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Association organisatrice : Antiquité, Territoire des Ecarts
Programme initié par Carole Boidin, Florence Dupont, Tristan Mauffrey, Maxime Pierre et Antoine Pietrobelli.
Site des Grands Moulins, rue Thomas Mann 75013 Paris
(Métro ligne 14, bibliothèque François Mitterrand)
Salle 681 C (Grands Moulins, 6e étage), de 18h30 à 20h30
Et sur zoom à partir du site du Collège International de philosophie : http://www.ciph.org
PROGRAMME
- 8 octobre 2020 : Aurélien Robert (CNRS), « Épicure hérétique »
- 12 novembre 2020 : Ron Naiweld (CNRS), « Le mythe biblique et son usage par quelques rabbins et jésuites »
- 10 décembre 2020 : Fabrizio Speziale (EHESS), « Savants hindous et culture persane : nouvelles perspectives sur la transmission de la médecine galénique en Inde, 17e-19e siècles »
- 14 janvier 2021 : Samra Azarnouche (EPHE – PSL), « Éléments de néoplatonisme dans le zoroastrisme tardo-antique : études préliminaires ».
- 11 février 2021 : Karine Chemla (SPHERE (CNRS &Université Paris Cité), Radcliffe Institute), « Constructions et usages des antiquités : une vue historique et critique depuis les mathématiques »
- 11 mars 2021 : Pascale Ballet (Université Paris Nanterre), « Société(s) d’Alexandrie et multiculturalité. Le poids des images ».
- 8 avril 2021 : Madalina Dana (Université Lyon 3), « Les centres culturels régionaux en Asie Mineure : modélisation des pratiques et adaptations locales ».
- 20 mai 2021 : Cyril Rouanet (Université Paris Nanterre), « L’Asclepius : façon de faire l’Égyptien dans la culture romaine ? »
Programme téléchargeable ici
Les séminaires 2019-2020 sont accessibles en ligne. Cliquez ici
PRESENTATION
L’Antiquité gréco-romaine a souvent été instrumentalisée pour écrire des histoires nationales, impérialistes, et même les études postcoloniales offrent l’exemple de nouvelles formes d’instrumentalisation. Les empires ont légitimé leur domination par l’exemple grec ou romain, tandis que les nationalismes européens ou plus tard des états décolonisés se sont inventé des ancêtres préromains (Gaulois, Germains, Celtibères, Berbères, Phéniciens, etc.), ce qui revenait à faire de la Grèce et de Rome le double épicentre – et l’origine implicite – de leur histoire commune.
Notre projet est d’opposer à ces grands récits identitaires, une Antiquité-monde polycentrée. L’empire grec d’Alexandre, les royaumes hellénistiques puis l’empire romain furent des espaces pluriculturels, pacifiés et mondialisés. À l’opposé de la théorie du « choc des civilisations », il est possible d’envisager ces mondes anciens comme des lieux de perméabilité et de fluidité interculturelles. Les Grecs et les Romains furent en interaction permanente avec leurs voisins égyptiens, puniques, perses, scythes ou indiens. Ce que nous désignons comme grec ou romain est toujours un objet ambivalent qui est le fruit d’une rencontre ou le résultat de métissages.
Dans cette perspective décentrée, le grec et le latin sont une ouverture sur une Antiquité-monde. Les textes des historiens, géographes, ethnographes anciens, mais aussi des poètes et des orateurs ainsi que les sources ethnographiques et archéologiques permettent de déseuropéanniser l’héritage gréco-romain. De cette approche mondialisée découle une attention particulière à la question des syncrétismes, transferts, hybridations, fusions et reconfigurations culturelles dans les pratiques et dans les discours.
Décentrer les études anciennes en les dés-européanisant, suppose de prêter l’oreille à la manière dont on parle aujourd’hui de cette Antiquité depuis l’Afrique, l’Inde, la Chine ou le Japon : quelles images s’y fait-on des Grecs et des Romains et quels usages en fait-on ? Comment notre propre regard s’en trouve-t-il changé ?
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