Institut

L’Institut la Personne en médecine renouvelle l’alliance entre médecine et humanités en étudiant la subjectivation des malades, de leur entourage et des professionnel·les de santé. Il considère les personnes malades, leurs proches et les professionnel·les de santé comme des sujets psychiques, sociaux, éthiques et politiques. Il se focalise en particulier sur leurs expériences des maladies chroniques et des maladies que l’on peut dire « à vie ».

Le projet scientifique de l’ILPEM

La médecine est un « art au carrefour de plusieurs sciences ».

L’Institut La Personne en médecine prend au sérieux la définition de la médecine donnée par le philosophe et médecin Georges Canguilhem, la médecine est un « art au carrefour de plusieurs sciences ». Celles-ci doivent être non seulement biomédicales mais aussi humaines et sociales. Les savoirs et pratiques en médecine devraient donc s’appuyer sur des recherches et formations interdisciplinaires. L’ILPEM considère les patient.es et les professionnel·les de santé comme des personnes qui doivent être appréhendées dans leur globalité et situées dans des contextes pluridimensionnels. Il étudie leurs parcours, leurs difficultés, leurs besoins, mais aussi leurs compétences, leurs expertises, leurs ressources issues de leurs pratiques. Nos recherches portent sur leurs modes de subjectivation, c’est-à-dire sur les manières dont ces personnes se conçoivent, interagissent et construisent leurs identités personnelles et sociales.

Vivre avec la maladie

Nos recherches portent sur les expériences liées à la chronicité ou la chronicisation de certaines maladies. Nous étudions ce que signifie « vivre la maladie à vie » (dans le contexte de la médecine de dépistage et de prévention, de l’accès aux informations biomédicales personnelles, avec une maladie chronique, après une maladie grave, etc.). Nos recherches portent sur les pratiques de soin qui font place à la subjectivité et à la participation des personnes et contribuent à une médecine qui ne sépare pas traitement et soin (cure et care), pratique clinique et politiques de santé.

Une recherche co-construite avec les acteurs du soin

L’Institut ancre ses recherches dans les réalités de terrain de la vie avec la maladie et les fonde sur une démarche participative où des
patient.es et professionnel·les participent à la co-production des connaissances et à leur diffusion. L’interdisciplinarité vise à co-construire de nouveaux objets, outils et méthodes de recherche impliquant des collaborations entre acteur·rices et chercheur·ses du monde de la santé, chercheur.ses en sciences humaines et sociales et patient.es.

Les équipes de recherche investies

Au sein d’Université Paris Cité et de l’alliance Paris Cité, notre institut regroupe plusieurs équipes de recherche en médecine et en sciences humaines et sociales, en particulier en anthropologie, études juridiques, histoire, littérature, philosophie, psychanalyse, psychologie, santé publique et sociologie. Les recherches se font aussi en étroite collaboration avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et ses services. Au plan international, nous collaborons au sein d’un réseau international avec les établissements partenaires de Circle U (en particulier le King’s College à Londres et l’Université catholique de Louvain) et avec les établissements des membres de notre Comité scientifique et de pilotage. Nos recherches contribuent aux innovations pédagogiques et aux programmes d’enseignements en sciences humaines et sociales en santé et en médecine d’Université Paris Cité.

Notre histoire

 L’Institut La Personne en médecine a été créé en mai 2019 dans le prolongement du travail accompli entre 2014-2018 par le Programme interdisciplinaire (PID) Université Paris Cité « La Personne en Médecine » (LPEM), lui-même créé lors d’un appel à projets Idex. En novembre 2017, un comité international de chercheur.ses externes à USPC a évalué notre programme et l’a distingué comme : « L’exemple typique de ce que l’action PID a voulu mettre en place ». Le rapport a noté que « l’interdisciplinarité ici semble réelle, au travers d’une véritable co-construction du sujet et des projets, ayant informé la stratégie de publication et nourri une véritable créativité ». Le comité a aussi indiqué que notre mode de gouvernance « pourrait servir d’exemple aux actions futures d’USPC sur l’interdisciplinarité ». Sur la base de ces évaluations, l’IdEx Université Paris Cité a validé en mai 2019 le projet de l’Institut La Personne en médecine, sciences humaines et sociales, humanités médicales et médecine comme l’un des deux premiers Instituts thématiques transversaux (2020-2024) et lui a alloué un nouveau financement (600K€), des locaux et des moyens logistiques.

Première étape : 2014-2018

Lors du colloque LPEM – présentation du programme en décembre 2018, François Villa et Céline Lefève ont réalisé une rétrospective des recherches réalisées proposant des perspectives scientifiques et institutionnelles.

D’ici 2024

L’Institut s’inscrit dans le mouvement international des humanités médicales en présentant une spécificité scientifique et institutionnelle. Le plus souvent, les humanités médicales se développent soit au sein des facultés de lettres et d’humanités indépendamment des facultés de médecine et des équipes de recherches et de soins en médecine et en santé, soit au sein des facultés de médecine. L’ILPEM est un pôle interfacultaire, à l’articulation de la Faculté Sociétés et Humanités et de la Faculté de Santé, puisqu’il permet :

  • la collaboration effective entre les recherches médicales et les recherches en sciences humaines et sociales ;
  • la contribution aux enseignements de SHS et d’humanités médicales dans les études de santé.

L’Institut vise à identifier, fédérer, structurer et stimuler les recherches interdisciplinaires SHS en santé et en médecine à Université de Paris. Le développement de l’Institut s’inscrira dans les projets de recherche et de formation impulsés par la construction de Circle U.

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