Pour la 16e édition du Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, 8 doctorantes et post-doctorantes portent haut les couleurs d’Université Paris Cité.

Elsa Ducrot, Lucienne Nouchikian, Rana El Masri, Élodie Calvez, Viviana Scoca, Irène Nagle, Lucile Vigué, Tina Nikoukhah

© Fondation L’Oréal

… La 16e édition du Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science rappelle l’importante contribution des femmes scientifiques à la résolution des grands défis environnementaux, sanitaires et sociaux que nous affrontons aujourd’hui. Exclure ou minimiser le rôle des femmes en sciences grève d’emblée notre capacité à remporter la bataille face aux grands défis d’aujourd’hui. Depuis 1998, avec les Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, nous entendons combattre les inégalités de genre qui freinent le progrès scientifique, célébrer la diversité des parcours, accélérer la reconnaissance des talents et des role models féminins, susciter toujours plus de vocations scientifiques chez les jeunes filles et les femmes. Tel est le constat dressé par Alexandra Palt, Directrice Générale de la Fondation L’Oréal.

Depuis de nombreuses années, la Fondation L’Oréal s’engage aux côtés des femmes pour contribuer à leur valorisation en science. Le Prix Jeunes Talents récompense des chercheuses dont les travaux contribuent à bâtir un monde meilleur, durable, plus résilient, plus inclusif. Cette année, 660 jeunes chercheuses de 54 nationalités ont candidaté. 35 Jeunes Talents, menant leurs recherches en France métropolitaine ou dans les Outre-Mer, ont été sélectionnées par un jury d’excellence. 

Talentueuses et passionnées, souvent inspirées par des chercheuses engagées et visionnaires, elles explorent des champs de recherches divers allant de la biologie à l’informatique en passant par l’écologie ou les mathématiques.

Université Paris Cité félicite plus particulièrement 8 d’entre-elles pour leurs travaux en Physique, Astronomie, Biochimie, Biologie cellulaire, Neurosciences, Épidémiologie et Maladies infectieuses, Ingénierie et Biotechnologies, Mathématiques appliquées et Bio-informatique.

Elsa Ducrot est post-doctorante au Paris Région Fellow, Marie Sklodowska-Curie Action, Université Paris-Saclay, Université Paris Cité, CEA, CNRS, AIM

Le travail d’Elsa s’inscrit autour d’une des questions les plus fondamentales posées par l’être humain : sommes-nous seuls dans l’univers ? Une telle découverte nous permettra de réévaluer notre place dans l’Univers, en comprenant que ce n’est pas la Terre qui est faite pour l’homme mais bien l’homme qui est fait pour la Terre. Il n’y aura pas de planète B. Selon Elsa : La capacité d’innovation d’une équipe s’accroît avec sa diversité et son inclusivité.

Lucienne Nouchikian est doctorante dans l’unité de spectrométrie de masse pour la biologie Université Paris Cité, Institut Pasteur, CNRS (UAR 2024)

Lucienne cherche à comprendre quels sont les changements qui adviennent au sein de bactéries pathogènes leur permettant d’infecter les humains. Travailler à une meilleure compréhension de ces mécanismes complexes permettra ensuite de les limiter – et donc d’empêcher des infections – grâce au développement de vaccins et médicaments ciblés. Lucienne est convaincue que Les femmes de science ont besoin de plus de représentativité et de soutien au sein de la communauté scientifique, en particulier pour les femmes en début de leur carrière. C’est pour cela que les initiatives comme le Programme Jeunes Talents me semblent essentielles.

