Tout comme les cellules qui assurent les battements réguliers du cœur, l’intestin présente des cellules « pacemakers » : c’est le réseau des cellules interstitielles de Cajal, logée « à fleur de muscle », et dont les dépolarisations électriques rythment l’activité de cet organe. Dans une étude publiée dans le journal American Journal of Physiology : Gastrointestinal and Liver Physiology, une équipe de chercheurs du laboratoire Matière Systèmes Complexes (N.Chevalier, Université Paris Cité / CNRS) et du laboratoire Phymedexp (S. Faure & P. de Santa Barbara, Université de Montpellier, INSERM / CNRS) ont mis en évidence le rôle de ces cellules dans le processus digestif en se penchant sur l’intestin embryonnaire de poulet.
Ces cartes spatiotemporelles montrent que les ondes contractiles qui se propagent le long de l’intestin se régularisent sous l’action des cellules interstitielles de Cajal.
Ils ont déterminé que les cellules interstitielles de Cajal se différencient tôt mais ne s’activent qu’entre 12 et 14 jours chez cet animal, ce qui correspond à 12 à 14 semaines de développement du foetus humain. Ils ont capturé les premières oscillations électriques de ces cellules grâce à une technique de microscopie, l’imagerie calcique.
En comparant les cartes d’activités contractiles des intestins avant et après activation des cellules, ils ont mis en évidence le rôle essentiel de ces cellules dans l’établissement d’ondes digestives régulières.
Lorsque les pacemakers étaient bloquées à l’aide d’un inhibiteur spécifique, l’imatinib mésylate, les intestins présentaient des arythmies marquées. Les cellules interstitielles de Cajal sont connues pour présenter des défauts dans divers troubles de la digestion, comme la colopathie fonctionnelle. Ces recherches nous livrent donc des éléments importants pour mieux comprendre le fonctionnement de notre intestin, ses pathologies, et son développement embryonnaire.
Animation : visualisation par imagerie calcique du passage d’une onde calcium dans un réseau de cellules interstitielles de Cajal, vers 12 jours de développement embryonnaire.
Référence de l’article : ”Shifting into high gear : how Interstitial Cells of Cajal change the motility pattern of the developing intestine”, N.R.Chevalier, Y. Ammouche, A. Gomis, C. Teyssaire, P. de Santa Barbara, and S. Faure, Am. J. Physiol.-Gastroint. Liver Physiol., 2020
https://doi.org/10.1152/ajpgi.00112.2020
Contact chercheur
À lire aussi
Lancement de la Graduate School Cardiovascular and Blood Sciences (CVBS) : une approche intégrée de la santé circulatoire
La Graduate School Cardiovascular Sciences élargit son périmètre en intégrant l’hématologie et devient la Graduate School Cardiovascular & Blood Sciences (CVBS), dédiée aux sciences cardiovasculaires et au sang. Par cette évolution, l’Université Paris Cité...
L’odyssée spatiale d’IR-Coaster : un an en orbite pour mieux comprendre la chimie des origines de la vie
Après plus d’un an d’exposition aux conditions extrêmes de l’espace, l’instrument français IR-Coaster a été récupéré avec succès le 27 février, pour faire son retour dans le Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA - UPEC/Université Paris...
Journée mondiale de la Terre : la science au cœur des grands équilibres planétaires
À l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, célébrée le 22 avril, l’Université Paris Cité se mobilise pour rappeler l’importance de mieux comprendre et protéger notre planète. Entre avancées scientifiques et conférences ouvertes à toutes et tous, cette journée...
Deux projets structurants d’excellence validés à mi-parcours
À la fin de l’année 2025, STAND-UP et SMARTS-UP ont passé avec succès leur évaluation à mi-parcours organisée par l’ANR, le financeur des deux projets dans le cadre du programme France 2030. Le jury international a confirmé la poursuite des deux projets jusqu’aux...