Gisèle Halimi est une avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne. Animée par une volonté constante de faire évoluer le droit et l’opinion publique, elle a défendu des militants FLN pendant la guerre d’Algérie et s’est battue pour la libéralisation de l’avortement et la criminalisation du viol.

Gisèle Halimi, 2009.

Photo de Marie-Lan Nguyen, CC BY 2.5 via Wikimedia Commons

1927-2020
Française
Avocate, femme politique

Née en Tunisie française en 1927 dans la ville de La Goulette, Gisèle Halimi est une avocate, une militante féministe et une femme politique. Elle est arrivée à Paris en 1945 pour étudier le droit et s’est illustrée au cours de sa carrière par ses plaidoieries en faveur, notamment, des indépendantistes tunisiens et algériens. L’un de ces procès qui a marqué l’Histoire fut celui de Djamila Boupacha, une militante du Front de Libération National (FLN), accusée d’assassinat.

Gisèle Halimi s’est également distinguée dans d’autres affaires en défendant la dépénalisation de l’avortement. Ainsi, lors du procès de Bobigny en 1972 elle assura la défense d’une jeune femme qui avait avorté après un viol. Ce procès permit la reconnaissance du viol comme crime et fut fondateur de la loi Veil de 1975. Engagée en faveur des droits reproductifs des femmes, elle fut notamment la seule avocate à signer le manifeste des 343 et ce malgré les sanctions du Barreau qui pesaient sur elle. Enfin, elle fonda le mouvement Choisir la cause des femmes aux côtés de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, mouvement à l’origine de la campagne pour la dépénalisation de l’avortement.

Ses engagements politiques l’ont conduite à être députée de 1981 à 1984 sous la présidence de François Mitterrand. Durant ces quatre années elle a obtenu le vote d’un article de loi pour l’instauration des quotas de sexe ainsi qu’une loi pour réduire la majorité sexuelle des rapports homosexuels et permettre la dépénalisation de l’homosexualité pour les personnes âgées de plus de quinze ans. Après son mandat elle est devenue l’ambassadrice de la France pour l’UNESCO et s’est engagée à l’international : elle a fondé l’association ATTAC et a intégré le Tribunal Russell sur la Palestine.

Elle est décédée le 28 juillet 2020 laissant derrière elle un ensemble d’ouvrages qui retracent ses procès les plus emblématiques et l’ensemble de sa vie comme Le lait de l’oranger qu’elle écrivit en 1988 ou encore Une farouche liberté publié un mois seulement après sa mort, en août 2020.

Portrait proposé par Lucille Tempéreau, service civique pour la mission ÉgalitéS.

 

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