Une équipe d’astronomes dirigée par Anne-Marie Lagrange, de l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Grenoble Alpes), impliquant également le Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (CNRS/Observatoire de Paris – PSL/Sorbonne Université/Université de Paris) et l’Institut d’astrophysique de Paris (CNRS/Sorbonne Université), a découvert une seconde planète géante autour de β Pictoris. Cette étoile relativement jeune (23 millions d’années) et proche (63,4 années-lumière), entourée d’un disque de poussières, passionne les astronomes depuis une trentaine d’années car il leur permet d’observer un système planétaire en pleine formation autour de son étoile.

 

Vue d’artiste du système β Pictoris. Au moins deux planètes géantes, âgées de 20 millions d’années tout au plus, orbitent autour de l’étoile (non visible) : β Pictoris c, la plus proche, qui vient d’être découverte, et β Pictoris b, plus éloignée. Le disque de poussières et de gaz est visible à l’arrière-plan.  

© P Rubini / AM Lagrange

Des comètes y ont été découvertes, ainsi qu’une planète gazeuse géante, β Pictoris b, détectée par imagerie directe et décrite en 2009 par l’équipe d’Anne-Marie Lagrange. Cette fois, il a fallu accumuler plus de 10 ans de données de haute précision, obtenues avec l’instrument HARPS à l’Observatoire de La Silla de l’ESO, au Chili, pour détecter de manière indirecte la présence de β Pictoris c. Cette seconde planète géante, qui pèse l’équivalent de 9 Jupiter, parcourt son orbite en 1200 jours environ, relativement proche de son étoile (à peu près la distance entre le Soleil et la ceinture d’astéroïdes, alors que β Pictoris b est 3,3 fois plus éloignée). Les chercheurs espèrent en apprendre plus sur cette planète grâce aux données du satellite GAIA et au futur Extremely Large Telescope, en construction au Chili.    

Bibliographie

Evidence for an additional planet in the β Pictoris system, Anne-Marie Lagrange, Nadège Meunier, Pascal Rubini, Miriam Keppler, Franck Galland, Eric Chapellier, Eric Michel, Luis Balona, Hervé Beust, Tristan Guillot, Antoine Grandjean, Simon Borgniet, Djamel Mekarnia, Paul Anthony Wilson, Flavien Kiefer, Mickael Bonnefoy, Jorge Lillo-Box, Blake Pantoja, Matias Jones Daniela Paz Iglesias, Laetitia Rodet, Matias Diaz, Abner Zapata, Lyu Abe, François-Xavier Schmider. Nature Astronomy, 19 août 2019. DOI : 10.1038/s41550-019-0857-1

 

À lire aussi

FAPEPS Week France

FAPEPS Week France

Université de Paris accueille un symposium de scientifiques de France et de São Paulo pour discuter de sujets à la frontière de la connaissance. La France est l'un des principaux partenaires internationaux des projets de recherche soutenus par...

AVC : une récidive sur cinq peut être évitée

AVC : une récidive sur cinq peut être évitée

Une équipe conduite par le Pr Pierre Amarenco du service de Neurologie et du centre d’accueil et de traitement de l’attaque cérébrale de l’hôpital Bichat – Claude-Bernard AP-HP, de l’Inserm et d’Université de Paris a étudié le risque de récidive chez des...

Toute activité physique est-elle bonne pour le cœur ?

Toute activité physique est-elle bonne pour le cœur ?

Contre les maladies cardiovasculaires, l’activité physique serait notre meilleure alliée. Mais entre la pratique régulière d’un sport, le port de charges lourdes sur notre lieu de travail ou la marche entre amis, ces effets protecteurs pourraient bien...

Tire la chevillette, la bobinette cherra…

Tire la chevillette, la bobinette cherra…

Cette phrase, tirée d’un conte célèbre, résume une découverte récente d’un groupe de chercheurs d’Université de Paris travaillant à l’Institut Cochin et à l’Institut Necker, et qui s’intéresse aux mécanismes moléculaires de l’interaction du méningocoque...