Coordonné par Bing Zhao (CRCAO – CNRS/Collège de France/EPHE/Université Paris Cité), le projet EnamelFC a conduit une enquête originale alliant histoire et science des matériaux. Elle révèle, à travers l’étude d’objets d’art, un dialogue technique et esthétique longtemps ignoré entre l’Europe et la Chine.
Analyse d’une aiguière en or (règne de Qianlong) décorée d’émaux cloisonnés et peints, offerte par l’Empereur Napoléon III à son épouse, venant probablement du Palais d’été – Musée de l’Impératrice Eugénie, Château de Fontainebleau, inv. F1467C.
À la cour de Louis XIV, l’Orient fascine. Objets en laque, porcelaine, étoffes chatoyantes inspirent artistes et artisans français. Mais derrière ces passions se cache une histoire moins connue, celle d’un échange scientifique, technique et esthétique plus équilibré qu’on ne l’imagine.
Pour la retracer, l’équipe de recherche internationale du projet ANR EnamelFC a mené une enquête inédite en croisant l’histoire et la science des matériaux.
« Grâce à la combinaison d’analyses physico-chimiques d’objets issus de collections muséales européennes et chinoises et de la lecture d’archives, nous avons dépassé une approche purement visuelle pour révéler une histoire matérielle et technique des échanges », précise Bing Zhao, historienne des techniques au Centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale (CRCAO – CNRS/Collège de France/EPHE/Université Paris Cité) et responsable du projet.
Retour sur cette période faste pour la circulation des arts et des savoirs !
Les échanges sous Louis XIV et Kangxi
Depuis le XVIIe siècle, montres, horloges, instruments d’astronomie et autres objets européens séduisent la cour impériale. Louis XIV voit en ces cadeaux diplomatiques une opportunité de faire rayonner le savoir-faire de son royaume. En 1685, il envoie ainsi cinq jésuites français – dont quatre membres de l’Académie royale des sciences surnommés les « Mathématiciens du Roi » – à la cour de l’empereur de Chine. Leur mission ? Promouvoir les intérêts, les sciences et les arts français, en s’appuyant sur la diffusion du catholicisme.
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