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PENSER ET PRATIQUER LE COMPARATISME APRES DETIENNE

Séminaire ATE 2026-2027
 
À partir de l’ouvrage dans lequel Marcel Detienne nous suggérait de « comparer l’incomparable », le nouveau séminaire ATE propose des interrogations épistémologiques et critiques sur les approches comparatistes . Le travail de Detienne sur le comparatisme en anthropologie culturelle et sociale et singulièrement en anthropologie historique fonde une méthode à laquelle les études comparatistes reviennent avec régularité. La comparaison est indispensable en particulier aux historiennes et historiens de l’Antiquité gréco-romaine, dans la mesure où ils se trouvent face à des textes et des images dont le contexte ethnographique (pratiques rituelles, religieuses, politiques) manque : la comparaison leur permet de restituer à l’objet poétique ou iconique l’épaisseur d’une pragmatique.
 
Vingt-cinq ans plus tard, que sont devenues les propositions de Detienne ? Quelle pertinence et quelles éventuelles limites montrent-elle dans le champ des études de l’Antiquité ? Comment ont-elles été reçues dans le domaine des études littéraires qui intègrent l’Antiquité comme objet ? Et finalement que faire du projet et de la méthode comparatiste aujourd’hui ? L’élaboration d’un « comparatisme différentiel » qui s’attache à distinguer les époques et les lieux, développé notamment par Ute Heidmann en littérature comparée et également défendu par Luciano Canfora pour penser le lien entre « nous et les anciens » en dehors de la recherche d’une prétendue « identité », ou encore d’un comparatisme de l’écart (Florence Dupont), confrontant l’Antiquité gréco-latine à d’autres cultures pour déconstruire les évidences de la pensée européenne, suffit-elle à conjurer dans la pratique l’universalisme que suppose encore trop souvent le geste comparatiste ? Près de dix ans après la parution des actes d’un congrès proclamant « le comparatisme comme approche critique », et notamment du premier volume « Affronter l’Ancien », que sont devenues les pistes ouvertes par ces six volumes représentant un répertoire pour le comparatisme, donnant à lire la variété, mais aussi parfois le bricolage, qui caractérisent les approches comparatistes ? À travers quelles méthodologies les « partages de l’Antiquité » sont-ils pensés aujourd’hui ?
 
Grands Moulins, 6e étage, 18h-20h
Université Paris Cité, Site des grands moulins, 
Rue Thomas Mann, Paris 13e
(métro Ligne 14, Bibliothèque François Mitterand) 
 
Séance 1 – Décentrer la réception des textes antiques : perspective comparatiste et épistémologies féministes
17 novembre 2026
Cassandra Martigny (Université de Strasbourg) 
 
Séance 2 – Hymnes homériques et « mythologies » japonaises
8 décembre 2026
Laura Massetti (Università degli studi di Napoli « L’Orientale »)
 
Séance 3 – Comparer les comparatismes
19 janvier 2027
Philippe Descola (Collège de France, EHESS)
 
Séance 4 – « sagashkau : abietibus testa consita » : le latin comme outil de comparaison dans les lexiques des langues autochtones de Nouvelle-France
2 février 2027
Jean-François Cottier (Université Paris Cité, IUF)
 
Séance 5 – Le parallèle des spectacles de France et d’Asie : usages d’une comparaison aux XVII* et XVIII*s.
30 mars 2027
Fabien Cavaillé (Université de Caen Normandie)

 
Séance 6 – Titre à préciser
27 avril 2027
Anne Tomiche (Sorbonne Université) 
 
Séance 7 -Situer les dieux dans l’environnement ‘naturel’ ? Esquisse d’un projet comparatiste à partir du polythéisme grec antique (projet ERC POLYBOTA)
25 mai 2027
Alessandro Buccheri (EPHE, ANHIMA)
 
Séance 8 – L’Âne d’or, un classique nord-africain ? Des études de réception à l’écart ethnopoétique
8 juin 2027
Carole Boidin (Université Paris Nanterre)
 

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