Les Conférences Grand Public

Les Conférences Grand Public de l’Institut La Personne en médecine ont lieu mensuellement le jeudi soir à l’Amphithéâtre Milian, Hôpital St Louis, Paris 10ème. Ces conférences visent à éclairer les questions actuelles liées aux pratiques, aux relations et aux politiques de santé et de soin. Elles sont destinées à toutes les personnes concernées par le soin.

Notre santé est soumise à de nouveaux risques (maladies infectieuses émergentes, pandémies, risques environnementaux et psycho-sociaux) et au creusement des inégalités. Notre système de soin traverse une crise majeure où toutes ses dimensions sont à repenser : formations, organisations, financements, etc. Dans un tel contexte, quelles manières de prendre soin, de soutenir et d’accompagner parviennent à émerger, à se transformer, à répondre aux besoins des patients, de leurs proches et de la société ?

Les « Conférences Grand Public de l’Institut La Personne en médecine » visent à éclairer les questions actuelles liées aux pratiques, aux relations et aux politiques de santé et de soin. Elles portent en particulier leur attention sur la place faite aux expériences, aux voix et à la participation des personnes malades, de leurs proches et des professionnels de santé dans la définition du soin. Pour cela, elles donnent la parole à des chercheuses et à des chercheurs qui sont engagés dans des recherches pluri- ou interdisciplinaires visant à renouveler tant les sciences humaines et sociales que les sciences biomédicales.

Ces conférences sont destinées à toutes les personnes concernées par le soin non seulement en médecine mais, plus généralement, dans nos vies et dans notre société, et, en particulier, aux personnes qui contribuent à en faire reconnaître le caractère central et à l’améliorer dans toutes ses dimensions.

Les séances sont gratuites et ouvertes à tous. Elles ont lieu le jeudi soir de 18h30-20h30 à l’amphithéâtre Milian, Hôpital St Louis, Paris 10ème (1, avenue Claude Vellefaux, Porte 23 du quadrilatère).

Programme 2021-2022

29 septembre 2022 : Christophe Adam • Doris Bonnet • Daniel Delanoë • Blandine Destremau • Agnès Lainé • Delphine Leroy • Maria Teixeira • Simeng Wang membres du Collectif Entrelacs, Institut convergences migrations, co-directrices et co-directeurs de l’ouvrage Migrations. Une chance pour le système de santé ?  (Ré)humaniser le soin, Coll. La Personne en médecine, Doin, 2022. Se procurer l’ouvrage.

Les personnes qui arrivent en France peuvent parfois cumuler des fragilités médicales, sociales, psychiques. Ainsi, la question de leur prise en charge médicale constitue-t-elle un élément majeur dès leur arrivée. Mais dans un contexte où le système de santé est lui-même en crise, essayer d’y répondre, c’est s’interroger plus globalement sur l’accès aux soins des plus fragiles, quels qu’ils soient. Cet ouvrage permet de montrer que des réflexions, des démarches et des expériences novatrices permettent de repenser les modes de prise en charge pour (re)humaniser les soins dans leur globalité, au profit de toute la population.

Discutante : Emmanuelle Cartron, Maître de conférence au Département universitaire des sciences infirmières, ECEVE UMR-S 1123, Université Paris Cité

24 novembre 2022 : Gérard Reach, Professeur émérite de médecine, diabétologue, Hôpital Avicenne – Université Sorbonne Paris Nord, auteur de l’ouvrage Pour une médecine humaine. Étude philosophique d’une rencontre, coll. Le Bel Aujourd’hui, Hermann, 2022

La médecine se trouve actuellement à la croisée des chemins : on peut craindre que le développement extraordinaire de sa technicité, qui en permet les prouesses, se fasse au détriment de son humanité. Pourtant une médecine humaine est possible : fondée sur la personne et non pas seulement sur la maladie et le traitement des symptômes, la pratique médicale repose essentiellement sur une rencontre entre un soigné et un soignant. Ce sont cette rencontre et le soin qu’elle permet (ou qu’elle empêche) que les philosophies de Descartes, Spinoza, Ricoeur et Lévinas nous aident à penser et à pratiquer.

Discutante : Céline Lefève, MCF philosophie, UPC, Département HPS (IHSS)/UMR SPHERE, directrice de l’Institut La Personne en médecine.

