Grégory Lavieu, chercheur INSERM et titulaire de la chaire d’Excellence IdEx-Université Paris Cité, et son groupe de recherche (UMR7057 CNRS – Université Paris Cité) ont formellement démontré que les vésicules extracellulaires assurent le transport intercellulaire de biomolécules actives selon un mécanisme qui ressemble à l’entrée de certains virus. Pour la première fois, leurs travaux ont permis de quantifier ce processus qui ouvrent également de nouvelles perspectives thérapeutiques.
© G. Lavieu
Connues depuis une trentaine d’années, les vésicules extracellulaires sont de petits sacs vésiculaires produits par les cellules et capables de transporter diverses molécules hors de la cellule. Présentes dans tous les fluides corporels, ces vésicules extracellulaires (VE) ont longtemps été considérées comme de simples transporteurs chargés d’évacuer les déchets produits par la cellule. Plus récemment elles étaient suspectées de transporter des molécules d’une cellule donneuse à une cellule receveuse. Il restait à démontrer formellement ce transfert, à révéler les mécanismes cellulaires et moléculaires mis en jeu et à quantifier le phénomène.
Grégory Lavieu, Émeline Bonsergent, étudiante en thèse à Université Paris Cité, et leurs collègues (groupe de C. Théry, Institut Curie et O. Schwartz, Institut Pasteur) se sont intéressés au transport intercellulaire assuré par les VE. Se basant sur leur expertise dans la connaissance des mécanismes des transports intracellulaires, ils ont apporté la preuve que les vésicules extracellulaires non seulement transportent des molécules de cellules donneuses vers des cellules receveuses mais que, de surcroît, elles déversent les molécules transportées dans les cellules receveuses. Ils ont ainsi démontré et quantifié le processus de relargage du contenu vésiculaire dans les cellules receveuses. Ce processus ressemblant à l’entrée de nombreux virus dans les cellules, il semblerait que le relargage du contenu des vésicules dans les cellules receveuses, requière une fusion des membranes des VE et des membranes des cellules receveuses. La ou les protéines à l’œuvre dans cette fusion reste(nt) à découvrir. Cette caractérisation au niveau cellulaire est donc le préambule de travaux futurs qui devraient permettre d’identifier la machinerie moléculaire contrôlant l’entrée des vésicules et le relargage de leur contenu.
À terme, la compréhension de ce processus physiologique pourrait ouvrir de belles perspectives thérapeutiques. En effet, au-delà de la connaissance fondamentale des mécanismes moléculaires et cellulaires en jeu ici, les vésicules extracellulaires pourraient se révéler être d’excellents vecteurs de médicaments permettant des thérapies ciblées. Les vésicules extracellulaires, naturelles ou de synthèse, pourraient servir d’enveloppes aux principe actifs des médicaments et les acheminer directement sur les cellules malades, évitant ainsi une dispersion de médicament dans l’organisme et les effets secondaires associés, ce qui révolutionnerait les thérapies cellulaires et géniques.
Références
Quantitative characterization of extracellular vesicle uptake and content delivery within mammalian cells. Emeline Bonsergent, Eleonora Grisard, Julian Buchrieser, Olivier Schwartz, Clotilde Théry & Grégory Lavieu.
DOI : 10.1038/s41467-021-22126-y
Contacts
Grégory Lavieu, PhD
Chaire IdEX, Université Paris Cité
Inserm
UMR 7057 CNRS – Université Paris Cité
gregory.lavieu@inserm.fr
Site : https://u-paris.fr/lavieu-lab/
À lire aussi
Amazonie, virus et vampires : ce qu’un an de webinaires « One Health -Emerging Infectious Diseases » a révélé au monde
Une étude ouvre une nouvelle voie pour prévenir les infections graves du nourrisson
Les infections invasives à pneumocoque, telles que les méningites ou les septicémies, restent une cause importante d'hospitalisation et de complications chez les jeunes enfants. Une étude française, coordonnée par la Dr Inès Fafi et le Pr Naïm Ouldali, du service de...
Lindau Nobel Laureate Meetings : une semaine « hors du commun » au cœur de l’excellence scientifique, racontée par deux jeunes chercheuses d’UPCité
Grâce au soutien du programme SMARTS-UP Graduate Schools, Federica Namor, doctorante à l’Institut de Recherche Saint-Louis (IRSL – Université Paris Cité/Inserm) et Marie Robert, jeune docteure du Centre de Recherche sur l’Inflammation (CRI – Université Paris...
Dans les coulisses d’une collaboration franco-marocaine vers les batteries de demain
« La collaboration internationale, c'est quelque chose qui est né avec la science. Dans la recherche, on parle le même langage. » À travers ces mots, Jalal Ghilane, chercheur à l’Université Paris Cité (UPCité), décrit une approche de la recherche fondée sur les...