L’accouchement par césarienne serait associé à un risque plus élevé pour la mère de complications graves – principalement hémorragiques – que l’accouchement par voie vaginale, surtout chez les femmes de 35 ans et plus. C’est ce que montrent les travaux d’une équipe de chercheurs de l’Inserm, de l’Université Paris Descartes, de l’Université Paris Diderot et de l’Université Paris 13.

Bien que les complications maternelles graves soient globalement rares (1.5% des accouchements), l’étude a révélé que la probabilité qu’elles surviennent était presque doublée (x1,8) pour les femmes ayant accouché par césarienne. 

 Ces nouveaux résultats publiés dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), dissocient clairement ces risques liés à l’acte chirurgical de ceux liés à la pathologie ou au contexte clinique ayant mené à la nécessité de la césarienne.

Les taux d’accouchement par césarienne ont fortement augmenté au cours des 20 dernières années dans le monde. Selon les récents résultats du rapport Euro-Peristat sur la santé périnatale en France et en Europe en 2015, la France est un des pays européens pratiquant le moins la césarienne avec néanmoins une naissance pour cinq concernée.

Plusieurs études se sont déjà intéressées aux risques de l’accouchement par césarienne. Cependant, si celles-ci ont le plus souvent conclu à une association apparente entre l’accouchement par césarienne et les complications maternelles graves (hémorragies massives, infections, embolies pulmonaires…), elles ne permettent pas bien d’isoler les complications résultant de la pathologie ou du contexte clinique ayant mené à l’accouchement par césarienne de celles résultant de la procédure chirurgicale.

Pour comprendre si la césarienne en elle-même est associée à des complications maternelles graves, les chercheurs français de l’équipe EPOPE, au sein du Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité – CRESS (Inserm/INRA/Université Paris Descartes/Université Paris Diderot/Université Paris 13), ont étudié une sous-population d’une étude plus vaste (l’étude EPIMOMS).

Dans 6 régions françaises, les chercheurs ont ainsi comparé 1444 femmes qui ont connu des complications graves après l’accouchement – d’importantes hémorragies pour la majorité – avec 3464 femmes témoins qui n’ont pas eu de telles complications. Les outils utilisés pour l’analyse ont permis de prendre en compte le niveau de risque des femmes et notamment leur état de santé préexistant à l’accouchement, de façon à isoler au mieux les risques seulement liés à la procédure de césarienne.

L’équipe de recherche a constaté un risque accru de complications graves après l’accouchement chez les femmes qui ont accouché par césarienne, que la chirurgie ait été pratiquée avant ou pendant le travail. Ces résultats sont particulièrement significatifs chez les femmes âgées de 35 ans et plus.

En effet, bien que les complications maternelles graves soient globalement rares (1.5% des accouchements), l’étude a révélé que la probabilité qu’elles surviennent était presque doublée (x1,8) pour les femmes ayant accouché par césarienne par rapport aux femmes ayant accouché par voie vaginale, et triplée pour les femmes âgées de 35 ans et plus. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que cette potentialisation du sur-risque hémorragique par l’âge serait liée à la diminution avec l’âge maternel avancé, de la capacité de l’utérus à se contracter après la naissance pour stopper le saignement physiologique.

Selon Catherine Deneux-Tharaux, directrice de recherche à l’Inserm et responsable de l’étude, « ces résultats ont des implications pour la pratique clinique et seront utiles pour décider du type d’accouchement ; les femmes et les médecins doivent être informés de ce risque accru pour déterminer la meilleure façon d’accoucher, surtout pour les mères plus âgées. »

En savoir plus > https://doi.org/10.1503/cmaj.181067

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