Colloque international organisé les 29 et 30 avril 2027 à l’Université Paris Cité par Patricia Luce Limido (Université Paris Cité, CERILAC), Mohammed Ajbilou (Université Paris Cité, CERILAC) et Quentin Gailhac (Université Paris Cité, CERILAC) 

Paul Signac, Au temps d’harmonie (L’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir), 1893-1895, huile sur toile, 300 × 401 cm, Hôtel de ville de Montreuil.

Faire couple en littérature, de 1880 à nos jours. Sociohistoire, pratiques et représentations d’une institution littéraire

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●     Argumentaire

Ce colloque a pour ambition d’interroger les liens historiques, philosophiques et conceptuels qui se tissent, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, entre l’esthétique philosophique et l’idée de « révolution », à l’intérieur de ce cadre de réflexion que nous avons pris l’habitude, durant les dernières décennies, de désigner par l’expression : « esthétique et politique ». Sont d’emblée exclus de ce champ de réflexion tout le secteur de recherche pluridisciplinaire portant sur les imaginaires et les représentations artistiques et littéraires de la Révolution française, ainsi que tout le champ d’étude ayant pour objet les révolutions artistiques, à l’exception des cas où celles-ci sont repensées dans une démarche de redéfinition de l’idée de révolution dans toute sa charge politique et sociale, comme cela a pu être le cas avec le surréalisme ou le situationnisme, par exemple.

L’objectif est bien plutôt de questionner la manière dont l’esthétique, comme champ de réflexion philosophique sur une sphère particulière de l’expérience, structurée autour des notions d’art, de « sensible » et d’expérience esthétique, non seulement croise des enjeux politiques, mais a contribué et continue de contribuer sur plusieurs plans à réexaminer l’idée de révolution comme concept social et politique. Ce questionnement est rendu aujourd’hui légitime par un champ philosophique à part entière structuré autour d’une constellation de concepts, d’expressions, de syntagmes et de néologismes, tels que « révolution esthétique », « révolution(s) sensible(s) », « révolutionner les sensibilités », « esthétisation de la politique », « politique(s) de l’esthétique », etc.

Historiquement, les deux champs conceptuels d’esthétique et de révolution connaissent un développement important à peu près à la même époque, bénéficiant de l’effervescence intellectuelle, sociale et politique qui culmine dans et avec les Lumières. C’est en effet dans la seconde moitié du XVIIIe siècle que l’on assiste au baptême de l’Esthétique, comme discipline philosophique autonome avec notamment la publication, en Allemagne, des traités de Baumgarten (Aesthetica, 1750) et de Kant (Critique de la faculté de juger, 1790). C’est à peu près à la même époque que s’accomplissent les deux grandes révolutions politiques fondatrices de nos institutions et de nos sociétés occidentales modernes, à savoir la révolution américaine (1765-1783) et la Révolution française (1789).

L’observation particulière de cette dernière a marqué durablement l’esthétique, en lui insufflant, dès sa naissance outre-Rhin, une orientation politique, grâce notamment à un texte fondateur que Schiller publie en 1795, en réaction à la désillusion provoquée, dans les milieux intellectuels allemands en particulier, par l’évolution de la situation révolutionnaire en France. Les Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme sont le résultat de cette confrontation qu’opère le poète allemand entre la lecture du traité esthétique de Kant et l’observation des événements révolutionnaires en France. Schiller y tente de refonder sur les plans ontologique et anthropologique l’idéal révolutionnaire et d’imaginer un modèle de communauté qui prend appui sur les enseignements de l’esthétique, plutôt que sur la tyrannie de la loi, portée dans une certaine mesure par le modèle révolutionnaire français (Rancière).

Cette réflexion trouve à la même époque un prolongement dans le Plus ancien programme systématique de l’idéalisme allemand attribué aux jeunes Hegel, Schelling et Hölderlin, puis connaît son déploiement au XIXe, principalement à travers la modernité esthétique dans ses différentes manifestations, avant de regagner philosophiquement en intérêt aux XXe et XXIe siècles. La discussion est véritablement relancée avec la parution en 1936 de l’essai de Walter Benjamin: L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, dans lequel le philosophe allemand voit se dessiner avec les nouveaux arts mécaniques, le cinéma et la photographie, la possibilité d’une politisation de l’art, capable de favoriser l’entrée des masses sur la scène politique et de lutter contre le fascisme naissant. Cette discussion prend de l’ampleur dans le débat avec Adorno, qui voit, quant à lui, dans l’autonomie de l’œuvre d’art un rempart à la marchandisation de l’art et à son aliénation dans l’industrie culturelle de masse étouffant toute velléité de résistance ou de révolution.

