La Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, a annoncé ce mardi 6 octobre le palmarès du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France 2026. Cette édition met à l’honneur 8 doctorantes et post-doctorantes de l’Université Paris Cité, dont les recherches répondent aux grands défis scientifiques de demain et qui s’engagent à transmettre leur passion aux futures générations de chercheuses.

En haut : de gauche à droite : Camille Moisset, Fannie Dupuy, Kirsty Feijen et Lea Feldmann.
En bas : de gauche à droite : Léa Lenglart, Marie-Anne Carpine, Irene Urso et Chloé Fruy.

© Fondation L’Oréal

Chaque année, le Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO Pour Les Femmes et la Science est l’occasion de rappeler la richesse et la diversité des contributions scientifiques apportées par les femmes en France. En 2026, ce sont 35 lauréates, doctorantes et post-doctorantes, qui incarnent le visage d’une science innovante, audacieuse et engagée.

Issues de toutes les régions de France hexagonale et d’outre-mer et représentant des disciplines variées, les jeunes scientifiques ont été sélectionnées parmi près de 820 candidates par un jury de plus de 50 membres de l’Académie des sciences, représentant l’excellence en matière d’évaluation scientifique. Biologie, physique, chimie, mathématiques, informatique, ingénierie, sciences de la Terre et de l’Univers : les lauréates démontrent une expertise remarquable dans leurs domaines et mettent leurs recherches au service d’un avenir plus juste et durable. Elles rejoindront ainsi une communauté de plus de 5 000 femmes scientifiques originaires de plus de 140 pays, un réseau qui favorise la collaboration, l’inspiration et le soutien face aux obstacles rencontrés au cours de leur carrière. Parmi elles, 8 jeunes chercheuses réalisent leur thèse ou mènent leurs travaux de recherche à l’Université Paris Cité.

L’Université Paris Cité félicite chaleureusement ses 8 lauréates.

Camille Moisset, doctorante au sein du Laboratoire Astrophysique, instrumentation, modélisation (AIM – CEA/CNRS/Université Paris Cité) – Décrypter les mécanismes internes des étoiles pour prédire leur évolution

Passionnée depuis l’adolescence par les sciences, elle étudie les mouvements internes des étoiles afin de mieux comprendre leur évolution, de leur naissance à leur mort. Ses travaux contribuent notamment à améliorer les modèles stellaires, à mieux caractériser les exoplanètes et à préparer les futures missions spatiales. Elle poursuivra ses recherches en post-doctorat en Autriche. Dans son parcours, elle souligne l’importance de dépasser les stéréotypes qui peuvent fragiliser la confiance en soi des jeunes femmes et rappelle que leur place dans les sciences est aussi le fruit du combat mené par les pionnières qui les ont précédées.

« Être une femme dans la science, c’est aussi assumer une place dans un milieu qui ne leur est pas toujours ouvert. »

Fannie Dupuy, doctorante au sein de l’Unité de pathogénèse des infections vasculaires (Inserm/Institut Pasteur) – Comprendre comment le méningocoque envahit les vaisseaux sanguins

Originaire de Rainvillers, dans l’Oise, Fannie Dupuy suit un double cursus médecine-sciences qui l’a menée d’Amiens à l’École normale supérieure, avec un passage par Stanford. Elle met aujourd’hui ses études de médecine entre parenthèses pour préparer une thèse au sein de l’unité de Pathogénèse des infections vasculaires. Ses recherches portent sur la septicémie à méningocoque, une infection foudroyante : elle développe de nouveaux outils pour comprendre les mécanismes par lesquels la bactérie déclenche la maladie et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Engagée dans la transmission et le mentorat, elle défend également la place des femmes dans la science, convaincue que l’excellence scientifique et l’égalité ne doivent pas être dissociées.

« Foncez, osez, tentez. Nous sommes souvent notre propre frein. »

Kirsty Feijen, post-doctorante au sein du Laboratoire AstroParticule et Cosmologie (APC – Université Paris Cité/CNRS) – Explorer les particules énergétiques dans les vestiges stellaires

Originaire de Bridgewater, en Australie-Méridionale, Kirsty Feijen a grandi sous un ciel nocturne particulièrement clair qui a nourri sa fascination pour l’astronomie. Après un doctorat d’astrophysique en Australie, elle s’installe en France pour poursuivre son rêve de devenir astrophysicienne. Post-doctorante au laboratoire Astroparticule et Cosmologie (APC), elle étudie les environnements extrêmes issus de la mort violente des étoiles grâce aux rayons gamma et développe des logiciels ouverts pour faciliter le travail des astronomes. Dans un domaine encore très masculin, elle s’engage pour une recherche plus inclusive et témoigne de l’importance de dépasser les doutes et le sentiment de devoir davantage prouver sa valeur.

