Le Conseil européen de la recherche a publié ce 22 avril, les résultats de son appel à projets « Advanced Grant », dédié aux chercheurs et chercheures en milieu de carrière. La France compte 22 lauréats et lauréates cette année dont cinq à Université de Paris : Benoît Ladoux, Claire Rougeulle, James Badro, David Rabouin et Philippe Zarka. Chacun et chacune recevra une enveloppe entre 2 et 3,5 millions d’euros pour une durée de cinq ans afin de faciliter l’avancée de leur programme de recherche.

 

Université de Paris adresse toutes ses félicitations à :  

 

Benoît LadouxBenoît Ladoux

Directeur de recherche CNRS à l’Institut Jacques Monod (Université de Paris / CNRS) pour son projet « DeadOrAlive »

Ce projet s’intéresse au couplage entre contrainte mécanique et comportement collectif d’assemblées cellulaires, en mettant l’accent sur le devenir des cellules éliminées. Il va chercher à évaluer l’impact des forces mécaniques sur l’homéostasie épithéliale. Ce travail pluridisciplinaire devrait non seulement permettre de comprendre les mécanismes de régulation de la croissance des tissus mais aussi les processus d’évasion dans le cas de cellules cancéreuses.

 

Claire RougeulleClaire Rougeulle
Directrice de recherche CNRS au sein du laboratoire Epigénétique et destin cellulaire (Université de Paris/ CNRS), pour son projet « XCYCLE, Toward a comprehensive analysis of the dynamics and mechanisms of X chromosome inactivation in Humans »

L’objectif est de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un processus biologique fondamental qui contrôle l’activité d’un des deux chromosomes X chez les mammifères femelles. Relativement bien étudié dans des espèces modèles comme la souris, ce processus reste très mal décrit chez l’humain, malgré ses conséquences importantes sur le dimorphisme sexuel et les pathologies liées au chromosome X. Il s’agit de reconstituer les étapes clés du processus dans des systèmes cellulaires ad hoc, afin d’élucider les mécanismes sous-jacents et d’identifier de nouveaux acteurs.

 

James BradoJames Badro
Directeur de recherche CNRS à l’institut de physique du globe de Paris – Université de Paris pour son projet « SEPTiM, Solidification of Earth’s primitive mantle »

La Terre s’est formée graduellement par accrétion de corps de plus en plus grands, dont les impacts énergétiques ont maintenu la planète globalement fondue lors des premières centaines de millions d’années de son histoire. Lors de son refroidissement, cette planète-magma s’est solidifiée pour donner naissance au manteau solide, dont la structure, la composition et la dynamique actuelles sont héritées de ces conditions initiales. Nous proposons d’élucider ce processus de solidification, et cette transition d’un manteau fondu à un manteau solide, par une approche pluridisciplinaire, en combinant des expériences de pétrologie expérimentale à haute pression et haute température, de la modélisation thermodynamique, des calculs théoriques ab initio, et des simulations numériques géodynamiques.

 

David RabouinDavid Rabouin
Directeur de recherche CNRS au sein du laboratoire Sphere (Université de Paris/Université Paris Panthéon Sorbonne et CNRS) pour le projet « PHILIUMM, The Philosophy of Leibniz in the Light of his Unpublished Mathematical Manuscripts »

Le projet PHILIUMM se donne pour but de réévaluer la pensée du philosophe et mathématicien Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) à partir d’une exploration systématique de ses manuscrits mathématiques inédits. Comme il l’a lui-même souligné à diverses occasions, ces deux facettes de son œuvre étaient étroitement liées. Pourtant, la moitié de sa production mathématique est encore à ce jour totalement inédite. Quant à la moitié qui a été publiée, une grande part n’a pas été éditée selon des normes scientifiques rigoureuses (au point de donner parfois à lire des textes inventés par les éditeurs).

 

Philippe ZarkaPhilippe Zarka
Directeur de Recherche au CNRS. Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (Observatoire de Paris – PSL / CNRS / Sorbonne Université / Université de Paris) pour le projet « EXORADIO : Low frequency radio search and study of exoplanet magnetospheres and star-planet plasma interactions »

Le projet EXORADIO a pour but de conduire un très grand programme de recherche et d’étude d’exoplanètes en radio basses fréquences avec le radiotélescope NenuFAR et d’aboutir à plusieurs détections confirmées. Il posera ainsi les premières contraintes sur les champs magnétiques exoplanétaires, leur interaction avec leur étoile-hôte et plus généralement l’étude comparée des magnétosphères planétaires et de leur « météorologie de l’espace », avec des conséquences en termes de structure interne, rotation, inclinaison orbitale et même habitabilité des exoplanètes détectées. Ce projet prépare aussi l’exploitation de cette thématique avec SKA dans l’hémisphère sud.

 

 

En 2020, Université de Paris avait accueilli dans ses rangs trois nouveaux ERC Consolidator Grant et deux nouveaux Starting Grant. Au total, ving-neuf ERC sont en cours à Université de Paris.

 

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