Projets financés
Depuis 2019, le Centre des Politiques de la Terre finance la recherche inter- et transdisciplinaire via des appels à projets !
© Zoé Sauvage
AAP AXE 1 | 1ère édition – 2026/2027
Des géosystèmes aux socio-géosystèmes
Rappel du contexte de l’appel
Le Centre des Politiques de la Terre (CPT) vise à développer une communauté de recherche inter- et transdisciplinaire aux facultés de l’Université Paris Cité et à l’IPGP autour des enjeux de l’Anthropocène et de l’habitabilité terrestre. L’axe 1, « des géosystèmes aux socio-géosystèmes », se consacre à l’étude des objets hybrides (volcans, failles, dunes, lacs, océans, aquifères, permafrost, rivières et bassins versants), en intégrant les dynamiques naturelles et sociales qui les traversent.
Les travaux se déploient notamment autour de la zone critique, cet espace où la vie émerge et où s’entrecroisent les processus géologiques, biologiques et sociaux, et autour des crises, catastrophes et risques dits « naturels », analysés dans leurs dimensions scientifiques, sociales, historiques et politiques.
Cet axe place au centre la nécessité de dépasser les dualismes (nature/société, données objectives/expériences vécues, risques naturels/construits) et d’expérimenter de nouvelles formes de recherche réellement interdisciplinaires.
Dans ce contexte, l’objectif de l’appel était de soutenir des projets :
- Encourageant la collaboration entre sciences de la Terre et SHS, et valorisant les apports spécifiques des SHS ;
- Favorisant la co-construction des hypothèses, des outils de recherche et des protocoles de terrain entre disciplines ;
- Formant les jeunes chercheur·es à l’interdisciplinarité ;
Dans ce cadre, 4 projets ont été financés par le Centre des Politiques de la Terre :
nanoFONTAINE | Nanoparticules dans l’eau des fontaines publiques parisiennes : Caractérisation, dynamiques spatio-temporelles et perceptions des usagers
Le projet nanoFONTAINE étudie la présence de nanoparticules métalliques dans l’eau des fontaines publiques parisiennes afin de mieux comprendre les enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux liés à l’accès à l’eau potable en milieu urbain. Porté conjointement par des chercheurs en géochimie de l’IPGP et en sociologie du CERMES3 — mais aussi en partenariat avec Eau de Paris —, le projet analyse environ cent fontaines réparties dans les vingt arrondissements et alimentées par les quatre grandes unités de distribution de la capitale. Les chercheurs ont pour objectif de caractériser la composition, la taille et l’origine des nanoparticules métalliques présentes dans l’eau — notamment le fer, le cuivre, le zinc ou le plomb —, susceptibles de provenir des canalisations, des infrastructures ou des eaux sources. Les analyses mobilisent des techniques avancées de nanogéochimie, de cartographie et d’apprentissage automatique afin d’identifier les variations spatiales et saisonnières de ces contaminants émergents. En parallèle, une enquête sociologique menée auprès des usagers des fontaines explore les perceptions de la qualité de l’eau, les pratiques d’usage et les formes de confiance ou de méfiance envers l’eau publique. En croisant données scientifiques et expériences sociales, nanoFONTAINE ambitionne de produire des recommandations utiles aux politiques publiques, de renforcer la confiance dans l’eau potable urbaine et de contribuer à la réduction de la consommation de bouteilles plastiques grâce à une meilleure connaissance des infrastructures d’eau publique.
Observatoire participatif de la qualité de l’environnement à Jacqueville
Ce projet d’observatoire participatif a pour objectif de documenter sur le long terme les transformations environnementales, urbaines et sociales d’un territoire littoral particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique et à l’urbanisation rapide du Grand Abidjan. Situé entre l’océan Atlantique et la lagune Ébrié, ce géo-sociosystème est simultanément en proie à la pollution, aux risques d’inondation, à la dégradation des écosystèmes, à la pression foncière et aux conflits autour des ressources naturelles. L’observatoire, porté par Laurent Bazin et l’Institut universitaire du Sud, repose sur une approche interdisciplinaire associant anthropologie, géographie, écologie, hydrologie et sociologie environnementale. Il entend créer une plateforme collaborative réunissant chercheurs, collectivités locales, associations, pêcheurs, agriculteurs et habitants afin de produire des données partagées sur la biodiversité, les pollutions, les dynamiques urbaines et les risques hydroclimatiques. Le projet prévoit notamment la mise en place d’un géoportail interactif, d’ateliers participatifs, de dispositifs de mesure environnementale et de programmes de suivi écologique des forêts marécageuses et des lagunes. Pensé comme un outil de médiation et d’aide à la décision, l’observatoire vise à renforcer la concertation territoriale et à accompagner des formes de développement plus durables et résilientes.
Respirons ! Détection des sources de particules fines métalliques à proximité́ des écoles du grand Paris : transformer les pratiques de surveillance environnementale.
Le projet RESPIRONS ! vise à mieux identifier les sources de pollutions aux particules fines métalliques autour des écoles du Grand Paris en combinant sciences environnementales, innovations analytiques et recherche participative. Porté par une équipe interdisciplinaire réunissant géosciences, sociologie et spécialistes des sciences participatives, il s’appuie sur l’utilisation originale de l’écorce de platane comme capteur passif de pollution atmosphérique. Grâce à la collecte de centaines d’échantillons réalisée avec des associations citoyennes, le projet cherche à cartographier l’exposition des enfants aux nanoparticules métalliques issues notamment du trafic routier et du chauffage au bois. Les analyses croisent magnétisme environnemental, géochimie et apprentissage automatique afin de distinguer précisément les différentes sources de pollution. Au-delà de la dimension scientifique, RESPIRONS ! développe une démarche de co-construction avec les collectifs citoyens à travers ateliers, restitutions publiques, cartes interactives et débats territoriaux. L’objectif est de transformer les pratiques de surveillance environnementale en produisant des connaissances accessibles, utiles à l’action publique locale et à la sensibilisation des habitants. Le projet ambitionne enfin de structurer un réseau pérenne de surveillance participative pouvant être étendu à l’échelle européenne.
