La première édition du Prix de thèse de l’Atrium Humanités et sciences sociales a distingué Inès Medjkoune, pour ses travaux consacrés aux représentations des figures dites « barbares » dans l’Antiquité grecque. Une mention spéciale du jury a également été attribuée à Maxime Maréchal pour sa thèse en linguistique portant sur les interprètes de l’OFPRA.

Décerné pour la première fois cette année, le Prix de thèse Atrium Humanités et sciences sociales récompense une thèse d’excellence soutenue en 2025 au sein de la Faculté Sociétés & Humanités de l’Université Paris Cité. Le jury, composé de chercheures, chercheurs, éditrices, éditeurs et journalistes, met à l’honneur des travaux qui contribuent au renouvellement des connaissances en sciences humaines et sociales et participent à la compréhension des mutations de nos sociétés.

Repenser l’altérité

Le prix a été attribué à Inès Medjkoune pour sa thèse croisant textes antiques et iconographie afin d’étudier les vêtements associés aux figures dites « barbares », en particulier les souverains et souveraines babyloniens, mèdes et perses.

Elle revisite l’opposition entre Grecs et barbares et montre que cette altérité n’est pas tant construite pour dominer un groupe ethnique que pour rendre visibles d’autres pratiques du politique. L’étranger n’y serait donc pas nécessairement essentialisé ou infériorisé : il incarnerait plutôt une autre façon d’habiter le pouvoir, de le montrer et de le mettre en scène. Alors que les représentations actuelles du « barbare » renvoient souvent à un « nous » opposé à un « eux » impossible à dépasser, la thèse invite à repenser la manière dont nous construisons aujourd’hui l’altérité comme naturelle.

Le jury a également attribué une mention spéciale à Maxime Maréchal pour sa thèse de linguistique consacrée aux interprètes de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et à leur rôle dans la transmission des demandes d’asile.

Une publication aux Éditions Université Paris Cité à la clef

La thèse d’Inès Medjkoune sera publiée par les Éditions Université Paris Cité sous la forme d’un ouvrage dont la parution en librairie est prévue à la fin de l’année 2027.

Créées en 2025 et incubées au sein de l’Atrium Humanités et sciences sociales, les Éditions Université Paris Cité ont pour ambition de faire résonner les savoirs académiques dans l’espace public et stimuler le débat sur les grands enjeux et défis contemporains. En plaçant la recherche au cœur de la cité, elles défendent une science vivante, engagée et indispensable à la compréhension des grandes transformations de notre époque.

Des questions anciennes, des résonances actuelles

À travers ces deux distinctions, le prix souligne la capacité des sciences humaines et sociales à éclairer des problématiques toujours actuelles. L’histoire de la Grèce ancienne et la linguistique rejoignent ici des questions essentielles : la construction de l’altérité, la représentation de l’étranger, le rôle du langage, de la traduction et des institutions dans les processus de reconnaissance des personnes.