En France, 1 à 2% des grossesses s’accompagnent de prééclampsie, une maladie augmentant la pression artérielle et causant des lésions organiques, notamment au niveau des reins. Cette maladie est responsable d’un tiers des naissances de grands prématurés en France. Divina El Hamaoui, dans sa thèse dirigée par la professeure Elisa Rossi de l’Université Paris Cité (IThEM: Innovative Therapies in Hemostasis), s’intéresse au lien entre la thrombine et les molécules d’endogline solubles, ce qui a fait l’objet d’une publication scientifique dans la revue Communications Biology le 26 février 2025.
Prééclampsie et endogline
Chez les femmes atteintes de prééclampsie, on retrouve en grande quantité une molécule, appelée endogline soluble, dans le sang et les urines. C’est ce qu’on appelle un biomarqueur de la maladie. Cette molécule, normalement située sur la membrane des cellules, est libérée grâce à l’action d’enzymes. Jusqu’à présent, on ne savait pas que la thrombine faisait partie des enzymes pouvant la libérer ou, plus précisément, la découper. C’est ce que démontre l’étude.
De l’endogline à l’endogline soluble
Pour étudier l’action de la thrombine sur l’endogline, des tests ont été réalisés lors d’études cliniques (analyse du sang de femmes atteintes de prééclampsie) mais aussi in vitro en ajoutant de la thrombine à de l’endogline purifiée. Dans les deux cas, les résultats sont probants: il y a (beaucoup) plus d’endogline soluble en présence de thrombine. On observe même de l’endogline soluble de différentes tailles. Cela montre que la thrombine peut bien couper l’endogline à plusieurs endroits, conduisant ainsi à l’englobine soluble présente dans le sang. Elle pourrait donc contribuer au développement de la prééclampsie et entraîner des lésions des vaisseaux sanguins.
Perspectives de la découverte
Cette découverte peut avoir plusieurs applications. Elle pourrait permettre d’avoir d’autres tests de détection de la prééclampsie se basant sur la détection de thrombine, par exemple. En améliorant notre connaissance de la prééclampsie, de telles découvertes peuvent, à terme, mener à de nouveaux traitements!
Source : El Hamaoui, D., Marchelli, A., Gandrille, S. et al. Thrombin cleaves membrane-bound endoglin potentially contributing to the heterogeneity of circulating endoglin in preeclampsia. Commun Biol 8, 316 (2025). https://doi.org/10.1038/s42003-025-07751-3
À lire aussi
[Journée Mondiale de la Santé Mentale] À l’UMR 1141 NeuroDiderot : éclairer et transformer la santé mentale
Sous la direction de Pierre Gressens, l’unité mixte de recherche UMR 1141 NeuroDiderot (Université Paris Cité et Inserm) révolutionne la compréhension des troubles neurodéveloppementaux et psychiatriques. En explorant les mécanismes précoces du cerveau et la...
[Journée Mondiale de la Santé Mentale] L’Institut du Cerveau de l’Enfant : innover pour la santé mentale des jeunes
Sous la direction de Fiona Francis, l’Institut Robert Debré du Cerveau de l’Enfant est un Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) qui transforme la compréhension du neurodéveloppement. En conjuguant imagerie de pointe, intelligence artificielle, cohortes d'envergure et...
[Journée Mondiale de la Santé Mentale] IHM Neurosciences et cognition : mieux comprendre le cerveau pour mieux le préserver
À l’Institut Hors Murs Neurosciences et cognition, les recherches conduites sous la direction de Mehrnaz Jafarian-Tehrani et Franck Oury explorent les mécanismes qui relient cerveau, vieillissement, cognition et santé mentale. Ces travaux ouvrent des pistes pour...
[Journée Mondiale de la Santé Mentale] Santé mentale des femmes : des avancées majeures à iWISH
Au sein de l’Université Paris Cité, l’Institut interdisciplinaire santé des femmes (iWISH) — une structure de référence réunissant la recherche et la formation pour répondre aux besoins spécifiques des patientes — fait de la santé mentale des femmes l’une de ses...