Le mardi 6 octobre 2026, le Théâtre Municipal de Fontainebleau accueillait l’avant-première de La Vie de Galilée. Cette création, portée par l’Université Paris Cité et la Compagnie Gepetto, a réuni près de 200 spectateurs autour d’une même question : comment continuer à penser par soi-même face aux vérités établies ?

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© Matthias Sorge

Et si douter était un acte de résistance ? Quatre siècles après Galilée, cette question reste étonnamment actuelle. C’est tout l’enjeu de La Vie de Galilée, pièce de Bertolt Brecht mise en scène par Gaëtan Petot, présentée en avant-première au Théâtre Municipal de Fontainebleau.

Avant la représentation, le public était invité à entrer dans l’univers de Galilée avec « L’Apéro Galilée » au cours duquel quiz, expériences scientifiques et défis autour de l’esprit critique permettaient de tester ses connaissances, de questionner quelques idées reçues et de se mettre en appétit avant le spectacle.

Une histoire de science, de pouvoir et de responsabilité individuelle

Au XVIIe siècle, les observations de Galilée bouleversent la représentation du monde. En observant notamment les satellites de Jupiter, l’astronome apporte de nouveaux arguments en faveur d’un modèle dans lequel la Terre n’est pas le centre de l’Univers. Ses découvertes se heurtent alors aux conceptions scientifiques et philosophiques de son époque, ainsi qu’aux dogmes religieux.

Dans la mise en scène de Gaëtan Petot, Galilée est incarné par quatre comédiennes et comédiens, faisant apparaître les différentes facettes du personnage et les tensions qui traversent son parcours : entre savoir et pouvoir, conviction et compromis, recherche de vérité et responsabilité individuelle. L’espace scénique, inspiré de la mécanique des astres, place ainsi le spectateur au cœur d’un univers où les trajectoires individuelles et collectives se croisent.

Mais la pièce ne raconte pas seulement l’histoire d’une révolution scientifique. Elle interroge également la place du doute, de la raison et de la transmission des savoirs et a aujourd’hui une résonance particulière, à l’heure des fake news, des théories complotistes et de la défiance envers la science.

Quand la recherche rencontre la création artistique

L’idée de cette pièce est née à la Station d’écologie forestière de Fontainebleau de l’Université Paris Cité dans le prolongement de précédentes collaborations entre recherche, culture et création artistique, comme Les 13 minutes ou Le Procès fictif. Mené avec la Compagnie Gepetto, le projet associe une vingtaine de comédiennes et comédiens, professionnels et amateurs.

Cette dimension collective s’est également construite avec le territoire. Des habitantes et habitants de Clichy-sous-Bois, en partenariat avec l’Espace 93, ont ainsi rejoint le chœur de la pièce après deux semaines de résidence. Le projet devient alors un espace de rencontre entre artistes, scientifiques, habitantes et habitants, au-delà des murs de l’université.

Cette démarche illustre une conviction : la médiation scientifique peut prendre de nombreuses formes et le théâtre peut alors devenir un véritable espace pour questionner collectivement notre rapport aux sciences et aux connaissances.

Une soirée ouverte à toutes et tous

Rendue possible grâce au label SAPS (Science avec et pour la société), la représentation à Fontainebleau était proposée gratuitement au public. Près de 200 spectatrices et spectateurs ont répondu présents. Parmi eux, des étudiantes et étudiants, des habitantes et habitants de Fontainebleau, mais aussi des personnes venues d’Italie, pays natal de Galilée, ainsi que des élues et élus de la mairie de Fontainebleau. La salle s’est rapidement laissée emporter par la représentation, entre rires et applaudissements, témoignant de l’accueil chaleureux réservé à cette création.

Au-delà de cette représentation, le projet s’inscrit dans un dispositif plus large associant conférences, ateliers, rencontres et tables rondes. Une attention particulière est portée aux jeunes publics, et notamment aux jeunes filles, encore sous-représentées dans les carrières scientifiques.

Faire dialoguer université, culture et territoires

Avec La Vie de Galilée, l’Université Paris Cité expérimente une autre manière de partager les sciences : non pas seulement transmettre des connaissances, mais créer les conditions d’une réflexion collective.

En faisant dialoguer recherche, théâtre et médiation scientifique, le projet invite chacune et chacun à exercer son esprit critique et à réfléchir à la manière dont les savoirs se construisent et se transmettent. Une démarche qui dépasse les frontières de l’université et qui a vocation à être reproduite dans d’autres territoires et établissements.

Et l’histoire ne s’arrête pas à Fontainebleau : La Vie de Galilée sera de nouveau présentée le 27 novembre 2026 à l’Espace 93 à Clichy-sous-Bois, puis les 23 et 24 janvier 2027 sur le site Odéon de l’Université Paris Cité, à Paris.

Pour suivre les prochains rendez-vous du label SAPS, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse mail suivante : saps@u-pariscite.fr.

Crédit photos : Matthias Sorge

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