Le projet européen RAMP, coordonné par l’Inserm en partenariat avec la Faculté de Santé, franchit une étape majeure avec la signature de son accord de financement (grant agreement). Face à la montée de la résistance en Afrique, ce consortium international va évaluer le ravidasvir (un médicament de l’hépatite C) pour renforcer les traitements antipaludiques actuels et bloquer la transmission au moustique.
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Un consortium international réuni face au défi de la résistance antipaludique
Le projet RAMP (Ravidasvir Against Malaria Parasites) s’inscrit dans un contexte critique : l’émergence en Afrique d’une sensibilité réduite aux combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA). Pour préserver l’efficacité de ces traitements vitaux, ce projet d’envergure, coordonné par le Pr Pierre Buffet (Equipe BioTiGR au sein de l’Unité BIGR de l’Inserm-UPC) et secondé par le Dr Valentin Joste (Inserm), également chercheurs dans ce projet, bénéficie du soutien financier du programme européen Global Health EDCTP3. La direction scientifique est assurée par la Dre Oumou Maiga-Ascofare (KNUST/KCCR, Ghana), tandis que la gestion opérationnelle et la coordination globale est faite par Valentine Legrand, Project Manager. Le consortium rassemble des partenaires scientifiques et médicaux majeurs d’Europe et d’Afrique, incluant l’Inserm, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), le CNRS, EPICENTRE, ainsi que plusieurs universités et centres de recherche au Mali, au Gabon, en Ouganda et en Allemagne, soutenus par l’industriel Pharco Pharmaceuticals.
Le ravidasvir : un repositionnement médicamenteux prometteur pour bloquer la transmission
L’innovation du projet repose sur l’évaluation du ravidasvir, une molécule antivirale initialement développée contre l’hépatite C par DNDi et Pharco Pharmaceuticals. Déjà approuvée en Malaisie et testée chez l’humain avec un excellent profil de tolérance, cette molécule présente la particularité de rigidifier les globules rouges infectés par les gamétocytes, stade parasitaire transmis au moustique, en facilitant ainsi leur élimination par l’organisme. L’équipe de recherche vise à évaluer l’efficacité de son association avec un traitement existant (dihydroartémisine-pipéraquine) pour former une « triple combinaison » (triple-ACT). Cette stratégie combinée vise à la fois à éliminer les parasites chez les patients — en particulier les enfants, population la plus vulnérable — et à bloquer le passage du parasite vers les moustiques vecteurs.
Une accélération de la recherche clinique au bénéfice des populations africaines
L’un des atouts majeurs de cette démarche réside dans le repositionnement d’un médicament déjà homologué, une approche qui accélère les phases de développement réglementaire. Les essais cliniques de phases II et III prévus dans le cadre de RAMP permettront de générer des données de tolérance et d’efficacité de haute qualité. Comme le soulignent les chercheuses et chercheurs de l’Inserm et leurs partenaires africains, la mobilisation conjointe des institutions de recherche européennes et africaines constitue une étape décisive pour déployer rapidement une nouvelle arme thérapeutique et ralentir la propagation des résistances sur le continent.
« La résistance partielle aux médicaments à base d’artémisinine est une préoccupation croissante. Si nous n’agissons pas dès maintenant, les médicaments utilisés pour traiter et lutter contre le paludisme pourraient perdre toute efficacité. Il serait alors difficile de traiter le paludisme, ce qui aurait des conséquences dévastatrices. » Dr. Joste Valentin, PhD, PharmD (Inserm)
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