Le voyage d’un techno-fossile
Le projet « Le voyage d’un techno-fossile » explore l’origine, la circulation et les significations sociales d’étranges fragments flottants retrouvés depuis plusieurs années sur les côtes aquitaines et vendéennes. D’abord interprétés comme des ponces volcaniques issues d’éruptions sous-marines lointaines, ces objets ont révélé, grâce à des analyses géochimiques, magnétiques et microscopiques, une origine anthropique inattendue. Les recherches orientent désormais vers les anciennes « plages cimentées » de Biscaye, formées par l’accumulation massive de déchets sidérurgiques rejetés au XXe siècle par les hauts-fourneaux d’Altos Hornos de Vizcaya. Véritables « techno-fossiles » de l’Anthropocène, ces dépôts témoignent de la capacité des activités industrielles humaines à produire des formations géologiques imitant les processus naturels. Le projet associe sciences de la Terre, modélisation océanique, histoire environnementale et ethnographie afin de reconstituer les trajectoires de ces fragments, mesurer leur dissémination marine, analyser leur composition et étudier les perceptions sociales liées à leur présence sur les plages. Les chercheurs s’intéressent également aux mémoires industrielles et aux logiques économiques ayant permis l’accumulation de millions de tonnes de déchets dans l’environnement côtier. En articulant analyses scientifiques et approches en sciences humaines et sociales, ce travail interdisciplinaire propose une réflexion originale sur les héritages matériels de l’Anthropocène, les formes contemporaines de pollution littorale et les relations ambiguës entre sociétés humaines, paysages et déchets industriels.
AAP CPT | 2nde édition – 2023/2024
Habiter au cœur des déséquilibres planétaires
Confronté aux aggravations et aux multiplications des bouleversements écologiques, le Centre des Politiques de la Terre vise à fabriquer des savoirs aux fins d’interroger les transformations de l’habitabilité terrestre au regard des limites planétaires. À partir de la notion d’« habitabilité terrestre », renvoyant à l’interstice entre les limites matérielles favorisant les milieux de vies et les conditions politiques, sociales et économiques de reproduction du vivant (Blanc et al., 2022, p. 10), il cherche à promouvoir des collaborations inédites entre sciences naturelles & expérimentales, sciences sociales & humaines, sciences de la santé & de la médecine, acteur·rice·s collectifs & publics et « habitant·e·s » afin d’imaginer des manières de préserver l’habitabilité des milieux de vies à l’âge des déséquilibres planétaires.
Quelles dynamiques scientifiques, politiques et économiques de la « soutenabilité » engendrent les diverses manières d’habiter les milieux de vies en tension entre les « fondations sociales » et les limites planétaires ?
NAPALAIR
Nappe à l’air : recherche participative en basse Ariège
SYMBIORAMA
Symbiorama est un lieu de rencontre, entre une autrice et des chercheur.euses dans leurs laboratoires d’écologie, autour d’un sujet central : la symbiose.
MethaTransferts
Méthanisation et usage du digestat : enjeux agroécologiques et d’habitabilité des transferts des connaissances citoyennes, agricoles et scientifiques.
Insulibre
Production et diffusion en accès libre de micro-organismes produisant de l’insuline.
SLOW : Social Life Of Water data
La vie sociale des données sur l’eau dans les Suds. Production, interprétations et circulations des données sur les milieux aquatiques pollués (Côte d’Ivoire, Guyane Française, Colombie).
AAP CPT | 1ère édition – 2019/2022
Terra Forma
Dans les cartes, les données sont essentielles. Et pour produire ces données, il faut décrire, enquêter. Afin de récolter ces données permettant de répondre à la question : « quelles formes de cartographies cosmopolitiques ? », le projet Terra Forma...
CREATION
Recherche-Création pour une co-production de savoirs citoyens Duo dansé par Darious Ghavami et Maurice du ShanjuLab, Gimel, Suisse. © Victoria Grin. CREATION interroge la production de connaissances à l’interface entre habitant.e.s,...
Responsiveness®
The main issue of the Responsiveness project is that of the transition, adjustment and sensitivity of knowledge to decision in all its forms. Indeed, the English term responsiveness translates a form of responsibility, understood as sensitivity, adjustment...
Valorisation des Données
Le projet s’attache à la mission d’appui des sciences aux politiques publiques, que ce soit sur l’observation et la surveillance des phénomènes, la réalisation d’études méthodologiques et de synthèses, l’expertise indépendante et la...
CIRESE
Les bouleversements socio-climatiques en cours et à venir imposent des transformations profondes et multiples à l’ensemble de nos sociétés. Dans ce contexte, une connaissance critique de la place qu’occupe l’interdisciplinarité dans l’enseignement...
Meth’InTerE
L’objectif du projet Meth’InTerE (Méthanisation, Innovations et Territoires Écologiques), est d’engager une démarche interdisciplinaire associant chercheur·ses issu·es des sciences sociales (économie, géographie et sciences...
MAY’VOLCANO
Le projet MAY’VOLCANO (The birth of a volcano: from the natural phenomenon to the public event) entend analyser le contexte de production, de diffusion et de réception des données, méthodes et résultats scientifiques au cours d’une...