La thrombopénie induite par l’héparine (TIH) est une complication de l’hémostase, les phénomènes physiologiques qui concourent à la prévention et à l’arrêt des saignements, entraînant des thromboses après une exposition à l’héparine. L’équipe « Endothéliopathie et troubles de l’hémostase » du Paris Centre de Recherche Cardiovasculaire (UMRS 970 PARCC), dirigée par le Pr David Smadja, a publié en février 2025 deux articles importants à propos d’une possibilité de traitement sans anticoagulant.
© Freepix
La thrombopénie induite par l’héparine (TIH) et la VITT
La thrombopénie induite par l’héparine (TIH) est une complication sanguine qui provoque des caillots après l’administration d’héparine, un anticoagulant. Elle est caractérisée par une diminution des plaquettes et la présence d’anticorps spécifiques. En 2021, une autre maladie rare, la « Vaccine-Induced Immune Thrombosis and Thrombocytopenia » (VITT), a été découverte après la vaccination contre la COVID-19 avec des vaccins à adénovirus. Contrairement à la TIH, la VITT est causée par des anticorps anti-PF4 différents, qui activent les plaquettes sans besoin d’héparine.
Deux nouvelles études sur les anticorps anti-PF4/H
En février 2025, l’équipe « Endothéliopathie et troubles de l’hémostase » du Paris Centre de Recherche Cardiovasculaire (UMRS 970 PARCC), dirigée par le Pr David Smadja, a publié deux études majeures :
Dans sa première étude, publiée dans Research and Practice in Thrombosis and Haemostasis (RPTH), l’équipe du Pr David Smadja a analysé le rôle des anticorps anti-PF4/H durant la COVID-19 et après la vaccination. Grâce à plusieurs collaborations (SARCODO, COVADIS, COVID-HOP, et l’Université de Vienne), elle a confirmé que ni la COVID-19 ni la vaccination ne provoquent une augmentation significative de ces anticorps. De plus, elle a mis en évidence des différences d’activation des plaquettes entre la TIH et la VITT.
Dans sa seconde étude, publiée au New England Journal of Medicine, l’équipe « Endothéliopathie et troubles de l’hémostase » a étudié cinq patients dans plusieurs pays (France, Espagne, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Canada) atteints d’une maladie sanguine appelée gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS). Ces patients présentaient des caillots sanguins inhabituels et une diminution des plaquettes. L’analyse a révélé la présence d’anticorps anti-PF4 actifs, permettant d’identifier une nouvelle maladie : les gammapathies monoclonales thrombotiques de type VITT-like.
Implications et perspectives
Ces patients, plus jeunes que ceux atteints de MGUS classique, développent des anticorps prothrombotiques similaires à ceux de la VITT après vaccination. Il est donc crucial de rechercher ces anticorps en cas de caillots sanguins associés à une baisse des plaquettes pour mieux diagnostiquer et traiter ces troubles.
À lire aussi
Additifs conservateurs : de nouvelles associations avec le risque de cancer et de diabète de type 2
Deux nouvelles études issues de la cohorte NutriNet-Santé mettent en évidence une association entre une consommation plus élevée d’additifs alimentaires conservateurs et une augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2. Ces travaux ont été menés par...
Prévenir les inégalités de santé : un engagement porté par la chaire Prévention et Précarité en Santé
Créée par la Fondation Université Paris Cité, la Chaire Prévention et Précarité en santé s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à comprendre et réduire les inégalités d’accès à la prévention et aux soins. Portée par l’Université Paris Cité, elle mobilise...
Syndrome coronaire aigu : des premiers résultats prometteurs dans la recherche contre la récidive
À la suite d’un syndrome coronaire aigu (SCA), le risque de récidive d’événement cardiovasculaire majeur (nouvel infarctus, accident coronaire ou décès) est particulièrement élevé. En cause, une inflammation résiduelle ou chronique pour laquelle il n’existe...
[Keynote recherche] Maxence Rateaux – L’angle lambda, de sa mesure clinique à sa perspective en neuro-ophtalmologie
Maxence Rateaux est orthoptiste et maître de conférences à l’Université Paris Cité. Il exerce à l’Hôpital Necker-Enfants Malades et ses recherches portent principalement sur les mouvements oculomoteurs dans les maladies rares en ophtalmologie. Dans sa présentation,...