Cette question connaît par la suite de nouveaux développements avec plusieurs penseurs comme Marcuse, Dufrenne, Lyotard ou plus récemment Jacques Rancière, qui s’emparent, chacun à sa manière, de cet héritage pour réexaminer à nouveaux frais l’idée de révolution, en réaction à la déchéance de l’espoir révolutionnaire à l’époque de l’URSS, aux dévoiements totalitaires de la pensée marxiste et à la contre-révolution culturelle du capitalisme, etc. L’esthétique intervient ici comme un paradigme alternatif pour repenser l’idéal révolutionnaire, la question des fins et des moyens, la formation du sujet révolutionnaire, mais aussi pour réfléchir à de nouveaux modèles – subversifs – de subjectivation, de lutte, de résistance, de libération et d’émancipation, ou bien, en allant plus loin, pour esquisser les traits d’une nouvelle utopie sociale, d’autres façons de vivre et de faire communauté, d’autres modèles de « partage du sensible », égalitaires, émancipateurs et démocratiques.

La question est aujourd’hui plus actuelle que jamais, alors que le monde traverse une crise profonde, tant matérielle que symbolique. Le changement climatique en appelle à la bifurcation écologique dans l’ensemble des secteurs de la production matérielle. L’écologie politique, la nouvelle anthropologie, l’écoféminisme et bien d’autres courants de pensée n’ont cessé, durant les dernières décennies, de souligner que ce changement de trajectoire n’est pas une simple affaire de management politico-économique, mais exige avant tout une transformation qualitative des sensibilités (Marcuse), l’émergence d’un nouveau sensorium(Rancière) capable de créer les conditions aprioriques et transcendantales d’un rapport moins destructeur à la nature et de relations sociales moins répressives. C’est précisément cette exigence que l’esthétique, comme vision du monde fondée sur le mode spécifique d’être des choses de l’art et de la nature, a pris en charge, et ce dès sa naissance à l’époque de Kant.

●     Questionnements

À partir de ce cadre précis, il sera intéressant d’élargir l’horizon et d’explorer ce terrain en s’emparant, entre autres, des questions suivantes :

  • Quelle réception la philosophie esthétique réserve-t-elle à l’idée de révolution dans toute sa charge historique, socio-politique et philosophique ? Quel regard porte-elle sur les grandes révolutions politiques et sociales des temps modernes et contemporains ? Quels croisements/décroisements entre esthétique et Révolution française ?
  • Quelle place pour l’esthétique dans la théorie marxiste et les pratiques révolutionnaires traditionnelles ? Quel procès instruit la philosophie esthétique à l’idée traditionnelle de la révolution et à son modèle historique marxiste-léniniste ? Quels ajustements conceptuels et stratégiques résultent de cette confrontation ?
  • Comment l’esthétique, comme champ spécifique d’expérience, inspire-t-elle de nouveaux paradigmes révolutionnaires ? De quels concepts nouveaux nourrit-elle la réflexion sur l’idée de révolution ? Quelles catégories esthétiques mobilise-t-elle pour fabriquer et déployer cette idée ? Quel rôle pour la modernité esthétique dans ce processus de refondation d’une autre idée de la révolution ?
  • Comment les auteurs qui s’emparent de ce questionnement glissent-ils de l’esthétique à une réflexion sur l’idée de révolution, et vice-versa ? Comment s’opère chez chacun la translation des notions esthétiques en concepts politiques et en pratiques révolutionnaires ? Quels héritages philosophiques mobilisent-ils, quelles notions esthétiques mettent-ils en jeu, et quelles nouvelles constellations conceptuelles naissent de cette réflexion ? Enfin, à quels écueils, limites et impasses se heurtent leurs projets philosophiques ?
  • Comment la philosophie esthétique intègre-t-elle les acquis de la pensée féministe, postcolonialiste, écologique, anthropologique, ou de critique sociale, etc. dans cette refondation de l’idée de révolution ? Quel diagnostic fait-elle de l’évolution des forces de domination et quelles conclusions en tire-t-elle ? Quelle nouvelle utopie sociale et communautaire permet-elle de dessiner pour l’avenir de l’humanité ? Quelle actualité pour l’idée esthétique de la révolution à l’ère des crises écologiques et démocratiques de notre monde ?

