La BIU Santé a acquis en 2017 une très belle collection de documents en histoire de la santé. Constituée par Georges Flandrin (1934-2021), médecin et hématologue, à partir d’un ensemble hérité de sa famille, celle-ci a été inventoriée et est désormais consultable à la BIU Santé Médecine ainsi qu’à la BIU Santé Pharmacie.

Joseph III Flandrin (1837-1903), pharmacien grenoblois

Vous trouverez à la BIU Santé Médecine un ensemble de diplômes de médecins ou d’autres titres scolaires et universitaires de diverses époques, une collection de manuscrits autographes de médecins, des ordonnances et consultations historiques et de nombreux prospectus médicaux, ainsi que des documents en lien avec la famille Flandrin, comme la correspondance de Joseph IV Flandrin (141 pièces au total, cote Ms 2545).

La BIU Santé Pharmacie conserve quant à elle des cahiers et registres manuscrits de recettes, remèdes, élixirs et onguents du XVIIe au XIXe siècle, des étiquettes de pharmacie, un ensemble de documents consacrés à la préparation pharmaceutique de la Grande Chartreuse, des tickets de balance de pharmacie et de nombreux prospectus pharmaceutiques (866 pièces d’archives, 480 étiquettes pharmaceutiques et 17 manuscrits, cotes Dossier 366, Ms 291 à 307).

Le Fonds Flandrin, conservé à la BIU Santé Pharmacie, rassemble les documents intéressant l’histoire de la pharmacie (cote Dossier 366), la correspondance et les papiers du pharmacien Joseph III Flandrin (cote Ms 251) ainsi que les manuscrits du fonds Flandrin (cotes Ms 291 à Ms 307). Enfin, le « fonds Flandrin. Correspondance et papiers de Joseph III Flandrin (1837-1903) » se compose de lettres échangées entre Joseph et son père durant ses années d’études à Paris de 1861 à 1864 et de sa correspondance avec Adèle Ricard, mère de sa future épouse et fille d’un pharmacien d’officine à Grenoble. Il documente également ses jeunes années au collège du Pont de Beauvoisin puis au lycée de Grenoble, ainsi que la période plus tardive de sa vie, évoquant ses multiples engagements politiques et scientifiques (cote Ms 251).

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Joseph IV Flandrin (1867-1942), médecin et collectionneur

Médecin accoucheur des hôpitaux de Grenoble, Joseph Flandrin (1867-1942) séjourne à Paris de 1890 à 1895 pour parfaire ses études d’obstétrique, sous l’égide de Sevestre et de Pinard. Là, cet amoureux du dessin et de la peinture (il est le frère du peintre Jules Flandrin) se découvre une vocation de collectionneur, qu’il date dans ses carnets de sa première promenade entre le pont Saint-Michel et le Pont-Neuf, le 1er août 1890. Née de la bibliophilie, sa passion s’étend aux affiches, chansons et journaux illustrés. C’est chargé de plusieurs centaines de livres qu’il regagne Grenoble en 1895 pour s’y installer définitivement, après avoir été nommé au concours médecin accoucheur en chef du service d’obstétrique qui venait d’être créé à l’hôpital de la ville.

Il s’installe au-dessus de la pharmacie de son père Joseph III (1837-1903), au 11 place de Grenette. Dès lors, il partage sa vie entre son métier et sa passion des arts et de la collection, qui trouve un second souffle en investissant tous les domaines des activités culturelles de sa terre natale du Dauphinois. La recherche de fragments du passé de Grenoble et de sa région constitue en effet le fil rouge de sa vaste collection de peintures, dessins, gravures, objets d’arts décoratif et populaire, photographies, manuscrits, imprimés, etc. Il œuvre également toute sa vie pour la préservation et la promotion de l’art et du patrimoine régional. Dans cette « chasse aux petites bribes », Flandrin découvre, trop tardivement selon ses dires, l’intérêt singulier des vieux papiers voués à la disparition, mais « où l’on trouve tout à glaner ». Récupérés dans des greniers, achetés au poids chez les papetiers, aux puces ou chez des marchands, « sauvés de la disparition au prix d’un tri au galetas », ils recèlent bon nombre de trésors, dont il consigne la découverte dans son journal.

À la mort de Joseph en 1942, les papiers entrent en déshérence, passant d’un grenier familial à un autre, jusqu’à ce que son petit-fils Georges Flandrin (1934-2021), soucieux de préserver les archives familiales, se penche à son tour sur la collection, à partir des années 1960. Lorsque sa carrière dans les hôpitaux parisiens de Saint-Louis et Necker lui en laisse le loisir, puis pendant sa retraite, il examine, trie, classe et inventorie les papiers, qu’il documente largement. Son travail éclaire sous un jour particulier les relations qu’entretenaient alors marchands et collectionneurs.

Joseph III Flandrin (1837-1903), pharmacien grenoblois

Joseph III Flandrin est l’aïeul du collectionneur de ces documents, Joseph IV Flandrin, évoqué précédemment. Après avoir passé une partie de sa scolarité au collège du Pont de Beauvoisin, puis au lycée de Grenoble, il s’oriente vers des études de pharmacie à l’École supérieure de pharmacie de Paris, de 1860 à 1864. Il effectue son internat à l’hôpital Lariboisière puis à l’Hôtel-Dieu, avant de retourner dans sa région d’origine pour exercer en officine.

À partir des années 1870, il s’engage dans plusieurs sociétés de secours mutuel et participe à diverses commissions municipales portant notamment sur des questions de santé publique, comme le travail des enfants. La BIU Santé Pharmacie conserve sa correspondance de jeune étudiant puis de praticien installé ainsi que de nombreux documents témoignant de ses activités scientifiques et politiques.

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