L’appel à projet annuel CCE (Crossing Cutting Edges), lancé chaque année dans le cadre du projet structurant FIRE-UP, soutient l’interdisciplinarité, pilier de l’Université Paris Cité, en finançant des projets doctoraux et post-doctoraux trans-facultaires ou trans-institutionnels. Lauréate de l’édition 2022, Anna-Veera Seppanen, post-doctorante en épidémiologie à l’Université Paris Cité, s’intéresse aux enfants grands prématurés et à leur recours aux services de santé et aux coûts associés. Ce projet qui réunit deux laboratoires, le CRESS1 et le LIARES2, fournira des éléments pour orienter les politiques et les investissements pour améliorer la prise en charge, la santé et l’équité en santé des enfants nés très prématurément.

La naissance très prématurée, c’est-à-dire plus d’un mois avant le terme, est l’une des principales causes de mortalité infantile. Les enfants prématurés présentent un risque accru de problèmes de santé et de troubles du neurodéveloppement, avec des conséquences à long terme nécessitant un suivi et des soins approfondis. Quels coûts représentent ces soins pour les familles et pour le système de santé jusqu’à l’âge de 5 ans, et sont-ils adaptés aux besoins de ces enfants ? C’est à ces questions qu’Anna-Veera Seppanen répond dans PretermCare@5, un projet interdisciplinaire qui combine épidémiologie et économie de la santé.

Dans son projet, la jeune chercheuse décrit en détail les soins de santé, et d’autres formes de soutien que les enfants nés prématurément reçoivent, notamment à l’école. Elle mène également un travail pour évaluer les coûts associés à cette prise en charge.

« Nous souhaitons déterminer si les soins et les coûts liés affectent différemment les familles selon leur situation socio-économique » explique Anna-Veera Seppanen. 

L’idée est aussi d’examiner dans quelle mesure les parcours de soins pourraient être améliorés.

Un projet à la croisée de l’épidémiologie et de l’économie

« Ce projet s’appuie sur l’expertise de deux unités de recherche aux compétences complémentaires, ce qui permet de mobiliser des expertises multidisciplinaires pour combler certaines lacunes dans la recherche actuelle » indique Anna-Veera Seppanen.

Travailler avec OPPaLE, une équipe du CRESS qui mène notamment des études cliniques, épidémiologique et statistique, a par exemple été indispensable pour réfléchir à ce qui constitue des soins appropriés pour un enfant né prématurément.

« Pour étudier les coûts liés aux soins de santé, travailler avec le LIARES, laboratoire spécialisé sur l’économie de la santé, a été essentiel » selon Anna-Veera Seppanen.

Celui-ci possède une solide expérience en économie et en recherche sur le Système national des données de santé (SNDS), une base de donnée également utilisée par OPPaLE, ce qui constitue un avantage certain dans le projet conduit par Anna-Veera Seppanen.

 « Travailler sur ce projet m’a confrontée à un sujet et à des méthodes de recherche qui m’étaient en grande partie nouvelles. » pointe Anna-Veera Seppanen.

En pratique, la jeune chercheuse en épidémiologie a suivi des cours d’économétrie et s’est par exemple investie dans la lecture d’analyses de coûts de santé. Selon Anna-Veera Seppanen, évoluer dans un nouvel environnement thématique a demandé une certaine flexibilité pour assimiler, par exemple, un nouveau vocabulaire. Pour elle, cette expérience s’est révélée très enrichissante.

A l’heure d’aujourd’hui, la jeune chercheuse souhaite continuer de mener des recherches interdisciplinaires visant à améliorer les soins de santé pour les enfants vulnérables. « Pour cela, j’espère poursuivre mes collaborations actuelles tout en les développant à l’international au sein de projets en cours. » déclare-t-elle.

1 : Centre de recherche en épidémiologie et statistiques [Inserm / UPCité / USPN (UMR1153)]

2 : Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche Appliquée en Économie-Gestion et Santé (URP 4470)

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