●     Propositions de pistes (liste non exhaustive)

Afin d’examiner ces questions, les contributions pourront s’organiser autour des axes suivants :

  1. L’esthétique comme critique conceptuelle du concept politique de « révolution »;
  2. Esthétique, philosophie allemande et Révolution française;
  3. Le statut de l’esthétique dans le discours théorique et la pratique révolutionnaire marxistes;
  4. Révolution esthétique ou révolution des sensibilités comme condition, complément ou alternative à l’ancien paradigme révolutionnaire;
  5. L’esthétique comme métapolitique, comme ferment de nouvelles pratiques subversives, utopiques ou alternatives;
  6. L’esthétique comme champ de réflexion critique sur les fonctions politiques de l’art, du champ du sensible et de la nature;
  7. L’esthétique comme champ d’élaboration de nouvelles utopies sociales et de nouvelles façons de faire communauté, en particulier au regard des nouveaux enjeux écologiques et de la réévaluation de la notion de nature;
  8. Esthétique, esthétique environnementale et démocratie.

●     Modalités de soumission

Les propositions de communication d’une longueur maximale de 2 500 signes, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer au plus tard le 31 décembre 2026 aux adresses électroniques suivantes: patricia-luce.limido@u-pariscite.fr  mohammed.ajbilou@u-pariscite.fr et quentin.gailhac@u-pariscite.fr. Une réponse du comité scientifique vous sera apportée fin janvier.

Le colloque se tiendra les jeudi 29 et vendredi 30 avril 2027 à l’Université Paris Cité.

  • Comité organisateur

Mohammed Ajbilou (Université Paris Cité)

Quentin Gailhac (Université Paris Cité)

Patricia Luce Limido (Université Paris Cité)

  • Bibliographie indicative
  • Sources primaires

Adorno, Theodor W. & Horkheimer, Max, La Dialectique de la raison [1947], trad. fr. E. Kaufholz, Paris, Gallimard, « Tel », 1983.

Adorno, Theodor W., Théorie esthétique [1970], trad. fr. M. Jimenez, Paris, Klincksieck, 2011.

Benjamin, Walter, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique [Première version, 1935], dans Œuvres III, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2000, p. 67-113 ; L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique [Version de 1939], dans Œuvres III, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2000, p. 269-316.

Camus, Albert, L’homme révolté [1951], Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1985.

Dufrenne, Mikel, Art et politique, Paris, Union générale d’éditions, série « Esthétique », 1974.

Dufrenne, Mikel, Subversion, perversion, Paris, PUF, coll. « La politique éclatée », 1977.

Kant, Emmanuel, Critique de la faculté de juger [1790], trad. fr. et introd. Alexis Philonenko, éd. revue et accompagnée de nouvelles notes, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 1993.

Lyotard, Jean-François, Économie libidinale, Paris, Minuit, coll. « Critique », 1974.

Lyotard, Jean-François, La Condition postmoderne, Paris, Minuit, coll. « Critique », 1979.

Marcuse, Herbert, Éros et civilisation : contribution à Freud [1955], trad. fr. Jean-Guy Nény et Boris Fraenkel, Paris, Minuit, coll. « Arguments », 1963.

Marcuse, Herbert, Vers la libération. Au-delà de l’homme unidimensionnel [1969], trad. fr. Jean-Baptiste Grasset, Paris, Minuit, coll. « Arguments », 1969.

Marcuse, Herbert, Contre-révolution et révolte [1972], trad. fr. Didier Coste, Paris, Seuil, coll. « Combats », 1973.

Marcuse, Herbert, La Dimension esthétique. Pour une critique de l’esthétique marxiste [éd. allemande, 1977 ; éd. anglaise, 1978], trad. fr. Didier Coste, Paris, Seuil, 1979.

Schiller, Friedrich, Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme [1795], trad. fr. Robert Leroux, éd. mise à jour par Michèle Halimi, Paris, Aubier, coll. « Domaine allemand bilingue », 1992.

Rancière, Jacques, Le partage du sensible : esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.

Rancière, Jacques, L’inconscient esthétique, Paris, Galilée, coll. « La philosophie en effet », 2001.

Rancière, Jacques, Malaise dans l’esthétique, Paris, Galilée, coll. « La philosophie en effet », 2004.

Rancière, Jacques, Aisthesis. Scènes du régime esthétique de l’art, Paris, Galilée, coll. « La philosophie en effet », 2011.

Rancière, Jacques, Le temps du paysage. Aux origines de la révolution esthétique, Paris, La Fabrique, 2020.

  • Sources complémentaires

Afeissa, Hicham-Stéphane & Lafolie, Yann (éd.), Esthétique de l’environnement : appréciation, connaissance et devoir, Paris, Vrin, coll. « Textes clés », 2015.

Baudrillard, Jean, Pour une critique de l’économie politique du signe, Paris, Gallimard, coll. « Les Essais », 1972.

