L’équipe du Pr Dominique Farge (AP-HP, Université Paris-Cité), en collaboration avec celles du Pr Mark Lowdell (UCL, Londres) et du Pr Karin Tarte (CHU de Rennes) ont démontré pour la première fois qu’il est possible et sûr d’administrer des cellules stromales mésenchymateuses issues du cordon ombilical à des patients atteints de Lupus Érythémateux Systémique sévère, une maladie auto-immune difficile à traiter. Les résultats ont été publiés le 17 décembre 2024 dans The Lancet Rheumatology.
Des résultats clés
Cette étude de phase I a été coordonnée par le Pr Dominique Farge du Centre de Référence (CRMR MATHEC), maladies auto-immunes et thérapie cellulaire de l’hôpital Saint-Louis AP-HP et Université Paris-Cite et de l’URP 3518 Recherche Clinique appliquée à l’hématologie, Université Paris Cité. Elle a porté sur 8 patients souffrant de formes graves de lupus, résistantes aux traitements immunosuppresseurs habituels. Les cellules utilisées ont été préparées à partir de tissus du cordon ombilical à Londres, puis administrées par une simple perfusion intraveineuse. Aucun effet secondaire grave n’ayant été observé dans les 10 jours suivant l’injection, la sécurité est prouvée. Certains patients ont connu une stabilisation rapide de la maladie, avec des rémissions pouvant durer jusqu’à un an.
Ces résultats sont enthousiasmants car ils montrent que cette thérapie cellulaire innovante pourrait offrir une nouvelle option thérapeutique aux patients dont les traitements traditionnels échouent. Ils peuvent être consultés ici (en anglais), avec l’ensemble de l’article du Lancet Rheumatology.
Pourquoi c’est important ?
Le lupus est une maladie auto-immune chronique et sévère qui touche plusieurs organes (peau, articulations, reins, etc.) avec des poussées inflammatoires difficiles à maîtriser. Si la plupart des patients rentrent en rémission grâce aux traitements conventionnels, environ 15 à 20 % d’entre eux ne répondent pas aux traitements classiques et font face à un risque accru de complications graves.
Comme l’indique le Pr Dominique Fargue, « Les résultats cliniques observés ont permis pour certains patients des mises en remissions durables et un net bénéfique clinique à court terme. Ces données suggèrent que cette innovation thérapeutique peut avoir un effet précoce sur la stabilisation de la maladie, susceptible de se maintenir au moins un an après l’injection. »
Perspectives futures
Les chercheurs souhaitent maintenant mener des études plus vastes pour :
- Évaluer l’efficacité des perfusions répétées de cellules stromales.
- Mieux comprendre comment ces cellules agissent sur les défenses immunitaires pour calmer l’hyperactivité des lymphocytes B responsables de la maladie.
Cette recherche a été soutenue par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, a été financée par le prix “Thérapie génique et cellulaire” attribué au Pr Farge en 2014 par la Fondation du Rein et l’Alliance Maladies Rares AFM- Téléthon, la Direction de la Recherche Clinique et de l’Innovation AP-HP, et l’Agence Nationale de la Recherche (Programme Infrastructures Ecell). Elle ouvre la voie à des traitements innovants pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de lupus et d’autres maladies auto-immunes sévères.
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