Une étude menée par l’équipe IMMEDIAB de Nicolas Venteclef, dans le cadre du projet européen Intercept-T2D et publiée dans Cell Metabolism, met en évidence quatre endotypes immunitaires chez les personnes atteintes de diabète de type 2. Ces endotypes, associés à des profils différents de meta-inflammation et de risque cardio-rénal, pourraient contribuer à mieux stratifier les patients et à orienter de futures stratégies thérapeutiques.
© Artem Podrez, Pexels
Quatre profils immunitaires pour mieux comprendre l’hétérogénéité du diabète
Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie hétérogène, dont l’évolution et les complications varient considérablement d’un patient à l’autre. Pour mieux caractériser cette diversité, l’équipe IMMEDIAB, dirigée par Nicolas Venteclef, a utilisé une approche de clustering non supervisé fondée uniquement sur les taux de cellules sanguines inflammatoires mesurés lors de la numération formule sanguine (NFS), un examen clinique de routine. Cette analyse a permis d’identifier quatre endotypes immunitaires distincts, stables et reproductibles : le SIND (Severely Inflammatory Diabetes), caractérisé par une forte inflammation ; le MIND (Mildly Inflammatory Diabetes), associé à une faible inflammation ; le LYRD (Lymphocyte-Rich Diabetes), marqué par une forte proportion de lymphocytes ; et le LYDD (Lymphocyte-Deficient Diabetes), caractérisé par une diminution des lymphocytes.
Des profils inflammatoires associés à des risques différents
L’étude montre que ces endotypes ne sont pas seulement définis par des signatures biologiques : ils sont associés à des trajectoires cliniques différentes. Les profils SIND et LYDD, tous deux caractérisés par des composantes pro-inflammatoires, sont associés à des risques plus élevés de complications cardiovasculaires et rénales, ainsi qu’à une mortalité accrue.
Pour le groupe SIND, les chercheurs ont notamment mis en évidence l’activation d’un programme inflammatoire distinct au niveau des monocytes, ainsi que des altérations de l’état des lymphocytes. Ces résultats suggèrent que certaines dérégulations du système immunitaire pourraient directement contribuer aux complications observées chez une partie des patientes et des patients atteints de DT2.
Vers une médecine plus personnalisée du diabète
Au-delà de la description de ces quatre profils, l’étude apporte également des éléments sur les possibilités de modifier ces états inflammatoires. Les auteurs montrent notamment que l’antagonisme de l’IL-1β, une cytokine impliquée dans l’inflammation, ainsi que la chirurgie métabolique, peuvent atténuer le profil inflammatoire associé à l’endotype SIND.
Ces résultats ouvrent ainsi de nouvelles perspectives pour intégrer le profil immunitaire dans la prise en charge du DT2. À terme, l’identification des endotypes immunométaboliques pourrait contribuer à mieux stratifier les risques, à identifier les patientes et les patients les plus susceptibles de développer certaines complications et à développer des stratégies thérapeutiques davantage ciblées.
À lire aussi
Ciné-Club Barberousse – Médecine et soin au cinéma
Cette année marque les 10 ans d’existence du Ciné-club Barberousse. Médecine et soin au cinéma, qui mobilise les ressources du cinéma pour rendre sensibles les enjeux psychiques, éthiques, sociaux et politiques du soin, au sens le plus large du terme (ni exclusivement...
L’Université Paris Cité au salon EAIE 2026 à Glasgow
Lutte contre le paludisme : le projet RAMP vise à bloquer la transmission du parasite
Le projet européen RAMP, coordonné par l’Inserm en partenariat avec la Faculté de Santé, franchit une étape majeure avec la signature de son accord de financement (grant agreement). Face à la montée de la résistance en Afrique, ce consortium international va évaluer...