Projets financés par le centre

Dans le cadre de son appel à projets thématique annuel, le Centre des Politiques de la Terre a financé sept projets de recherche interdisciplinaire.

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Terra Forma, Eric Gayer, UP (IPGP)

Dans les cartes, les données sont essentielles. Et pour produire ces données, il faut décrire, enquêter. Afin de récolter ces données permettant de répondre à la question : « quelles formes de cartographies cosmopolitiques ? », le projet Terra Forma organise une série d’ateliers avec des chercheur·ses expert·es et non-expert·es autour des thèmes explorés dans le manuel de cartographies potentielles du même nom Terra Forma. L’étape suivante consiste à visualiser les données récoltées pendant ces ateliers, à travers des cartes qui seront construites à partir des modèles du livre. Les objectifs scientifiques et techniques du projet sont les suivants :

  • Introduire, débattre et argumenter la notion de cosmopolitique et de cartes cosmopolitiques dans les politiques de la terre ;
  • Produire, organiser et analyser des données qualitatives issues des différents groupes de recherche spécialisés ;
  • Traduire, visualiser, partager ces données à l’aide des modèles élaborés précédemment dans le livre Terra Forma, donc de les organiser et de pouvoir les expliquer et les communiquer à une plus large audience.
Création, Joanne Clavel, CNRS-UP

Création interroge la production de connaissances à l’interface entre habitants, institutions académiques et artistiques, afin d’accompagner l’émergence de nouvelles pratiques collaboratives sur les territoires et contribuer aux urgentes transitions écologiques. La construction de projets arts-sciences permet d’allier une diversité de points de vue et de savoirs, et d’articuler des raisonnements, des observations, des affects et des imaginaires. Il s’agira d’interroger les possibilités de connaître grâce au sensible et de donner à connaître via les émotions. Nous développons deux dispositifs arts-sciences sur des territoires urbains et ruraux, invitant à la participation des habitant.e.s par l’art. Un atelier collaboratif d’écriture dressera un portrait de la Zone Critique. La comparaison des trois dispositifs nous semble fertile pour concevoir des interactions réciproques entre pratiques artistiques, académiques et habitantes porteurs d’une diversité de savoirs. Chacun des trois projets va alimenter à sa manière lors des rencontres du groupe de recherche trois axes de réflexions :

  1. Épistémologie des connaissances et pluralité des points de vue
  2. Médiation artistique et créativité
  3. Politiques publiques et diversité des publics
Responsiveness, Bernard Reber, CNRS-Sciences Po

Responsiveness ®, vise la transition, l’ajustement et la sensibilité des savoirs à la décision sous toutes ses formes. Le projet privilégie la transition écologique (TE), informée par des savoirs hétérogènes à ajuster entre eux. Une transition en appelle donc une autre qui doit prendre en compte la sensibilité des auditoires et des contextes : 1. dans la production des savoirs (questions posées) 2. l’aide à la décision (appuyée sur des savoirs normatifs), que soit celle des autorités les plus variées ou 3. celle de publics hétérogènes ou de citoyens tirés au sort pour former des assemblées pluralistes comme c’est le cas avec la Convention citoyenne pour le climat, qui sert de terrain d’analyse commun. En parallèle une partie plus réflexive et déductive, part des questionnements disciplinaires, approfondit les limites, les obstacles et la créativité nécessaire pour une réelle interdisciplinarité dans la perspective d’élaborer collectivement des politiques de la terre.

 

Valorisation des Données, Maryline Specht, UP

Le projet s’attache à la mission d’appui des sciences aux politiques publiques, que ce soit sur l’observation et la surveillance des phénomènes, la réalisation d’études méthodologiques et de synthèses, l’expertise indépendante et la capitalisation, la formation et le transfert de savoir, ou la diffusion de la connaissance. Pour une meilleure prise en compte des données scientifiques dans la gestion de crise, la question scientifique posée est celle de l’analyse des données scientifiques et techniques pour une lecture et une appropriation optimum par les pouvoirs publics en situation de gestion de crise. Des données scientifiques à la décision politique et stratégique : quelles transformations possibles des données ?

Enquête sur l’interdisciplinarité dans la recherche et l’enseignement supérieur en écologie, Magali Ader, UP (IPGP)

Les bouleversements socio-climatiques en cours et à venir imposent des transformations profondes et multiples à l’ensemble de nos sociétés. Dans ce contexte, les espaces de formation des générations futures comme les espaces de recherche scientifique acquièrent une importance croissante face à la nécessaire révolution culturelle et politique qui nous fait face : analyser et penser ces bouleversements tout en s’y préparant collectivement apparaît comme le défi de notre temps. Ces nouvelles relations que la science et la société doivent tisser avec la Terre s’incarnent tout particulièrement dans l’écologie, mouvement scientifique et politique qui enjambe constamment les dualismes sur lesquels repose la Modernité. Dans l’enseignement supérieur, antichambre de la formation des professeur·es, l’écologie et ses méthodes – via les humanités écologiques notamment – sont en train de reconfigurer un très grand nombre de champs de recherche. Ainsi, une connaissance critique de la place qu’occupe l’interdisciplinarité dans l’enseignement supérieur et la recherche en écologie semble être une étape fondamentale vers une compréhension alternative des interdépendances entre nature et société (la manière dont on pose les problèmes) et vers la structuration de formations pédagogiques à la hauteur de ce changement de paradigme (la manière dont on répond à ces nouveaux problèmes).

Ce projet d’enquête sur l’interdisciplinarité dans la recherche et l’enseignement supérieur en écologie repose sur trois séries d’objectifs – réflexifs, éducatifs et prospectifs.

 

Meth’InTerE, Pascal Grouiez, UP et Gwenaël-Ruprich Robert, UP

L’objectif du projet Meth’InTerE (Méthanisation, Innovations et Territoires Écologiques), est d’engager une démarche interdisciplinaire associant chercheur·ses issu·es des sciences sociales (économie, géographie et sciences politiques) et des sciences expérimentales (biologie et chimie) afin d’identifier les leviers technologiques, économiques, géographiques et politiques à activer pour proposer des solutions innovantes aux contradictions de la méthanisation française entre processus d’industrialisation et maintien de son caractère d’énergie verte.

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MAY'VOLCANO, Marion Le Texier, CIST et Maud Devès, UP (IPGP)
Le projet MAY’VOLCANO (The birth of a volcano: from the natural phenomenon to the public event) entend analyser le contexte de production, de diffusion et de réception des données, méthodes et résultats scientifiques au cours d’une crise environnementale subite : la naissance d’un nouveau volcan au large de Mayotte. Nous proposons plus spécifiquement de comparer les éléments constitutifs de la preuve et de l’incertitude scientifiques avec ceux retranscrits dans la presse locale et nationale ainsi que dans la communication officielle des autorités publiques.
Les questions scientifiques soulevées par le projet sont plurielles : comment les médias et les autorités publiques en charge du risque accèdent aux éléments scientifiques ? Comment les comprennent-ils ? Comment les filtrent-ils et les traduisent-ils au public ? Les interactions avec les médias et les autorités publiques influencent-elles le travail scientifique ? Plus globalement, l’histoire de la naissance du volcan est-elle reconstruite de la même manière, selon la même chronologie, par les trois ensembles d’acteurs ?
 

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