« Au lycée, quand il a fallu penser à un métier, mon père m’a encouragée à voir plus grand. Nous avons cherché sur Internet un métier mêlant l’espace, les mathématiques et la physique : le premier résultat était « astrophysicienne ». Ce jour-là, j’ai su que c’était ce que je voulais faire. »

Lea Feldmann, doctorante au sein du Laboratoire Dynamique des réponses immunes (Institut Pasteur/Inserm) – Observer en direct comment nos cellules immunitaires attaquent le cancer

Née à Paris et élevée à Berlin dans un environnement franco-allemand, Lea Feldmann vient étudier la médecine à Paris avant de se tourner vers la recherche. Aujourd’hui doctorante, elle étudie une nouvelle immunothérapie contre le cancer fondée sur les macrophages, en utilisant l’imagerie en temps réel pour mieux comprendre leur action sur les cellules tumorales. Elle souhaite devenir médecin-chercheuse. Si elle n’a pas rencontré de difficulté majeure dans son parcours en tant que femme, elle souligne certains biais subtils, notamment une moindre aisance à prendre la parole, et s’interroge sur les défis à venir pour concilier recherche, médecine et vie de famille.

« Depuis petite, je suis fascinée par le corps humain, et par les cellules immunitaires, si dynamiques. Intéressée par la recherche biomédicale, c’est un stage d’aide-soignante en seconde qui m’oriente vers la médecine. Combiner science et médecine m’est apparu comme une évidence. »

Léa Lenglart, doctorante au sein du Laboratoire IAME Infection, Antimicrobiens, Modélisation, Evolution (Inserm/Université Paris Cité/Sorbonne Paris Nord) – Comparer les stratégies européennes pour prévenir la bronchiolite du nourrisson

Léa Lenglart a grandi à Paris, près de l’hôpital Robert-Debré où elle exerce aujourd’hui comme médecin urgentiste-pédiatre. Devenue médecin, elle se tourne vers la recherche et prépare une thèse d’épidémiologie sur la bronchiolite, afin d’identifier les stratégies de prévention les plus efficaces en Europe et de mieux protéger les nourrissons. Une partie de ses travaux est menée à l’Imperial College de Londres. Elle souligne que son parcours de femme n’a pas été marqué par des difficultés particulières, mais par une méconnaissance des réalités liées à la grossesse et à la maternité dans un milieu compétitif, qu’elle souhaite contribuer à faire évoluer.

« Le travail d’urgentiste-pédiatre est une course de vitesse : il faut décider vite, souvent avec des informations incomplètes. La recherche, elle, est un marathon, où comptent la précision et le temps long. Pouvoir fonctionner sur ces deux rythmes est précieux pour moi. »

Marie-Anne Carpine, doctorante au sein du Laboratoire Astrophysique, instrumentation, modélisation (AIM – CEA/CNRS/Université Paris Cité) – Comprendre les propriétés physiques de la poussière d’étoiles qui donne naissance aux planètes

Originaire de Valbonne, dans les Alpes-Maritimes, elle découvre sa passion pour la physique en classe préparatoire à Nice. Diplômée de l’École polytechnique, elle choisit la recherche plutôt qu’une carrière d’ingénieure et prépare aujourd’hui une thèse en astrophysique au laboratoire AIM. Ses travaux portent sur la poussière interstellaire et son rôle dans la formation des planètes, en s’appuyant notamment sur les observations de télescopes pointus, comme le James Webb. Convaincue de l’importance de transmettre les sciences, elle souhaite aussi incarner un modèle pour les jeunes filles. Son parcours de femme dans un milieu académique encore très masculin l’amène à questionner sa légitimité, mais aussi à faire de la vulgarisation scientifique un engagement essentiel.

« Vulgariser les sciences, c’est important ; le faire en tant que femme, ça l’est encore plus. »

Irene Urso, doctorante au sein du Laboratoire d’Instrumentation et de Recherche en Astrophysique (LIRA – CNRS/Observatoire de Paris-PSL/Sorbonne Université/Université Paris Cité) – Décrypter la déviation de la lumière par les trous noirs

Originaire de Prato en Toscane, elle suit d’abord un parcours littéraire avant de se tourner vers les sciences et de poursuivre ses études en France, en mathématiques puis en astrophysique. Doctorante à l’Observatoire de Paris, elle étudie la façon dont la lumière est déformée par la gravité des trous noirs. Passionnée d’art, de théâtre et de littérature, elle défend une vision décloisonnée entre sciences et humanités. En tant que femme dans un domaine encore masculin, elle a connu des doutes sur sa légitimité et souhaite aujourd’hui encourager les jeunes filles à se tourner vers les sciences.

« La science avance en acceptant de remettre nos certitudes en question. »

Chloé Fruy, doctorante au sein du Laboratoire de Physique de l’Ecole Normale Supérieur (LPENS – ENS-PSL/CNRS/Sorbonne Université/Université Paris Cité) –  Rechercher la matière noire à l’aide de détecteurs quantiques

Originaire du Nord, elle suit une classe préparatoire à Lille avant de se spécialiser en physique quantique à Chimie ParisTech puis à l’ESPCI Paris. Après plusieurs expériences de recherche en France et à l’étranger, elle prépare aujourd’hui une thèse sur des détecteurs quantiques capables de rechercher la matière noire. Elle aime résoudre des problèmes, construire des expériences et travailler en équipe. Son parcours de femme dans les sciences l’a confrontée à des stéréotypes sur l’orientation, qui l’ont poussée à s’engager pour une meilleure représentation des femmes en science.

« Reconnaître que les biais existent encore est nécessaire pour faire évoluer les mentalités. »

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