26 janvier 2023 : Céline Lefève, maîtresse de conférences en philosophie (Université Paris Cité/SPHERE) et Elise Ricadat, maîtresse de conférences en psychopathologie (Université Paris Cité/CERMES 3) : « Quels impacts de la crise sanitaire du Covid-19 sur la prise en charge et l’expérience du soin des malades chroniques ? »

Cette conférence décrira, à partir d’une recherche pluridisciplinaire concernant 4 maladies chroniques, la manière dont le suivi des patients s’est centré sur certains traitements médicaux– les autres dimensions du soin, pourtant cruciales (soins dits de supports, soin de soi ou auto-soin, dimensions relationnelles du soin) étant mises en difficulté par la désorganisation du système de soin.  Elle soulignera le rôle crucial des réseaux de proches aidants ou associatifs dans les capacités des malades chroniques à reconfigurer leurs routines de vie et de soin et à faire face. Elle questionnera enfin la ligne de partage entre santé et maladie : les ressources et stratégies grâce auxquelles les personnes malades parviennent à maintenir ou recomposer un équilibre de vie satisfaisant révèlent en effet la part de santé, la puissance normative que recèle la vie avec la maladie chronique.

23 mars 2023 : Sylvie Patron, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à l’UFR Lettres, arts, cinéma, directrice du Paris Centre for Narrative Matters, éditrice des ouvrages Small stories. Un nouveau paradigme pour les recherches sur le récit et Récits de la charge mentale des femmes. Small Stories (2), Paris, Hermann, coll. « Cahier Textuel », 2020 et 2022 et Caroline Hauw-Berlemont, médecin réanimatrice à l’hôpital européen Georges Pompidou, contributrice du deuxième ouvrage (sous réserve de confirmation).

Le but de la small stories research initiée et développée par Alexandra Georgakopoulou, est de déplacer l’attention des chercheuses et chercheurs, auparavant centrée sur les récits de soi, récits longs, pris en charge par un narrateur unique, consacrés à des événements passés non partagés, vers les récits souvent courts et fragmentés que l’on trouve dans les environnements interactionnels de tous les jours et particulièrement aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Cette conférence s’intéressera aux small stories à travers les disciplines et, plus particulièrement, au lien entre les small stories et le soin.

Cycle du 1er semestre 2021 : Toutes et tous vulnérables mais inégalement

IMMIGRÉ·ES ET COVID-19 : DES INÉGALITÉS SOCIALES DE SANTÉ RENFORCÉES

Mardi 4 mai – 18h-20h

Les premières enquêtes épidémiologiques ont montré que les personnes immigrées en France ont été particulièrement touchées par l’épidémie de la COVID-19. A partir de données issues de travaux de sociologues et d’économistes, ce séminaire interrogera la manière dont l’épidémie et sa gestion sanitaire et politique ont renforcé les inégalités sociales de santé que connait cette population.

Interventions :

  • Anne Gosselin, chercheure post doctorante en santé publique, Inserm, Iris.
  • Laure Pitti, Maîtresse de conférences en sociologie, Université Paris 8 (Cresppa, UMR 7217), fellow de l’Institut Convergences Migrations
  • Audrey Mariette, Maîtresse de conférences au département de science politique de l’Université Paris 8 (Cresppa, UMR 7217)
  • Antoine Marsaudon, chargé de recherche en économie à l’IRDES

Animation :

  • Céline Gabarro, chercheure postdoctorante en sociologie ILPEM
  • Louise Virole, chercheure postdoctorante en sociologie ILPEM

MOBILISATIONS ET NON-MOBILISATIONS DES VICTIMES D’UN SCANDALE SANITAIRE

Mardi 15  juin – 18h30-20h

Depuis quelques années, la dangerosité de médicaments est régulièrement au coeur de l’actualité établissant aisément des parallèles avec l’exemple du Mediator. Ce dernier faisant figure de « cas d’école » de l’alerte à l’indemnisation des victimes, en passant pas les stratégies industrielles. Cependant, une analyse menée auprès d’usagers du Mediator montre que les dynamiques de mobilisation et de lutte pour la reconnaissance ne vont pas de soi. Il conviendra, lors de cette séance, d’explorer ces mécanismes de (non-)mobilisations de ces victimes et de mettre cela en regard de l’exemple de la Dépakine.

Interventions : rène Frachon (Pneumologue au CHU de Brest),Solène Lellinger (MCF en histoire de la médecine, Laboratoire SPHERE, Université de Paris) Marine Martin (Présidente de l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anti-convulsivant – APESAC), Lydia Morlet (MCF HDR en droit privé, Co-directrice de l’Institut Droit et Santé, Université Paris).

DE L’AIGU AU CHRONIQUE : PRISE EN CHARGE ET VÉCU DES MALAD(I)ES CHRONIQUES FACE AU COVID ?

Mardi 6 avril – 18h30-20h

L’épidémie de COVID, ainsi que les mesures qui en ont découlé, ont imposé une réorganisation des soins au prisme de la logique de l’aigu, mettant particulièrement en tension les ressources dédiées d’ordinaire à la prise en charge des personnes atteintes de pathologies chroniques. Les premières données récoltées dans le cadre d’une recherche qualitative et participative financée par l’ANR permettront de décrire et d’analyser ce que la pandémie du Covid a modifié, renforcé ou mis en lumière de l’écosystème de soin sur lequel repose l’expérience et le vécu des personnes vivants avec une maladie rénale, mentale, hématologique ou rare.

