Quand

7 avril, 11 mai, 2 juin et 15 novembre de 18h à 20h

Halle aux Farines 
Salle 306B

Cycle de lectures et rencontres 2022 de l’axe Décentrement lyrique. Organisé par Camille Bloomfield, Marik Froidefond et Cyril Vettorato.

Présentation

Plus on proclame sa mort, plus la poésie existe. Elle investit de nouveaux médiums et de nouveaux lieux, se fait plurilingue, multimédia, sociale, bruyante, musicale… Le cycle de lectures et de rencontres Poésie en cours a été imaginé comme une fenêtre sur ce champ en perpétuelle réinvention, trop remuant pour qu’il nous soit possible de le cartographier de façon exhaustive. Au fil des séances, qui s’articuleront autour de lectures poétiques et de discussions avec les personnes invitées, nous découvrirons des voix qui conjuguent l’écriture poétique au présent. Comme autant de filets jetés à la mer, chaque séance consacrée à l’une des facettes de la création poétique actuelle partira à la recherche de quelques unes des voix qui la composent, avec un effort tout particulier pour faire entendre des voix émergentes.

Programme

Séance 1 : 7 avril 2022

Avec Martin Rueff
Animée par Camille Bloomfield, Gabriel Meshkinfam et Dominique Rabaté

Présentation de la séance

Martin Rueff est professeur de littérature française du 18e siècle et d’histoire des idées à l’université de Genève. Poète, critique, philosophe et traducteur il a publié en 2018 : Foudroyante pitié, Aristote avec Rousseau, Céline avec Bassani et Ungaretti ; À coups redoublés, anthropologie des passions et doctrine de l’expression chez Jean-Jacques Rousseau (Mimésis éditions). Comme traducteur il est attelé à la retraduction d’Italo Calvino pour les éditions Gallimard. Il a ainsi fait paraître entre 2017 et 2018 sa retraduction de la trilogie des ancêtres : Le baron perché, Le vicomte pourfendu et Le cavalier inexistant. Il traduit aussi Giorgio Agamben et Carlo Ginzburg. Il est président de la Société Jean-Jacques Rousseau (Genève) et a édité deux ensembles de textes de Jean Starobinski sous le titre La Beauté du monde (Paris, Gallimard, Quarto, 2016), et Le corps et ses raisons (Paris, Le Seuil, 2020). Récemment il a postfacé 33 écrits de Jacqueline Risset sur Dante (Nous éditions, 2021) et Feuille de route de Franco Fortini (Nous, 2022). Il est co- rédacteur en chef de la revue Po&sie (Michel Deguy, Humensis). Il a publié plusieurs livres de poésie : les derniers, La Jonction, chez Nous en juin 2019, Verticale Ponte, chez Modo infoshop, Bologna, septembre 2021.

Il fait sienne cette conviction de William Carlos Williams dans Paterson (dans la traduction d’Yves di Manno) :

The province of the poem is the world./When the sun rises, it rises in the poem and when it sets darkness come down/ and the poem is dark.(Le monde est le lieu d’élection du poème./ Quand le soleil se lève, il se lève dans le poème/ et quand il se couche l’obscurité descend/et le poème s’assombrit.)

Il fait siens aussi ces doutes :

So much talk of the language – when there are no ears. (On parle tant du langage – alors qu’il n’y a personne pour entendre.)

Et :
Beauty is feared / more than death, more than they fear death. (La beauté est plus redoutée / que la mort, plus que la mort n’est redoutée.)

Séance 2 : 11 mai 2022

Avec Souad Labbize et Rita Baddoura
Animée par Ryme Ouanane, Francesca Tumia et Cyril Vettorato

Autrice de plusieurs recueils de poèmes, de récits, d’un roman et d’une anthologie poétique, Souad Labbize a reçu le Prix de la poésie Méditerranée 2020 pour Je franchis les barbelés (Bruno Doucey, 2019). Si la question de la liberté des femmes est au cœur de sa trajectoire, son parcours et de ses textes, Souad Labbize cherche à conjuguer, entre intime et collectif, les trames de diverses histoires afin de mettre des mots là où règne le silence, à l’encontre de toute violence exercée par un individu ou un système, qu’il s’agisse notamment de défaillances psychoaffectives, de patriarcat, de colonialisme, ou de religion. La pensée de Labbize et sa pratique de l’écriture sont empreintes de l’attention qu’elle porte au monde, de sa passion pour les arts et pour l’alchimie de la cuisine, et de la ferveur de son engagement. Elle est aussi traductrice littéraire arabe français.

