Quand :
30 juin 2026 @ 10 h 00 min – 17 h 00 min
2026-06-30T10:00:00+02:00
2026-06-30T17:00:00+02:00
Où :
Amphithéâtre de l'Institut d’Art et d’Archéologie
3 rue Michelet - 75006 Paris
[JE] Anthropologie sociale et préhistoire : comment dialoguer ? @ Amphithéâtre de l'Institut d’Art et d’Archéologie

Cette journée rassemblera des archéologues, des préhistoriens, des anthropologues et des ethnologues autour de trois table-rondes thématiques sur les chasseurs-cueilleurs, la comparaison entre sociétés et les principes de transformation des sociétés.

© Paul Jamin « Un peintre décorateur à l’âge de la pierre »

La relation entre préhistoire et anthropologie a une histoire longue, complexe, et parfois sombre, qui puise ses racines dans une vision évolutionniste, où l’étude des sociétés du passé et du présent, devait servir à établir le cadre universel des stades d’évolution de l’humanité. Si cette vision a été aujourd’hui en grande partie abandonnée, la possibilité de comparer, malgré tout, des formes de sociétés (chasseur-cueilleurs, sociétés sans état, sociétés urbaines, etc.), a toujours été défendue par une partie de la communauté scientifique et reste au cœur de son projet scientifique. Les préhistoriens, qui travaillent sur des sources extrêmement partielles et presque uniquement matérielles, ressentent le besoin de s’inscrire dans un cadre anthropologique et historique global, afin de pouvoir proposer des scénarios interprétatifs à leurs données, et de remettre les sociétés au cœur de leur travail. Ces données, qu’elles soient conceptuelles ou ethnographiques, sont ainsi régulièrement mobilisées, afin d’interroger la diversité des sociétés de chasseur-cueilleurs et reconnaitre des récurrences. C’est notamment cette ambition qui anime la grande majorité des travaux menés outre-Atlantique où l’archéologie est considérée en tant qu’un outil de l’anthropologie, et où les recherches, suivant une démarche hypothético-déductive, reposent sur les données ethnographiques. En France, la séparation entre les préoccupations des préhistoriens et celles des anthropologues est davantage actée, et se reflète, notamment, dans leurs curricula de formation respectifs.

De fait, le dialogue entre eux s’avère complexe. Si les collègues tenant de la cultural ecology ou de la behavorial ecology portent toujours cette ambition d’une anthropologie intégrale, la généralisation, ou du moins la mise en évidence de points communs entre les sociétés, est attendue par les préhistoriens, tandis qu’elle n’est pas centrale dans les problématiques de celles et ceux qui se réclament de l’ethnologie, à la faveur d’une mise à distance des ambitions d’une anthropologie générale. Reste-t-il alors aux préhistoriens uniquement l’environnement ou les sciences cognitives, comme ancrage théorique pour replacer leurs données sur les systèmes techniques, économiques ou même graphiques dans un cadre plus large, les privant ainsi d’une partie des connaissances accumulées par l’ethnologie ? Comment continuer à comparer les sociétés du passé et du présent ? Comment se nourrir mutuellement sans retomber dans un comparatisme historique évolutionniste et finaliste ? Comment mettre en évidence des régularités, sans retomber dans des lieux communs ? Ce sont ces questions qui ont guidé l’organisation de cette journée d’échanges qui cherche à confronter différentes écoles de l’anthropologie entre elles, et vis-à-vis des préhistoriens.

PROGRAMME

10h-10h30|Introduction 

  • Nicolas Naudinot – Professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, UMR 7194 – Histoire naturelle de l’Homme préhistorique (HNHP)
  • Roxane Rocca – Maitresse de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8068 Technologie et Ethnologie des Mondes PréhistoriqueS (TEMPS)
  • Marie Salaün – Professeure à l’Université Paris Cité, UMR 8245 (Unité de recherches migrations et société- URMIS)

10h30-12h|Table-ronde 1 – La catégorie « sociétés de chasseurs-cueilleurs » est-elle toujours pertinente ? 

  • Christophe Darmangeat – Maître de conférences à l’Université Paris Cité, Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS)
  • Emmanuelle Honoré – Maitresse de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8068 Technologie et Ethnologie des Mondes PréhistoriqueS (TEMPS) 

12h-13h30 : pause déjeuner

13h30-15h00|Table-ronde 2 – Comment interpréter la transformation des sociétés ?   

  • David Cochard – Maître de conférences à l’Université de Bordeaux, UMR 5199, De la Préhistoire à l’Actuel Culture, Environnement et Anthropologie (PACEA)
  • Rémi Hadad – Maître de conférences à l’EHESS, Laboratoire d’Anthropologie sociale (LAS)

15h00-15h30 : pause

15h30-17h00|Table-ronde 3 – Peut-on comparer des sociétés entre elles ? 

  • Laurent Berger – Maître de conférences à l’EHESS, Laboratoire d’Anthropologie sociale (LAS)
  • Benoît de l’Estoile – Directeur du département de la Recherche et de l’Enseignement, Musée du Quai Branly
  • Catherine Lara – Directrice de recherche CPJ au CNRS, UMR 7041 ArScAn, équipe Protohistoire égéenne
Organisateurs
Nicolas Naudinot – Professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, UMR 7194 – Histoire naturelle de l’Homme préhistorique (HNHP)
Roxane Rocca – Maitresse de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8068 Technologie et Ethnologie des Mondes PréhistoriqueS (TEMPS)
Marie Salaün – Professeure à l’Université Paris Cité, UMR 8245 (Unité de recherches migrations et société- URMIS)