Crées en 2000, les prix Inserm récompensent chaque année l’excellence de la recherche sur le vivant. Université Paris Cité félicite le Dr Nadine Cerf-Bensussan, lauréate du Grand Prix Inserm et le Pr Alexandre Loupy, lauréat du Prix Innovation.

Le Dr Nadine Cerf-Bensussan, lauréate du Grand Prix Inserm et le Pr Alexandre Loupy, lauréat du Prix Innovation

© Inserm/François Guénet 

Distinctions individuelles, les prix de l’Inserm reconnaissent, à travers leurs lauréats, l’investissement de toute une équipe engagée dans la recherche biologique, médicale et en santé.

Le Grand Prix rend hommage à un acteur ou une actrice de la recherche scientifique française dont les travaux ont permis des progrès remarquables dans la connaissance de la physiologie humaine, en thérapeutique et, plus largement, dans la recherche en santé.

Le Prix Innovation revient à un chercheur ou une chercheuse dont les travaux ont fait l’objet d’une valorisation entrepreneuriale.

 

© Inserm/François Guénet 

Nadine Cerf-Bensussan, Grand Prix Inserm

Directrice de recherche Inserm, Nadine Cerf-Bensussan dirige le laboratoire Immunité intestinale à l’Institut Imagine ( Université Paris Cité/Inserm/AP-HP) à Paris, où elle s’intéresse au rôle ambivalent du système immunitaire intestinal, qui d’un côté nous protège des pathogènes, mais de l’autre doit tolérer les nutriments et les nombreuses bactéries présentes dans le microbiote. Spécifiquement, ses travaux visent à mieux comprendre les pathologies intestinales, dont la maladie coeliaque induite par le gluten, ainsi que les liens entre le microbiote
intestinal et son hôte.
Si aujourd’hui ce type de recherche a le vent en poupe – et les termes « microbiote » et « intolérance au gluten » sont désormais bien connus du grand public –, ce n’était pas le cas quand elle a démarré sa carrière il y a 40 ans. Son entrée dans le domaine s’est d’ailleurs faite un peu par hasard, d’abord grâce à un stage hospitalier dans le service d’immunologie et d’hématologie de Claude Griscelli, à l’hôpital Necker-Enfants malades, puis en s’orientant vers un DEA et un stage au Massachusetts General Hospital à Boston, où elle a mis au point son premier anticorps contre les lymphocytes intestinaux chez le rat.
De retour en France au début des années 1980, elle se tourne définitivement vers la recherche, obtenant en 1987 le concours de chargée de recherche à l’Inserm, toujours dans l’équipe de Claude Griscelli – lequel assurera plus tard la direction générale de l’Inserm de 1996 à 2001. Elle y développe le premier anticorps contre les lymphocytes intra-épithéliaux humains et voit dans la maladie coeliaque – qui fait aujourd’hui beaucoup parler d’elle dans les médias – un modèle idéal d’étude du rôle de ces lymphocytes et plus largement de l’immunité
intestinale.
La suite de sa carrière est ponctuée d’avancées majeures dans la compréhension du microbiote et de l’immunité intestinale. Par exemple, avec son équipe, la chercheuse a démontré le rôle clé de la bactérie segmentée filamenteuse, véritable « star en immunité intestinale ». L’équipe continue aujourd’hui à étudier cette bactérie pour identifier ses mécanismes d’action mais aussi la façon dont l’hôte contrôle son expansion dans l’intestin.

En 2014, l’intégration de l’équipe à l’Institut Imagine a constitué une opportunité majeure pour développer de nouvelles thématiques autour des maladies génétiques intestinales. Nadine Cerf-Bensussan et ses collègues ont notamment pu y développer une cohorte de patients
soupçonnés de présenter une maladie monogénique intestinale. Grâce à leurs efforts, un diagnostic génétique a été posé pour environ 30 % des patients inclus et un outil diagnostique fondé sur le séquençage haut débit a été mis au point. L’équipe tente aussi d’établir un catalogue des gènes indispensables à l’équilibre de la barrière intestinale et, lorsqu’ils sont peu ou mal connus, de définir leurs rôles précis. « Je suis très heureuse de ce Grand Prix que je vois comme la reconnaissance de l’importance de cette interface constamment exposée à une masse considérable de microbes ainsi qu’aux multiples composants de notre alimentation et de notre environnement, C’est comme si on avait donné le prix à l’intestin ! », conclut Nadine Cerf-Bensussan.

 

 

© Inserm/François Guénet 

Alexandre Loupy, Prix de l’Innovation

Lauréat du Prix Innovation, directeur de l’Institut de transplantation de Paris et du Paris Transplant Group et de l’Institut PITOR (Paris Institute for Transplantation & Organ Regeneration) , Alexandre Loupy, PU-PH, est néphrologue, biologiste et biostatisticien. De multiples casquettes qui lui permettent, avec son équipe, de développer des outils innovants pour améliorer la transplantation rénale.
Parmi les nombreuses avancées auxquelles il a participé, on peut mentionner la découverte en 2013 des anticorps qui augmentent fortement le rejet des greffes.
Plus récemment, on peut citer la mise au point avec son équipe d’un algorithme appelé iBox intégrant des paramètres biologiques, immunologiques et génétiques pour prédire le risque de rejet, la survie des greffons et la mortalité des patients transplantés. Un outil précieux pour aider les médecins à ajuster le suivi et les traitements.

Le développement de cet algorithme a été confié à Predict4Health, une start-up issue de l’Inserm, de l’AP-HP et de l’Université Paris Cité, fondée en 2019 par Alexandre Loupy. Il a fait l’objet d’un essai clinique en Europe et a passé le parcours réglementaire lui permettant d’être remboursé par la Sécurité sociale. L’iBox est maintenant utilisé pour suivre 10 000 malades en France et actuellement en cours de développement pour le suivi des greffes de coeur, poumon, foie et maladies rénales chroniques.
Partageant son temps entre la France et les Etats-Unis où il enseigne, Alexandre Loupy ne compte pas pour autant abandonner le monde de la recherche française et estime que ce prix est une très grande fierté qui récompense le travail de toute son équipe.

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