sur « L’attitude médicale face à l’annonce d’une suspicion d’anomalie fœtale ».

 « L’annonce prénatale, au cœur de la relation médecin-patient, est un exercice compliqué ayant un impact sur le vécu du patient et du soignant. Lors d’une annonce difficile, le soignant doit mettre en exergue ses qualités humaines, morales mais aussi scientifiques et éthiques  », nous explique Eugénie Blanchet. Pour ce travail de recherche, elle a souhaité, à travers des entretiens et des observations de consultations prénatales, mettre en évidence plusieurs conseils et ressources pour améliorer la qualité de l’annonce, et favoriser les relations à long terme. « Travailler sur l’annonce anténatale, c’est aussi savoir s’exprimer sur la perception du handicap dans notre société, sur sa valeur et son degré d’acceptation ».

 Ce prix a été une belle surprise pour la lauréate et lui a donné envie de continuer ses recherches : « C’est gratifiant de voir son travail récompensé. Je pense poursuivre mes efforts et pourquoi pas écrire sur d’autres sujets passionnants de bioéthique. »

 Après 5 années d’étude, et la validation du mémoire de fin de parcours universitaire, Charlotte Boisson Panthier et Eugénie Blanchet sont devenues sages-femmes et tiennent à donner une place à la recherche dans leur exercice de la maïeutique. Pour Charlotte Panthier, cela est nécessaire, « Certaines sages-femmes se sont battues pour donner une voix à la recherche en maïeutique. Jeunes diplômés, nous devons continuer dans ce sens. » Eugénie Blanchet, quant à elle, souhaite « contribuer à des études en obstétrique ou en gynécologie qui permettraient de faire évoluer nos pratiques, et d’aboutir à de nouvelles recommandations dans le domaine de la périnatalité. » 

Pour Anne Chantry,  maître de conférences, la recherche occupe déjà une place centrale dans ses activités quotidiennes, qu’il s’agisse de ses propres travaux de recherche ou ceux de l’équipe Epopé (CRESS/ Inserm U1153) dans laquelle elle est affiliée ou ceux des nombreux étudiant.e.s qu’elle forme et accompagne.

Félicitations aux trois lauréates !

 

Retrouvez leurs travaux de recherche sur :

 

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