Quand

Vendredi 21 avril de 9h à 18h

Salle Pierre Albouy, Grands Moulins

Journée d’études de l’Axe EMOI, organisée par Jeanne Bacharach, Marc Goldschmit et Evelyne Grossman.

 

Christine Herzer, Consolation, 2021

Présentation

Cette journée d’études, au croisement des arts, de la littérature et de la philosophie, interrogera la notion de désorientation. Orienter, à l’origine, signifiait disposer (une église, une abside) face à l’orient, l’autel tourné vers l’est (vers Jérusalem).

Dans nos sociétés désacralisées, l’orientation est plus communément scolaire, professionnelle, voire politique ou sexuelle. Elle s’entend dès lors négativement : difficulté à se situer, perte des repères. Ainsi la désorientation spatio-temporelle s’inscrit-elle parmi les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés.

Autre diagnostic, celui d’Alain Badiou : dans un opuscule récent (Remarques sur la désorientation du monde, « tracts », Gallimard, 2022, 52p), il nomme « désorientation » un déficit contemporain de la vérité au profit des opinions, un brouillage général des valeurs. La fameuse question kantienne (« Comment s’orienter dans la pensée ? ») serait-elle devenue caduque ? Fustigeant le primat actuel d’une contestation sans horizon créateur, Badiou en appelle à une résistance s’inscrivant dans la « réorientation communiste ».

D’autres encore soulignent que les extrémismes ont historiquement prospéré dans les époques de forte désorientation existentielle et politique dans la mesure où, en réponse au déracinement et aux vies aliénées, ils proposent les repères univoques de mythes consolateurs.

Pourtant, au-delà de ces postulats philosophico-politiques, peut-on concevoir une désorientation créatrice ? Ainsi par exemple la plasticienne Tatiana Trouvé invitait récemment à une traduction poétique et plastique de la désorientation dans son grand atlas de la désorientation au Centre Pompidou (8 juin – 22 août 2022). « L’art désoriente, explique-t-elle, parce qu’il nous invite à penser autrement, à partir du déplacement de nos repères. »

La question à laquelle à notre tour nous voudrions inviter serait celle-ci : peut-on imaginer un art contemporain (terme englobant ici la littérature, la poésie, la musique, la danse, les arts vivants et plastiques) d’ordinaire réputé pour sa capacité à nous déstabiliser qui nous permette non seulement d’affronter la désorientation du monde mais d’en extraire un principe de vie et de création.

Outre des universitaires, Interviendront des poètes, artistes, spécialistes de musique et de danse.

Programme

Matinée

9 h 30 : Accueil des participants

10 h – 10 h 15

Introduction à la journée, Evelyne Grossman

10 h 15 – 10 h 45

« La désorientation de l’art dans la pensée de Lyotard », Marc Goldschmit

10 h 45 – 11 h 15

« Musiques imprévisibles : le chaos pour programme » David Christoffel

11 h 15 – 11 h 45

« Suzanne Doppelt : le sens de la désorientation » Jeanne Bacharach

Discussions

12 h 30 – 14 h : Déjeuner

Après-midi

Présidence, Jeanne Bacharach

14 h – 14 h 30 :

« Comment vivre ? / En cours (Mots, Couleurs, Questions) » Christine Herzer

14 h 30 – 15 h :

« Ciel sans prise » Esther Tellermann

15 h – 15 h 30 :

« Ça ne regarde plus » Stéphane Bouquet

Discussions et Pause

Présidence, Marc Goldschmit

16 h 15 – 1 6 h45 :

« La désorientation, entre film et dessin »

« La maison de M. Hulot par Pierre Etaix » Emmanuelle André et Joséphine Jibokji

16 h 45 – 17 h 15 :

« Écouter les voix minorées : la désorientation palimpsestuelle comme écologie poétique de la cohabitation » Elsa Tadié

17 h 15 – 17 h 45 :

« Créer avec la désorientation : Poe, Elias, Calder, Kentridge » Isabelle Barbéris

Conclusions

N.B. Les interventions sont de 20 mn suivies de 10 mn de discussion

Contact

evelyne.grossman@wanadoo.fr

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