Blanc, Nathalie, Vers une esthétique environnementale, Versailles, Éditions Quæ, coll. « Indisciplines », 2008.

Böhme, Gernot, Aisthétique : pour une esthétique de l’expérience sensible [2001], trad. fr. Martin Kaltenecker et Franck Lemonde, Dijon, Les Presses du réel, coll. « Perceptions », 2020.

Butler, Judith, Trouble dans le genre : le féminisme et la subversion de l’identité [1990], trad. fr. Cynthia Kraus, Paris, La Découverte, coll. « La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales », 2006.

Debord, Guy, La Société du spectacle [1967], Paris, Gallimard, « Folio », 1992.

Deguy, Michel, Écologiques, Paris, Hermann, coll. « Le Bel Aujourd’hui », 2012.

Deleuze, Gilles & Guattari, Félix, Capitalisme et schizophrénie, t. I : L’Anti-Œdipe, Paris, Minuit, coll. « Critique », 1972.

Deleuze, Gilles & Guattari, Félix, Capitalisme et schizophrénie, t. II : Mille plateaux, Paris, Minuit, coll. « Critique », 1980.

Derrida, Jacques, Descombes, Vincent, Kortian, Garbis, Lacoue-Labarthe, Philippe, Lyotard, Jean-François & Nancy, Jean-Luc, La Faculté de juger (Colloque de Cerisy-La-Salle, 1982, sur l’œuvre de Jean-François Lyotard), Paris, Minuit, coll. « Critique », 1985.

Escobar, Arturo, Sentir-penser avec la Terre : une écologie au-delà de l’Occident [2014], trad. fr. Roberto Andrade Pérez, Anne-Laure Bonvalot, Ella Bordai, Claude Bourguignon et Philippe Colin, Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », 2018.

Fanon, Frantz, Peau noire, masques blancs [1952], Paris, Seuil, coll. « Points essais », 1971.

Fel, Loïc, L’esthétique verte : de la représentation à la présentation de la nature, Seyssel, Champ Vallon, coll. « Pays Paysages », 2009.

Fischbach, Franck, Faire ensemble : reconstruction sociale et sortie du capitalisme, Paris, Seuil, coll. « L’Ordre philosophique », 2024.

Glissant, Édouard, Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, coll. « Poétique », 1990.

Glissant, Édouard, Introduction à une Poétique du Divers, Paris, Gallimard, 1996.

Kosík, Karel, La dialectique du concret [1963], trad. fr. Roger Dangeville, Paris, François Maspero, coll. « Bibliothèque socialiste », 1970.

Lipovetsky, Gilles et Serroy, Jean, L’esthétisation du monde : vivre à l’âge du capitalisme artiste [2013], Paris, Gallimard, « Folio essais », 2016.

Merleau-Ponty, Maurice, L’institution, la passivité : notes de cours au Collège de France (1954-1955), textes établis par Dominique Darmaillacq, Claude Lefort et Stéphanie Ménasé, préf. Claude Lefort, Paris, Belin, coll. « Littérature et politique », 2003.

Merleau-Ponty, Maurice, « Le langage indirect et les voix du silence » [1952], dans Signes, Paris, Gallimard, 1960, p. 49-104.

Merleau-Ponty, Maurice, « L’homme et l’adversité » [1951], dans Signes, Paris, Gallimard, 1960, p. 284-308.

Michaud, Yves, La crise de l’art contemporain : utopie, démocratie et comédie, Paris, PUF, coll. « Intervention philosophique », 1997.

Michaud, Yves, L’art à l’état gazeux : essai sur le triomphe de l’esthétique, Paris, Stock, coll. « Essais-Documents », 2003.

Pruvost, Geneviève, Quotidien politique : féminisme, écologie, subsistance, Paris, La Découverte, coll. « L’horizon des possibles », 2021.

Sartre, Jean-Paul, « Préface », dans Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, Paris, François Maspero, coll. « Cahiers libres », 1961, p. 5-36.

Saïd, Edward W., L’Orientalisme : l’Orient créé par l’Occident [1978], trad. fr. Catherine Malamoud, préf. Tzvetan Todorov, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 1980.

Viveiros de Castro, Eduardo, Le regard du jaguar : introduction au perspectivisme amérindien, trad. du portugais (Brésil) par Pierre Delgado, Bordeaux, La Tempête, 2021.

Zhong Mengual, Estelle, L’art en commun : réinventer les formes du collectif en contexte démocratique, préf. Bruno Latour, Dijon, Les Presses du réel, coll. « Œuvres en sociétés », 2019.

 

 

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