Ritta Baddoura, née au Liban en 1980, écrit en français. Ses ouvrages de poésie ont été publiés au Liban, en France et en Belgique, et son écriture traduite en plusieurs langues pour des revues et des anthologies. Parler étrangement, paru chez L’Arbre à Paroles (collection iF, 2014) reçoit le prix de poésie « Max Jacob » en 2015. Dans sa poésie, Ritta Baddoura explore l’expérience de l’étrangeté, de l’attente, du mouvement, et du silence puis des retrouvailles avec la langue. A travers son exploration de la langue, elle parcourt « ce qui fait advenir la poésie dans une démarche sensorielle […]. Le lien entre la langue et la mort […] paraît aussi inextricable que celui entre la poésie et l’enfance » (F. Tumia, Il Tolomeo, 12/2016). Ses lectures ont un climat de présence et explorent parfois, en solo ou avec des musiciens, les rencontres entre texte, oralité, son et mouvement. Ritta Baddoura rédige des chroniques dans L’Orient Littéraire. Elle a également un parcours de psychologue. En mai 2022, elle publie un nouveau recueil à l’Arbre à paroles (collection iF) : Désaltère.

 

Séance 3 : 2 juin 2022 – « Instapoésies » 

Avec Rim Battal, Mélanie Leblanc et Louis Haëntjens, alias Dorsène (@Dorscene)
Animée par Camille Bloomfield et Killian Provost

Présentation de la séance

Poète et artiste, formée au journalisme et à la photographie à L’institut supérieur de l’information et de la communication de Rabat et diplômée de l’ESJ de Paris, Rim Battal propose un nouveau modèle de femme, d’amour et de corps politique à travers les mots, la performance et les arts visuels. Elle a publié de nombreux ouvrages de poésie parmi lesquels figurent Les quatrains de l’All inclusive, paru aux éditions Le Castor astral en 2021, et L’eau du bain, éditions Supernova, primé par le CoPo, prix décerné par La Factorie, Maison de poésie en Normandie. Mine de rien est son dernier ouvrage en date. Il est paru en Poche chez Le Castor Astral en février 2022 et il est préfacé par Arthur H. Rim Battal co-dirige, avec Zoé Besmond de Senneville et Laura Lutard, Le Bordel de la Poésie.

Née à Casablanca en 1987, Battal vit et travaille à Paris depuis 2013.

Instagram : @rimbattal

www.rimbattal.com

Mélanie Leblanc est née en 1980 et vit en Normandie. Elle est publiée au Castor astral (Le Labyrinthe des jours), chez les Venterniers (Ephéméride, Des étoiles filantes, Quand mon coeur, Les gens qui osent, Le manifeste du Nous), chez Cheyne éditeur (Des falaises) et les éditions Derrière la salle de bain (traduction de poèmes de Karen Dalton, Presque je vole). Son exposition personnelle au musée Mallarmé inclut des œuvres plastiques, sonores et vidéo : relier-musee-mallarme.com

Elle partage ses poèmes dans le cadre de lectures qui peuvent être musicales, dessinées ou soufflées sous le dôme à poèmes qu’elle a construit. Elle enseigne à mi-temps la littérature et le cinéma.

Site : melanieleblanc.fr

Instagram : @melanie___leblanc

Louis Haëntjens arpente les festivals sous le pseudonyme Dorsène pour y mettre en scène des textes où le son, la vidéo et la voix participent d’une même performance poétique. Il est lauréat de la résidence Création en cours des Ateliers Médicis en 2020-2021 et publie régulièrement en revue (Dissonances, L’Epître, l’Allume-feu) ainsi que sur Instagram. Son premier recueil non-numérique, Le ventre de la baïne, sera publié en 2022 aux éditions Le Jardin.

Site : https://dorsene.wordpress.com/

Instagram : @dorscene

Séance 4 : 15 novembre

Présentation de la séance

Avec Nathalie Koble et Cole Swensen
Séance animée par Claire Paulian et Marik Froidefond

Nathalie Koble enseigne la littératurevà l’École normale supérieure de Paris. Ses travaux portent sur la mémoire inventive de la littérature médiévale, et sur la traduction et la pratique de la poésie. Derniers livres parus :
Drôles de Valentines. La tradition poétique de la Saint-Valentin, Genève, Héros limite, 2016.
Donner suite. Les Suites du Merlin en prose : des romans de lecteurs, Paris Champion, 2020.
Décamérez. Des nouvelles de Boccace, Paris, Macula, 2021.
La Dame à la Licorne et le Beau Chevalier, Paris, Phébus, 2021.
Extérieur chambres, Caen, NOUS, 2022

Cole Swensen est l’auteur de 19 recueils de poésie, d’essais, et d’autres écrits, les plus récents étant And And And et Art in Time. Plusieurs volumes ont été traduits en français, dont quatre par Maïtreyi et Nicolas Pesquès ; le plus récent est Poèmes à pied (José Corti, 2021). Elle a également traduit plus de 20 ouvrages français contemporains, poésie et fiction, ainsi que des textes sur l’art contemporain et l’histoire d’art. Elle est professeur au département des arts littéraires de la Brown University aux États-Unis.

Informations pratiques
5 rue Thomas Mann, 75013 Paris

Accès : Métro Ligne 14 / RER C, arrêt Bibliothèque François Mitterrand

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