Pour une même performance, une femme est encore jugée comme moins compétente qu’un homme, notamment dans les domaines stéréotypiquement masculins. Cyril Thomas, Maître de Conférences à Université Paris Cité et illusionniste amateur, a participé à une étude européenne qui vient d’illustrer cet effet en étudiant la manière dont des tours de magie, un domaine principalement investi par les hommes, sont évalués.

L’article, publié dans le périodique Social Psychological Bulletin, est accessible en ligne ici https://doi.org/10.32872/spb.v14i3.33574.
L’étude, dirigée à Fribourg par Pascal Gygax, co-directeur de l’équipe de psycholinguistique et psychologie sociale appliquée, résulte d’une collaboration avec Université Paris Cité, l’Université de Goldsmiths à Londres et l’Université de Franche-Comté.
Les stéréotypes s’envolent…
L’équipe de recherche a présenté des tours de magie, en vidéo, à des participantes et des participants. Les scènes étaient filmées uniquement au niveau des mains, de façon à ce qu’on ne puisse pas deviner l’identité de la personne qui les effectue. A la première moitié des personnes interrogées, les tours étaient présentés comme étant effectués par Nathalie et à l’autre moitié par Nicolas. Les résultats montrent clairement que les tours (soi-disant) effectués par Nathalie ont été jugés moins bons et moins impressionnants que ceux effectués par Nicolas.
Comme par magie !
Dans la première expérience de l’étude, 64 personnes ont été testées, dont 33 femmes. Sur l’ensemble, les personnes évaluant Nathalie ont donc jugé les tours comme moins bons que celles jugeant Nicolas. En revanche, lorsque, dans la deuxième expérience, les personnes interrogées ont dû justifier leurs réponses et expliquer comment les tours étaient réalisés, l’effet disparaissait et tous les tours étaient jugés meilleurs que dans la première expérience. Selon les auteurs de l’étude, il est, en effet, plus difficile d’évaluer un tour négativement lorsque nous ne pouvons pas l’expliquer
Pas d’évolution en près de 50 ans
En 1968, une étude menée par Philip Goldberg aux Etats-Unis avait montré un effet similaire en demandant à 40 femmes d’évaluer des articles de journaux, écrits soit par John T. McKay ou Joan T. McKay. Ces nouveaux résultats montrent ainsi qu’un mécanisme discriminant déjà étudié dans les années 1960 est toujours d’actualité en 2019.
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