Une équipe de recherche multidisciplinaire coordonnée par le Pr Cédric Lemogne du service de Psychiatrie de l’adulte de l’hôpital Hôtel-Dieu AP-HP, d’Université Paris Cité et de l’Inserm, a examiné l’association de symptômes persistants avec deux facteurs : la croyance d’avoir été infecté par le coronavirus et une sérologie positive pour SARS-CoV-2.
Après un épisode de COVID-19, de nombreux patients souffrent de symptômes physiques persistants – fatigue, essoufflement, troubles de l’attention, etc. – qui peuvent altérer leur qualité de vie et justifier une prise en charge médicale. Bien que plusieurs mécanismes non exclusifs puissent être en cause, le terme unique de « COVID long » est souvent utilisé pour désigner cette situation clinique.
Pourtant, la persistance de symptômes physiques après la résolution d’un épisode médical aigu est observée depuis longtemps en médecine. Les symptômes décrits par les patients sont par ailleurs d’une grande diversité et assez fréquents dans la population générale. Il est donc possible que certains de ces symptômes aient une autre cause ou ne soient pas spécifiques de l’infection par SARS-Cov-2.
L’équipe de recherche a utilisé les données de la cohorte CONSTANCES, financée par le Programme Investissements d’Avenir, et de l’enquête sérologique SAPRIS (Santé, Pratiques, Relations et Inégalités Sociales en Population Générale Pendant la Crise COVID-19) pour examiner l’association de symptômes persistants avec deux facteurs : d’une part la croyance d’avoir eu un épisode de COVID-19 ; d’autre part une sérologie positive pour SARS-CoV-2. Bien que la sérologie soit insuffisante pour faire un diagnostic à l’échelle individuelle, la probabilité d’avoir contracté le virus est très nettement supérieure chez les personnes ayant une sérologie positive par rapport aux personnes ayant une sérologie négative.
Après prise en compte des deux facteurs simultanément chez plus de 25 000 adultes, les analyses ont montré une association robuste entre cette croyance et seize symptômes sur dix-huit alors qu’une sérologie positive n’était associée qu’à la persistance d’une anosmie, soit le symptôme le plus spécifique de l’infection par SARS-CoV-2.
Cette étude comporte des limites liées à la fiabilité de la sérologie et au caractère observationnel de l’étude. Ces résultats ne remettent pas en cause la réalité des symptômes prolongés dont souffrent les patients mais suggèrent qu’il faut être prudent avant de les attribuer au « COVID long » et que les mécanismes de ces symptômes pourraient ne pas être tous spécifiques de l’infection par SARS-CoV-2.
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