Initié en décembre par le Pr Jonathan Weitzman, co-directeur de l’EUR G.E.N.E., le projet Seminar Series du Magistère Européen de Génétique a du être repensé au regard du confinement. Les équipes pédagogiques et les étudiants ont, ensemble, réorganisé leur travail pour proposer des conférences scientifiques en ligne. Un défi réussi qui illustre la continuité pédagogique en distanciel à Université Paris Cité.

> Retrouvez la programmation Seminar Series sur le site de l’EUR G.E.N.E.

Ce projet pédagogique* a pour ambition de former les étudiants du Magistère et de l’EUR G.E.N.E. à l’organisation d’événements scientifiques destinés à un large public et de valoriser les recherches en génétique en invitant les directeurs de laboratoire à parler de leurs travaux.

Mais à l’annonce du confinement et de la fermeture de l’établissement, le projet semble compromis. C’est sans compter, sur la persévérance et l’agilité des équipes. Pour Madeleine Bouvier d’Yvoire, project manager de l’EUR G.E.N.E., hors de question d’abandonner : « L’idée d’organiser des conférences en ligne est vite apparue comme une évidence. L’expérience restait intéressante et surtout valorisable par les étudiants. Nous nous sommes, par la suite, aperçus que les intervenants étaient eux aussi ravis d’être sollicités pendant cette période de confinement. »

Une nouvelle façon de travailler

Le projet a donc été repensé par les équipes pédagogiques et les étudiants en tenant compte des contraintes de confinement, une réflexion poussée jusqu’au choix de nouvelles thématiques en lien avec l’actualité. La conférence sur l’effet de l’immunité sur les cas sévères de Covid-19 a, de ce fait, remporté un vif succès : 95 participants dont 72 étudiants et 12 chercheurs étaient au rendez-vous.

Pour l’équipe pédagogique, un des premiers défis a été de trouver rapidement les bons outils pour organiser les séminaires en ligne et de se les approprier. La plateforme devait pouvoir accueillir un grand nombre de participants et offrir la possibilité d’enregistrer les conférences pour permettre à ceux qui n’avaient pas la possibilité de suivre le direct de les revoir ultérieurement. Elle devait également faciliter la communication entre les membres de l’équipe. « Nous avons bénéficié de l’accompagnement des services informatiques de l’université qui nous ont fourni une licence académique sur Zoom pour organiser des séminaires en ligne pouvant accueillir plus d’une centaine de personnes. Le site web de l’EUR G.E.N.E. nous sert, quant à lui, de plateforme de diffusion des enregistrements et d’information pour annoncer les prochains Seminar Series » explique Madeleine Bouvier d’Yvoire.

Ivan Ktorza, étudiant en L3 Magistère Européen de Génétique témoigne également des changements de pratiques que cela a induit pour les étudiants :

« La grande nouveauté liée au confinement, c’est le travail en équipe à distance sur Zoom. Nous devons tout  anticiper ! Avant chaque conférence, nous devons nous assurer de la présence de chacun, nous décidons de la personne qui présentera l’intervenant, de celle qui lira les questions posées par le public sur le chat. Pendant la conférence, nous devons nous assurer que tout le monde entende bien l’intervenant et que tous les autres micros et caméras soient coupées. Tout cela a contribué à constituer une équipe soudée et nous avons la chance de bénéficier de l’accompagnement étroit de Madeleine Bouvier d’Yvoire et de Jonathan Weitzman. Nous faisons régulièrement le point sur ce qui a été fait et ce qui doit l’être pour nous améliorer. »

Des liens enseignants-étudiants renforcés

Selon Madeleine Bouvier d’Yvoire, ce projet a été un excellent moyen de maintenir le lien avec les étudiants en dehors du cadre purement académique.

« Le plus impressionnant n’est pas simplement leur capacité à s’adapter à un nouveau format, mais c’est surtout leur faculté d’adaptation à un bouleversement complet de leur manière d’apprendre et de travailler, et d’avoir, malgré la situation actuelle, continué à s’impliquer avec enthousiasme dans un projet qui va au-delà de leurs apprentissages purement académiques. »

L’organisation de ces séminaires a également beaucoup motivé Emma Torun, étudiante en M1 Magistère Européen de Génétique. Restée en France, du fait de l’annulation de son stage à l’étranger, elle a assuré la transition avec la nouvelle équipe.

« En M1, nous avons fini les cours et les partiels juste avant l’annonce du confinement. L’organisation des séminaires m’a permis de me lancer dans un projet et cela m’a motivé. Je ne voulais pas rester chez moi à rien faire, c’était donc pour moi la parfaite façon de m’occuper. »

Une expérience enrichissante

Même si le contexte de confinement rend l’organisation des conférences en ligne parfois complexe, les équipes pédagogiques et les étudiants en retirent tous une grande satisfaction. Si bien que la cadence a doublé : « On est passé de 1 à 2 séminaires par mois » s’enthousiasme Ivan Ktorza. Les séminaires ont même pris une dimension internationale avec la présence d’intervenants venant de l’université de Columbia à NYC ou de la Queen Mary University of London. 


Du point de vue des étudiants, cette expérience est également très formatrice. Ivan Ktorza et Emma Torun sont conscients d’avoir développé de nouvelles compétences :


« La gestion du temps est primordiale afin d’être prêt le jour J., nous confie Ivan, sans compter qu’en L3 nous avons des travaux à rendre dans différentes matières. Il faut donc bien s’organiser et tout compartimenter afin d’être efficace. En plus de cela, nous avons des responsabilités, l’équipe compte sur nous pour que le travail soit fait. Le travail d’équipe est essentiel, il faut être à l’écoute de ses camarades et avoir un regard critique sur soi. Les séminaires sont exclusivement en anglais et certains M2 viennent de l’étranger, cette expérience m’a donc aussi permis de pratiquer mon anglais. »

Emma Torun retire également de nombreux bénéfices de cette expérience :

« Une organisation précise et rigoureuse que l’on apprend encore maintenant après six séminaires, savoir s’adapter à des situations qui pourraient sembler antinomiques : le confinement et le développement de performances individuelles et collectives. J’ai finalement beaucoup appris sur moi et sur les autres : apprendre à manager plusieurs personnes, à déléguer, savoir intervenir si le travail n’a pas été fait, savoir s’organiser à plusieurs, écouter les demandes de chacun et écouter les retours constructifs, notamment ceux de Madeleine ! »

 

*Ce projet pédagogique a été initié par le Pr Jonathan Weitzman, co-directeur de l’École Universitaire de Recherche Génétique et Épigénétique Nouvelle École et responsable du M1 du Magistère Européen de Génétique de la Faculté des Sciences d’Université Paris Cité.

Depuis son lancement en décembre, plus d’une quinzaine d’étudiants en M2, M1 et L3 se sont impliqués.
Depuis le passage en ligne, l’équipe organisatrice est constituée de 6 étudiants de M2, M1 et L3.

À lire aussi