Rana El Masri est post-doctorante au Laboratoire de Signalisation des Cellules Immunes et Infection Rétrovirale de l’Institut Cochin, Université Paris Cité, Inserm (U1016), CNRS

Rana cherche à comprendre les mécanismes par lesquels les défauts génétiques des patients, atteints de maladies cutanées et de développement rares, causent leurs symptômes tels que des asymétries faciales ou encore des défauts de pigmentation. L’objectif de ses recherches est de proposer une stratégie thérapeutique innovante afin de traiter ces patients et de répondre à un besoin thérapeutique non satisfait. Rana explique : Je suis la première personne de ma famille, et la seule femme à avoir fait des études supé­rieures en science. C’est une chance pour moi de pouvoir inspirer les jeunes libanaises de mon entourage et les femmes en général à pour­suivre leurs études scientifiques, à oser et à ne jamais abandonner leurs rêves.

Élodie Calvez est post-doctorante au Laboratoire d’Étude sur le Contrôle des Vecteurs (LECOV) à l’Institut Pasteur en Guadeloupe

Élodie étudie l’influence de l’apport nutritif donné aux moustiques lors de leur développement sur leurs traits de vie, leur microbiote et leur habilité à transmettre des virus comme la dengue et le chikungunya, sujets enjeux de santé publique mondiale. En revenant sur son parcours, Élodie explique : être une femme m’a parfois aidée pour mes re­cherches, notamment lors d’échanges avec des patients pendant mon post-doctorat au Laos. Tout au long de mon parcours, j’ai été influencée par des chercheuses qui m’ont montré qu’il était possible d’allier vie professionnelle et vie personnelle.

Viviana Scoca est doctorante dans l’unité de Virologie moléculaire avancée à l’Institut Pasteur, Université Paris Cité

Viviana s’intéresse tout particulièrement aux dynamiques du VIH dans le noyau des cellules ciblées, qui sont impliquées dans la latence et possible réactivation du virus au cours de leur vie. Viviana reconnaît que voir des femmes positives et engagées dans la science autour de moi a été essentiel pendant tout mon parcours. La présence de femmes à des postes à responsabilités inspire confiance et contribue à encourager les autres femmes à poursuivre une carrière dans ce domaine. Aujourd’hui, j’ai d’ailleurs la chance de faire partie d’un laboratoire qui compte 70 % de femmes.

Irène Nagle est doctorante au Laboratoire Matières et Systèmes Complexes, Université Paris Cité – CNRS (UMR 7057)

Irène travaille sur le long terme puisque ses travaux visent à recréer en laboratoire du muscle squelettique pour éviter le recours aux expérimentations animales. Obtenir un système modèle fidèle au muscle favoriserait le développement de nouveaux médicaments ou thérapies géniques. Et cela constituerait un intérêt majeur pour la réparation tissulaire suite à un traumatisme musculaire. Irène déclare : voir au fil de mes études les femmes être de moins en moins nombreuses a renforcé ma détermination et ma persévérance.

 

Lucile Vigué est doctorante au Infection, Antimicrobials, Modelling, Evolution (IAME), Université Paris Cité

Lucile analyse les mutations des bactéries pour comprendre comment elles permettent à ces dernières de s’adapter pour devenir résistantes à un traitement ou plus virulentes lors d’une infection. Comprendre cela est crucial pour analyser les mécanismes responsables de cancers ou de maladies génétiques. Mais Lucile s’interroge : je suis très inquiète de la chute drastique du nombre de lycéennes choisissant de poursuivre les mathématiques en Terminale.

Tina Nikoukhah est doctorante au Centre Borelli, ENS Paris Saclay, Université Paris Saclay, CNRS, Service de Santé des Armées, Inserm, Université Paris Cité

Tina développe des algorithmes capables de détecter les falsifications d’images. L’Agence France Presse a intégré l’un d’entre eux à son outil de fact-checking utilisé par les journalistes dans plus de quarante pays. L’application de son travail est donc de mettre à disposition des outils pour lutter contre les fausses informations qui circulent en grand nombre aujourd’hui, sur les réseaux sociaux notamment. Pour Tina, être une femme en science : cela représente l’opportunité de servir de modèle, et de créer un cercle vertueux : en inspirant les jeunes femmes, nous participons à créer une nouvelle génération de femmes scientifiques, et à lutter contre les préjugés dans le secteur.

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