Le mercredi 27 mai 2026, un Memorandum of Understanding (MoU) a été signé à l’Ambassade du Royaume-Uni à l’occasion du comité franco-britannique pour la Science, la Technologie et l’Innovation (COMIX), associant l’Université Paris Cité avec l’Université d’Oxford, l’Institut Pasteur ainsi que les synchrotrons SOLEIL et Diamond Light Source pour une alliance internationale inédite visant à révolutionner la recherche médicale, de la bio-imagerie à la santé des femmes.

Signature du protocole d’accord le 27 mai 2026, à l’ambassade du Royaume-Uni à Paris. De gauche à droite : Martin Walsh (Diamond Light Source), Richard Cornall (University of Oxford), Matthieu Resche-Rigon (Université Paris Cité), Odette Tomescu-Hatto (Institut Pasteur) et Jean Susini (Synchrotron SOLEIL).

© British Department for Science, Innovation and Technology DSIT

Un accord multipartenarial historique, au croisement des expertises, des infrastructures et des données

C’est dans le cadre solennel du comité mixte franco-britannique (COMIX UK) que ce MoU a officiellement pris effet, engageant les institutions pour une durée de cinq ans (2026-2031). L’événement, qui s’est tenu à l’Ambassade du Royaume-Uni à Paris, marque une nouvelle étape dans les relations scientifiques transmanches. Il s’inscrit dans la lignée de la déclaration conjointe sur la coopération en science, innovation et technologie signée entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) pour la France, et le Département Science, Innovation et Technologie (DSIT) pour le Royaume-Uni.

Cet accord d’envergure, nommé UK-France Strategic Interdisciplinary Alliance in Health and AI (Health Alliance) associe l’Université Paris Cité et sa Faculté de Santé, leader français, et l’Université d’Oxford, leader britannique, avec l’Institut Pasteur ainsi que deux infrastructures de recherche majeures : les synchrotrons français SOLEIL et britannique Diamond Light Source. En réunissant ces forces institutionnelles, scientifiques et technologiques, les signataires portent un objectif commun : décrypter les menaces sanitaires les plus complexes pour accélérer le développement préclinique de thérapies innovantes. Cette ambition se déploie à travers trois programmes scientifiques majeurs, dédiés respectivement à la santé des femmes, à la préparation aux pandémies et à la lutte contre les menaces pathogènes.

« Il s’agit d’un partenariat historique entre la France et le Royaume-Uni post-Brexit : il marque le début d’une alliance véritablement interdisciplinaire, réunissant des scientifiques, des cliniciennes et cliniciens, des expertes et experts en santé publique, des spécialistes des sciences sociales, des innovateurs et des décideuses et décideurs politiques pour relever certains des plus grands défis de santé de notre époque. Ce partenariat part du principe que les avancées majeures se produisent lorsque les pays et les disciplines unissent leurs forces — connectant la recherche biomédicale à la science des données, aux perspectives sociales, à la pratique clinique et aux politiques de santé mondiales. Ensemble, nous nous engageons à faire progresser la science, à construire un avenir plus juste et plus sain pour les femmes, et à renforcer notre résilience face aux menaces sanitaires émergentes. », Matthieu Resche-Rigon, doyen de la Faculté de Santé de l’Université Paris Cité

Traitement et prévention des grandes menaces sanitaires

Ce partenariat d’excellence réunit des biologistes, des physiciennes et physiciens, des ingénieures et ingénieurs et des développeuses et développeurs de premier plan (UPCité, Oxford, SOLEIL, Diamond, Institut Pasteur) pour révolutionner l’imagerie biologique. En combinant leurs expertises et l’accès aux infrastructures nationales SOLEIL et Diamond, les équipes développeront de nouveaux outils de pointe, allant de la cryotomographie à la microscopie de super-résolution, propulsés par l’intelligence artificielle. L’objectif est d’étudier le cycle de vie des agents pathogènes à toutes les échelles, de la molécule unique au tissu cellulaire, positionnant ainsi la France et le Royaume-Uni à la pointe de la recherche médicale mondiale.

Santé des femmes : une synergie scientifique et humaine

Le cœur de ce MoU bat également pour une cause médicale majeure et trop longtemps sous-estimée : la santé des femmes. Les scientifiques de l’Université Paris Cité, de l’Université d’Oxford et de l’Institut Pasteur unissent leurs compétences pour lancer un programme stratégique dédié à la morbidité maternelle et à l’endométriose. Ce projet fait directement écho à la Stratégie nationale française 2022 sur l’endométriose et à la Stratégie renouvelée 2026 pour la santé des femmes en Angleterre.

Ce programme se distingue par une forte synergie humaine et interdisciplinaire. Il interconnecte les équipes du Nuffield Department of Women’s and Reproductive Health d’Oxford et de l’Institut Interdisciplinaire Santé des Femmes (iWISH) d’UPCité. Au-delà de la recherche biomédicale (mégadonnées, profilage moléculaire), l’alliance intègre pleinement les sciences humaines. Les chercheuses et chercheurs analyseront les comportements face aux soins et les mécanismes qui contribuent aux inégalités en santé, garantissant ainsi des innovations médicales plus justes et inclusives pour les patientes françaises et britanniques.

Développement d’une plateforme mondiale de données sur les maladies infectieuses

La France et le Royaume-Uni s’associent pour créer une ressource internationale de données partagées, s’appuyant notamment sur l’Observatoire des données sur les maladies infectieuses (IDDO) dirigé par l’Université d’Oxford. Ce projet vise à concevoir des structures robustes de gouvernance, de stockage et d’analyse des données dans les pays à faibles et moyens revenus en Afrique et en Asie du Sud-Est. En intégrant des données multidimensionnelles (cliniques, imagerie, génétique, etc.) et en développant des outils d’intelligence artificielle, cette collaboration permettra d’accélérer la détection des agents pathogènes, de concevoir de nouveaux traitements et de lutter plus efficacement contre les menaces prioritaires telles que les virus émergents, le paludisme ou la résistance aux antimicrobiens.

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