Georges Canguilhem est aujourd’hui une référence incontournable des débats philosophiques et éthiques sur la santé et la médecine. Une raison en est le geste radical qu’il a déployé dès sa thèse sur le normal et le pathologique : remémorer à la médecine son origine et sa finalité individuelles trop souvent oubliées. Elle naît de l’appel à l’aide d’un malade qu’elle doit considérer dans sa globalité, sa singularité et son pouvoir de donner sens et valeur à sa vie.

L’essai de Céline Lefève ressaisit l’unité de sa pensée qui articule une philosophie de la vie, décrite comme une activité normative en lutte contre ce qui la limite ; une épistémologie de la médecine, définie comme un art utilisant les sciences (sans s’y réduire) ; et une éthique de la clinique, fondée sur l’attention du médecin au malade (et non à sa seule maladie). À l’heure où la médecine s’exerce au croisement de normes scientifiques et organisationnelles orientées vers la standardisation, la voir d’abord comme un soutien aux normes individuelles de vie du malade offre une ressource critique centrale à l’éthique du soin médical et, au-delà, à une politique du soin. Les lectures de Canguilhem proposées par des philosophes et des médecins (Lazare Benaroyo, Martin Dumont, Jean-Christophe Mino, Didier Sicard, Charles Wolfe et Frédéric Worms) confirment ensuite l’actualité de sa philosophie.

 

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