Maxime Loubar vient de recevoir le prix Pépite Tremplin pour son projet de lunettes connectées permettant à des personnes paralysées de communiquer en clignant des yeux. A 24 ans, cet étudiant entrepreneur revient sur son parcours prometteur.

Maxime Loubard, lors de la remise du Prix Pépite 2019.

Habile dans l’art du storytelling, Maxime Loubar confie qu’il a eu l’idée de fabriquer un tel outil dès l’âge de neuf ans. « Ma grand-mère était atteinte de la pathologie de Creutzfeldt-Jakob, à la fin de sa vie, elle ne pouvait communiquer qu’avec les yeux. Je me suis promis qu’un jour je trouverai un moyen de rendre la parole aux personnes atteintes d’une maladie dégénérative du cerveau ». Elève brillant, il a depuis suivi une formation d’ingénieur à l’école centrale d’électronique. C’est au cours de ce cursus qu’il a mis au point avec une camarade un dispositif qui associe une paire de lunettes munies de capteurs infrarouges détectant les clignements volontaires à une interface de communication enrichie d’une intelligence artificielle. Le projet a pour vocation de venir en aide aux patients atteints par la maladie de Charcot, le locked-In Syndrome et une infirmité motrice cérébrale.

« Le statut d’étudiant entrepreneur m’a beaucoup apporté »

En mai 2018, l’étudiant brevète son prototype conçu avec une imprimante 3D et participe au concours Lépine pour donner de la visibilité au projet Wyes (when your eyes speak). « J’y ai reçu trois récompenses, dont une médaille d’or, qui m’ont donné envie de développer mon innovation ». Au départ, Maxime Loubar souhaite avancer sous la forme d’une association financée par des fondations soutenant les innovations à fort impact sociétal. Face aux difficultés pour collecter les subventions, il opte finalement pour le statut d’étudiant entrepreneur. « Comme j’effectuais le Master 2 Analyse interdisciplinaire des énergies de demain (AIED) sur le campus des Grands Moulins, j’avais accès à ce statut ».

Le pôle Pépite (pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) lui donne alors accès à des formations et des conférences « très utiles pour appréhender la création d’entreprise. J’ai appris à construire un business plan mais surtout j’ai rencontré plusieurs porteurs de projet qui ont contribué au mûrissement du projet ». L’étudiant entrepreneur reçoit aussi les conseils de la référente du pôle Pépite. Au sein de l’UFR Physique, le responsable du master, Arnaud Passalacqua, l’autorise à effectuer son stage de fin d’études au sein de sa propre start-up. « Tous ces soutiens m’ont beaucoup aidé dans les moments où j’ai été confronté à des obstacles. C’est difficile de mener de front des études et un projet entrepreneurial, il faut une volonté forte et surtout ne jamais s’isoler. A mon sens, il est utile de parler de son projet aux gens et de se constituer un réseau ».

Trois fois lauréat des concours Pépite

Les concours lancés par Pépite sont également des tremplins pour les étudiants entrepreneurs. En avril dernier, grâce au prix de la francophonie du prix Pépite France challenge, il est invité à participer à un séminaire au Québec où il rencontre plusieurs acteurs de la santé qui l’aident à se rapprocher de patients atteints de la maladie de Charcot. « Aujourd’hui, pour tester notre prototype et le rendre plus efficient, je dois rencontrer des patients via des associations et des professionnels de santé ». Il remporte dans la foulée un deuxième prix Pépite, Coup de pouce Ile-de-France, qui lui vaut un chèque de 1 000 euros servant à rémunérer un expert en recherche de financements. Enfin, le 10 octobre dernier dans l’enceinte de l’AccorHotel Arena, Maxime Loubar apprend de la Ministre de l’enseignement supérieur qu’il figure parmi les 29 lauréats du Prix Pépite Tremplin. « A ce titre, je bénéficie d’une enveloppe de 10 000 € et de l’accompagnement d’un avocat qui va m’aider à déposer les statuts de mon entreprise ».

Maxime Loubar prévoit de créer une société avec deux associés, Sarah Mougharbel et Pierre Jankowiez, des anciens camarades de l’école centrale de l’électronique. Cette année, il bénéficie de locaux dans l’incubateur de l’université de Paris-Dauphine où il suit actuellement un Master en affaires internationales et développement. La prochaine étape est prévue au printemps prochain avec le lancement d’une campagne de crowdfunding pour accroître sa visibilité auprès des financeurs et du grand public.

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