Andrii Neronov, astrophysicien spécialisé en cosmologie, est lauréat d’un ERC Synergy Grant pour le projet COSMOMAG. Avec ses collègues internationaux, il souhaite percer les secrets de l’Univers et comprendre les phénomènes physiques survenus dans les tout premiers instants suivant le Big Bang.
Simulation de champs magnétiques dans la structure à « grande échelle » de l’Univers. En blanc : les « filaments », et en bleu : les « vides cosmiques », dans lesquels se trouvent les champs magnétiques fossiles à étudier.
L’équipe du projet vise à mesurer l’intensité du champ magnétique le plus faible, en bleu, occupant la plupart du volume de l’Univers.
© Franco Vazza, Université de Bologne
Professeur à l’Université Paris Cité au sein du laboratoire AstroParticule et Cosmologie (APC – UPCité / CNRS), Andrii Neronov reçoit en 2025 une prestigieuse bourse ERC Synergy pour le projet COSMOMAG, qu’il co-dirige aux côtés de trois autres chercheuses et chercheurs internationaux. Leur objectif est d’analyser les champs magnétiques cosmiques et de comprendre leur rôle dans l’évolution de l’Univers.
D’une durée de 6 ans et d’un montant maximal de 10 millions d’euros, ces subventions du Conseil Européen de la Recherche (ERC) sont conçues pour permettre à des groupes de 2 à 4 scientifiques, de pays membres ou associés, de « s’attaquer à certaines des questions scientifiques les plus complexes dans un large éventail de domaines ».
Comprendre les premières microsecondes suivant le Big Bang
Le projet COSMOMAG vise à sonder les phénomènes physiques qui se sont produits au tout début de l’histoire de l’Univers, quelques microsecondes seulement après le Big Bang. Pour cela, les chercheuses et chercheurs du projet s’intéressent aux champs magnétiques “fossiles” qui sont aujourd’hui présents dans les vides cosmiques et les filaments reliant les galaxies de l’Univers.
“Notre objectif est de retracer l’évolution des champs magnétiques cosmologiques pour comprendre les phénomènes survenus au début de l’histoire de l’Univers, notamment ceux que le « Modèle Standard » de la physique fondamentale ne parvient pas à expliquer, comme la matière noire ou encore l’asymétrie entre matière et anti-matière”, explique Andrii Neronov.
Une collaboration internationale pour explorer le magnétisme cosmique
Le projet réunit quatre chercheuses et chercheurs principaux (PI) réalisant leurs recherches dans des pays différents (France, Suisse, Suède et Italie). Ensemble, ils développent une approche dite “multi-messagers” qui consiste en l’étude des différents signaux provenant des sources astronomiques tels que les signaux électromagnétiques (radio, visible, rayons X et gamma), les neutrinos et les ondes gravitationnelles.
À travers cette approche, leur objectif est de cartographier et de modéliser l’évolution du champ magnétique cosmologique au fil des différentes époques.
« La complexité des données et des méthodes propres à l’approche multi-messagers pour l’étude des champs magnétiques dépasse les connaissances d’un chercheur individuel. C’est la mise en commun des expertises de chacune et chacun qui permet d’aborder la question de l’origine du magnétisme cosmique. », souligne Andrii Neronov.
Les subventions Synergy de l’ERC encouragent la collaboration entre chercheuses et chercheurs de haut niveau, leur permettant ainsi de combiner leur expertise, leurs connaissances et leurs ressources pour repousser les frontières de la découverte scientifique.
Une reconnaissance pour la recherche fondamentale
L’obtention de cet ERC Synergy Grant constitue une reconnaissance majeure pour Andrii Neronov et son équipe, et met en lumière l’importance de la recherche fondamentale en astrophysique et cosmologie.
“Les méthodes scientifiques qui sont à notre disposition sont étonnantes. Elles permettent de comprendre des phénomènes qui ont eu lieu au tout début de l’existence de l’Univers, c’est-à-dire il y a 14 milliards d’années !”, conclut Andrii Neronov.
Le financement ERC permettra à cette équipe internationale d’obtenir les moyens nécessaires pour approfondir la compréhension des premiers instants de l’Univers, en s’appuyant sur la collecte et l’analyse de données issues de diverses sources et époques. La majeure partie de ce budget sera dédiée au financement des doctorants et des post-doctorants impliqués dans le projet.
En retraçant ainsi l’évolution du cosmos, COSMOMAG espère offrir un nouveau regard sur les origines de la structure et de la matière composant l’Univers.
De gauche à droite : Franco Vazza (Université de Bologne), Axel Brandenburg (Université de Stockholm), Andrii Neronov (Université Paris Cite) et Chiara Caprini (CERN).
À lire aussi
Bioprothèses valvulaires cardiaques : un mécanisme clé identifié pour expliquer leur compatibilité avec le sang et leur résistance à la calcification
Les bioprothèses valvulaires cardiaques sont aujourd’hui largement utilisées en chirurgie pour remplacer des valves cardiaques défaillantes. Dans une nouvelle étude, une équipe de recherche de l’Université Paris Cité, de l’Inserm et de l’AP-HP coordonnée par le Pr....
lire plus
Plan Quantique de l’Université Paris Cité : une approche structurée de la recherche, de la formation et de l’innovation
Les technologies quantiques constituent aujourd’hui un domaine scientifique majeur dans lequel l’Université Paris Cité s’implique activement en conduisant des actions de recherche et de formation de manière structurée et complémentaire autour de son plan quantique....
lire plus
Rencontrez l’Université Paris Cité au salon Global Industrie
Dans un contexte de transformations scientifiques et technologiques accélérées, l’Université Paris Cité place l’innovation au cœur de sa stratégie. Productrice de connaissances, l’université est aussi un acteur clé du développement industriel, de la compétitivité des...
lire plus
Une espèce d’abeille européenne sur dix menacée : une nouvelle alerte pour la biodiversité
La nouvelle liste rouge européenne des abeilles, publiée le 26 février 2026, recense près de 2000 espèces et dresse un constat préoccupant : 172 espèces en Europe sont aujourd’hui menacées d’extinction. Dix ans après une première évaluation partielle, l’état des...
lire plus