Les équipes du service de Chirurgie et Cancérologie gynécologique, Médecine de la reproduction dirigé par le professeur Charles Chapron (PU-PH, Université de Paris) et du service de chirurgie digestive hépato-billiaire endocrinienne à l’hôpital Cochin AP-HP, d’Université de Paris et de l’Inserm ont mené une étude prospective de cohorte montrant que les chances de naissance après FIV sont élevées chez les patientes atteintes d’endométriose profonde avec atteinte digestive, sans chirurgie de l’endométriose préalable, avec un risque faible de complications. 

Près de 40% des femmes atteintes d’endométriose et en âge de procréer sont confrontées à une infertilité. L’endométriose est une des indications de prise en charge en assistance médicale à la procréation (AMP) des couples infertiles. Les résultats de la prise en charge en AMP par FIV en termes de taux de grossesses et de naissances ne semblent pas être affectés par l’existence d’une endométriose ou par son stade.

L’infertilité associée à une endométriose profonde avec atteinte digestive demeure un défi thérapeutique pour les cliniciens. Deux stratégies de traitements existent : le recours à la FIV en première intention ou précédé d’une chirurgie lourde, associée à des taux non négligeables de complications. Très peu de données sont actuellement disponibles concernant les chances de naissance pour les patientes recourant à la FIV en première intention.

Cette cohorte prospective a inclus 101 patientes atteintes d’endométriose digestive, ayant eu recours à la FIV en première intention entre janvier 2016 et décembre 2018, sans recours à une chirurgie préalable. Le diagnostic d’endométriose était posé sur la base de critères d’imagerie, utilisant l’échographie endo-vaginale et l’IRM pelvienne réalisées par un radiologue référent dans l’imagerie de cette pathologie. Le critère principal de jugement était le taux cumulé de naissances.

Les 101 patientes ont réalisé 176 cycles de FIV. 64% de ces patientes ont eu un enfant par FIV. Aucune complication digestive de l’endométriose n’est survenue pendant la FIV ou la grossesse. La proportion de complications obstétricales ou périnatales était faible. Le seul facteur réduisant les chances de naissances par FIV était une faible réserve ovarienne en follicules.

Référence

Infertility in women with bowel endometriosis: first-line assisted reproductive technology results in satisfactory cumulative live-birth rates. Chloé Maignien, M.D., Pietro Santulli, M.D., Ph.D., Louis Marcellin, M.D., Ph.D., Diane Korb, M.D., Corinne Bordonne, M.D., Bertrand Dousset, M.D., Mathilde Bourdon, M.D., Charles Chapron, M.D.

DOI : https://doi.org/10.1016/j.fertnstert.2020.09.032

 
Travaux coordonnés par
  • Charles Chapron, PU-PH,Université de Paris – Hôpital Cochin – AP-HP. Chef du service de chirurgie et cancérologie gynécologique, médecine de la reproduction
  • Pietro Santulli, PU-PH, Université de Paris – Hôpital Cochin – AP-HP, service de chirurgie et cancérologie gynécologique, médecine de la reproduction
  • Chloé Maignien, Dr, Hôpital Cochin – AP-HP, service de chirurgie et cancérologie gynécologique, médecine de la reproduction

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