Le Conseil européen de la recherche (ERC) a récemment annoncé les résultats de son prestigieux appel à projets ERC Advanced Grants 2025. Parmi les lauréates et lauréats français, deux développent leur projet dans des unités de recherche rattachées à l’Université Paris Cité. UPCité félicite ces lauréats pour cette distinction qui vient récompenser leur contribution au rayonnement international de la recherche.
A gauche : Olivier Hermine;
A droite : Antonio Garcia Muñoz.
Les Advanced Grants sont des financements qui permettent à des scientifiques, reconnus dans leur domaine aux niveaux national et international, de mener des projets novateurs à haut risque qui ouvrent de nouvelles voies dans leur discipline ou dans d’autres domaines. D’une durée de 5 ans, les projets bénéficient chacun d’un budget maximum de 2,5 millions d’euros. Pour cette édition, un nombre record de 3 329 propositions a été soumis dans le cadre de cet appel à projets, soit une hausse de 31 % par rapport aux 2 534 propositions de l’année dernière. 9,6 % des propositions ont été retenues pour bénéficier d’un financement.
Projet TARGET-SCD (Innovating Sickle Cell Disease Treatment : From Non-Canonical Signaling and Immune Activation to Personalized Targeted Therapies) porté par Olivier Hermine, professeur d’hématologie à l’Université Paris Cité et directeur du laboratoire Mécanismes moléculaires des désordres hématologiques et implications thérapeutiques à l’Institut Imagine₁
Chaque année, plus de 500 000 enfants naissent avec la drépanocytose dans le monde. Cette pathologie mute le gène de la bêta-globine de l’hémoglobine, ce qui provoque une hémoglobine anormale (HbS), qui induit des anémies sévères, des crises douloureuses osseuses intenses, des syndromes thoraciques aigus, des accidents vasculaires cérébraux. Des lésions chroniques touchant les reins, le cœur, le foie, les yeux et le cerveau apparaissent aussi avec l’âge.
Avec TARGET-SCD, Olivier Hermine et son équipe comptent repenser les approches thérapeutiques de la drépanocytose en s’appuyant sur une stratégie intégrée qui associe des cohortes de patients, des analyses multi-échelles, des modèles expérimentaux et la recherche translationnelle. Le but est d’identifier les mécanismes biologiques qui déterminent la sévérité de la maladie, de révéler de nouvelles cibles thérapeutiques et d’accélérer le développement de traitements innovants, en faveur d’une médecine personnalisée.
Une des singularités du projet réside dans le fait de traiter par voie pharmacologique les anomalies de la moelle osseuse pour améliorer la qualité des globules rouges produits, même s’ils sont porteurs du gène muté responsable de la maladie. Cela permettrait notamment de limiter les crises vaso-occlusives. Le projet vise également à montrer le rôle des mastocytes, cellules habituellement associées aux allergies, dans l’inflammation et les lésions d’organes liées à la drépanocytose, ce qui constitue une piste de recherche inédite.
1 : (UMR 1163 – Université Paris Cité, INSERM)
Antonio Garcia Muñoz, chercheur au sein du laboratoire Astrophysique, Instrumentation, Modélisation₂, porteur du projet Exo-RARE (From atoms to small exoplanets, and back)
Aujourd’hui, les astronomes ont découvert environ 6 000 exoplanètes et ont partiellement caractérisé l’atmosphère d’une centaine d’entre elles. Une des conclusions de ces découvertes est que les planètes dont la taille se situe entre celle de la Terre et celle de Neptune, souvent appelées « super-Terres » et « sous-Neptunes », sont les plus courantes dans la galaxie. La composition de ces deux types de planètes reste l’une des grandes questions ouvertes dans le domaine des sciences planétaires.
Le projet Exo-RARE, lauréat d’une bourse « Advanced Grant » du Conseil Européen de la Recherche (ERC), étudiera la composition atmosphérique des super-Terres et des sous-Neptunes. Il empruntera une approche non conventionnelle via l’exploration de ce qui se passe dans les couches les plus externes des atmosphères et établira, à l’aide de modèles numériques, un lien avec la composition des couches plus profondes.
Cette approche bénéfice de nouvelles possibilités de caractérisation observationnelle des planètes qui, complétées par une nouvelle génération de modèles numériques qui seront développés dans le cadre du projet, feront progresser notre compréhension de ces astres intrigants à des niveaux sans précédent. Ce projet offrira un cadre unique pour l’interprétation des récentes découvertes réalisées grâce au télescope spatial James Webb et ouvrira la voie à de nouvelles découvertes avec de futurs télescopes tels que l’ARIEL de l’ESA.
2 : UMR 7158 AIM – CNRS, CEA, Université Paris Cité, Université Paris-Saclay
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