Interventions de l’équipe du projet ANR :

  • Aude Béliard, MCF Sociologie, UP – CERMES3
  • Marie Citrini, vice-présidente de Créteil Respire À Cœur, représentante des usagers et usagères Saint-Antoine (AP-HP), patiente-enseignante Paris 13
  • Céline Gabarro, postdoctorante Sociologie ILPEM, UP – ECEVE
  • Céline Lefève, MCF Philosophie, UP – SPHERE
  • Marie-France Mamzer, Néphrologue, PU-PH en éthique médicale et médecine légale, UP – ETRES
  • Ana Marques, EPS Ville Evrard
  • Élise Ricadat,  MCF Psychopatologie, UP – CRPMS
  • Thomas Sannié, représentant des usagers et usagères au conseil de surveillance de l’AP-HP, membre de l’Association française des hémophiles, patient-enseignant Paris 13
  • Maria Teixeira, MCF Anthropologie de la santé, UP – ECEVE
  • Livia Velpry, MCF Sociologie, Paris 8 – CERMES3
  • François Villa, PU Psychopathologie, UP – CRPMS
  • Louise Virole, postdoctorante Sociologie ILPEM

 

LA MÉDECINE THERMALE ENTRE CURE ET CARE

Mercredi 17 mars – 18h30-20h

Parfois stigmatisée comme reliquat d’une médecine d’un autre âge, le thermalisme attire chaque année en France 600 000 curistes dans quelque 110 établissements. Outre les particularités françaises des modalités de sa prise en charge, le succès de la médecine thermale repose sur la recherche de soin, de soulagement et de traitement par des personnes souvent affectées de maladies chroniques ou de pathologies liées au vieillissement. Secouée par la crise sanitaire actuelle, la médecine thermale repose sur une histoire atypique et des savoir-faire spécifiques dans le traitement, le soulagement et l’accompagnement dans une longue durée de personnes dont les maladies échappent à la guérison et s’inscrivent dans le temps. Elle nous invite à interroger, dans les perspectives ouvertes par l’ILPEM, l’apprivoisement de la maladie à vie et les nouveaux paradigmes de soin. En faisant dialoguer un sociologue, deux médecins, deux historiens et un magistrat, nous voudrions éclairer les enjeux complexes du thermalisme contemporain dans ses dimensions thérapeutique, sociale et économique.

Interventions :

Olivier Dubois, Psychiatre, Médecin thermal aux Thermes de Saujon

Nicolas-Raphaël Fouque, Premier conseiller à la Chambre régionale des comptes Occitanie,  rapporteur près la Cour de discipline budgétaire et financière.

Gisèle Kanny, Professeure de Médecine Interne, Immunologie Clinique et Allergologie, Laboratoire d’Hydrologie et Climatologie Médicales, Université de Lorraine, Présidente de la Société Française de Médecine Thermale

Adrien Sonnet, Docteur en Staps, LACES, Université de Bordeaux, A.T.E.R. à l’Université de Caen Normandie.

Sophie Vasset, Maîtresse de Conférences, LARCA Université de Paris

François Zanetti, Maître de Conférences, ICT, Université de Paris

LE TRIAGE EN TEMPS DE PANDÉMIE, ET AU-DELÀ

Mardi 9 février – 18h30-20h

Alors que la pandémie pose, de manière aiguë, des questions de priorisation relatives à l’accès à l’hôpital – au-delà des seuls services de réanimation – ainsi qu’à la vaccination, des recherches en sciences sociales en santé et en éthique avancent que le triage, loin d’être une pratique exceptionnelle, fait intégralement partie de la pratique médicale, mais aussi qu’il concerne l’ensemble du système de santé au point d’en constituer un des paradigmes les plus puissants. Ses tenants politiques et sociaux ainsi que ses implications pour la santé publique et le soin doivent être davantage décrits et interrogés, c’est ce à quoi introduira cette séance.

Interventions :

Jean-Paul Gaudillière, historien, directeur de recherche à l’Inserm et directeur d’études à l’EHESS

Caroline Izambert, docteure de l’EHESS et membre de AIDES

Pierre-André Juven, sociologue, chargé de recherche au CNRS et membre du Cermes 3

Auteurs et autrice de Pandémopolitique. Réinventer la santé en commun, La Découverte, janvier 2021.

Discussion et modération :

Jean-François Alexandra, médecin interniste, Hôpital Bichat

Céline Lefève, maîtresse de conférences en philosophie, SPHERE, Institut la Personne en médecine, Université de Paris

Marie-France Mamzer, professeure d’éthique médicale et de médecine légale, Université de Paris

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