Une équipe de chercheurs et de médecins d’Université de Paris, du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital Bichat AP-HP, de l’Inserm et de l’agence de la Biomédecine a étudié l’impact de l’endométriose et de la procréation assistée dans les complications obstétriques et néonatales et sur les morbidités mère-enfant.

Les résultats de ces travaux, montrent le rôle de l’endométriose dans le risque accru pour la plupart des pathologies mère et enfant majeures telles que l’hypertension artérielle, la pré-éclampsie, l’hématome rétroplacentaire, les thromboses veineuses, la prématurité ou un petit poids de naissance. Ils suggèrent également que l’endométriose intervient comme facteur additionnel dans l’augmentation, connue en fécondation in vitro, de risques de certaines complications couramment attribuées aux techniques, impliquant l’impact du terrain maternel dans certaines morbidités.

Cette étude nationale longitudinale menée au sein du groupe de travail « Suivi des femmes et des enfants en assistance médicale à la procréation » de l’Agence de la Biomédecine a comparé les morbidités maternelles et périnatales dans plus de quatre millions d’accouchements uniques de 2013 à 2018 en France, selon le mode de conception, naturelle ou après fécondation in vitro (standard ou ICSI), et le diagnostic d’endométriose ou non.

Trois groupes ont été constitués (N= 4 170 780) : un groupe avec accouchements issus de grossesses spontanées sans endométriose (4 083 732), un groupe avec accouchements issus de grossesses spontanées avec endométriose (31 101) et un groupe avec accouchements issus de fécondation in vitro dans un contexte d’endométriose (6 934).

Les accouchements issus de FIV hors endométriose n’ont pas été considérés car comportant une grande hétérogénéité de diagnostics à risque d’infertilité et de morbidité maternelle, ainsi que ceux issus de la congélation embryonnaire ou du don.

Les objectifs étaient de tester, sur une large population récente de naissances uniques :

  • L’impact de l’endométriose sur les risques de morbidité mère et enfant dans le groupe des accouchements issus de grossesses spontanées en comparant avec les groupes avec endométriose et sans endométriose ;
  • L’impact de la fécondation in vitro dans le groupe des accouchements avec endométriose en comparant les accouchements issus de grossesse spontanée avec endométriose aux accouchements issus de FIV avec endométriose.

Il s’agissait en outre d’élargir la réflexion sur la part du terrain et des techniques quant à l’augmentation, connue de longue date dans la littérature, des pathologies mère et enfant après FIV, à partir d’un facteur d’infertilité largement répandu, et repérable dans les registres disponibles.

 

Référence

Endometriosis and assisted reproductive techniques independently related to mother-child morbidities: a French longitudinal national study. Epelboin S, Labrosse J, Fauque P, Levy R, Gervoise-Boyer MJ, Devaux A, Bergère M, de Vienne C, Jonveaux P, De Mouzon J, Pessione F. Reprod Biomed Online. 2020 Dec 28:S1472-6483(20)30633-7.

DOI : https://doi.org/10.1016/j.rbmo.2020.11.017

 
Travaux coordonnées par
Sylvie Epelboin, Dr, service de Gynecologie-obstetrique, Hôpital Bichat – AP-HP

 

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